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Texte Libre

Gilles Deleuze

"Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase: on va discuter un peu."
(Qu'est-ce que la philosophie ?")
Dimanche 15 novembre 2009






« Nous ignorons tous de quoi nous vivons, alors comment pourrions-nous rater quelque chose et avoir des regrets »

 

La divine Suissesse nous a quittés voici soixante-sept ans.

Elle est partie au détour d’un chemin de montagne. On l’a retrouvée étendue près de sa bicyclette; trois mois d’agonie et elle expirait ce monde qui l’avait tant heurtée.
Famille riche, jeunesse comblée de tout et d’abord d’ennui. Amitiés particulières, drogues, talents, voyages au bout de ces mondes qu’elle illuminait de sa beauté androgyne.

Osmose avec les enfants de Thomas Mann, conflits avec les siens, son pays, ses traditons, et sa manière si prude, si conforme d’être pour ne l’être pas.

Amérique, Afghanistan, Proche-Orient, Congo, terres d’exils, de rencontres, de nuits opiacées et de matins clairs et doux comme les cheveux des femmes qu’elle aimait

Sienne cette parole, d’un frère, un autre génie : Nietzche.

« L’homme noble, sache-le, est une pierre d’achoppement sur la route de tous les autres ».

Elle disait que la liberté n’est que dans la mesure où nous pouvons en faire usage, qu’après il fallait s’en aller, sans un regard en arrière. L’éternité est toujours devant soi, les regrets ne sont que des miasmes qui s’en vont emportés par un vent anonyme et froid.

 

   

 

 


 

Où sont les délires des dieux

adulants

et ta précieuse

et suspecte beauté ?

enivrant de vaporeuses naïades…

Les  hashichs expirent

leurs fumées

en spirales…

légères …

dansantes…

et enveloppent les mortels

de leur exsangue

chorégraphie…

viens, Annemarie, viens…

 
 

 


 

 


Par Candide
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Dimanche 4 octobre 2009




Sarkozy est malade. La pathologie a un nom: « complexe d'Obama ». C'est ce que mes confrères (excusez du peu) de « Newsweek » nous révèlent. Mais je vous rassure, amis lecteurs, la maladie, incurable, n'est pas mortelle. Elle se caractérise par une irritabilité chronique, un tonus psychologique cyclothimique et une hyperkinésie à caractère maniaco dépressif.
Le magazine compare Obama à l'acteur Denzel Washington « tout en dignité et réserve » et son homologue français à Joe Desci « tout en tics et frime ». Si le premier snobe le second, cela peut faire des dégâts chez le dernier et aboutir au divorce.
Si c'est le cas, je crois qu'Obama s'en fout.
Quelle semaine que celle qui a vu le bal des hypocrites et des sophistes.
A commencer par l'affaire Polànski où des sommets ont été atteints pour défendre par tous les moyens, y compris les plus ignobles, les turpitudes passées d'un cinéaste dont le talent serait, à les en croire, au-dessus des lois et de la morale. Je l'ai suffisamment commenté pour ne pas m'y attarder outre mesure. Le spectacle était révélateur de l'état de déliquescence intellectuelle qui caractérise nos élites donneuses de leçons au monde entier.

Et l'affaire iranienne qui a vu notre Président rouler des mécaniques comme d'habitude et menacer ce pays sur un ton comminatoire pour finalement accepter que la France enrichisse elle-même l'uranium iranien.

Incroyable, non ? Ce qui lundi dernier était inacceptable, le devient jeudi, dès lors que notre pays peut se mettre au service de l'Iran et lui vendre l'enrichissement tant décrié. Ce sera tout profit pour la France et puis, on vient de l'apprendre, l'Iran est actionnaire du site atomique de Tricastin à concurrence de dix pour cent. Faut donc croire que cet enrichissement n'était dangereux pour la planète que dans la mesure où les Iraniens seuls y procédaient... Si vous comprenez quelque chose à cette démonstration envoyez-moi un dessin. Merci !
Autre hypocrisie: l'indignation de ce M. Hortefeux, ministre de l'Intérieur qui pique une colère sur les juges d'application des peines coupables, selon lui, d'avoir relâché un dangereux récidiviste qui a enlevé et assassiné cette malheureuse femme, Marie-Christine Hodeau. Les magistrats ont répliqué aussi sec. La loi a été respectée, le problème, le drame même, c'est que si la loi existe, les moyens de son application sont absents faute d'hommes et de moyens. C'est très facile, ajoutent-ils, de voter des lois, mais dès lors qu'il s'agit de la mettre en oeuvre l'argent manque et, c'est connu, les politiques hésitent à ponctionner le contribuable pour soigner comme il le convient, des criminels dont le risque de récidive est patent. Et il faut ce fait-divers ignoble pour que l'on parle, aujourd'hui, de castration chimique obligatoire et de suivi après la libération. Le débat fait rage et puis tout se calmera. Ainsi va la vie, sauf celle de feu Madame Hodeau.

Le sommet de toutes ces mises en scène, c'est l'Irlande ! Votez, bon peuple souverain, mais votez bien, sans quoi...
Comment peut-on encore se targuer de donner des leçons à ces supposés autocrates qui nous entourent dans des conditions pareilles ?

L'Irlande a voté oui a 67%... Et on va me faire croire qu'il n'y a pas de triche dans ce scrutin ? Allons donc ! Il fallait que l'Irlande vote oui. Par tous les moyens. Sans quoi leur petit joujou bruxellois se gripperait (c'est le cas de le dire...) et les enfants gâtés, c'est connu, n'aiment pas qu'on leur résiste. Et puis quoi ? il n'y a pas que les Afghans ou Iraniens pour bidouiller les urnes, non ?
Encore un effort, mes Excellences, et vous aurez des scores à votre image. Staliniens !
L'Europe ? Un stalinisme mou !

L'Irlande retournera un peu penaude dans le giron des bien-pensants, M. Blair aura un couronnement de carrière à sa mesure et l'Europe mercantile vaquera à ses affaires satisfaite, égoïste et repue à l'image de ce qu'elle est. Pas grand chose dans le fond.
L'empire romain décadent est mort sous le poids de ses lois inapplicables et de ses institutions obsolètes, à mille lieues d'un peuple qu'il ignorait superbement et qui,un jour, s'est réveillé.
Bonne nouvelle par contre sur le front des drogues dures. La religion n'en étant plus une depuis que le sport l'a détrônée, c'est Rio de Janeiro qui sera, en 2016, le shoot à la mode.

On s'en fout !


 

Par Candide
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Mercredi 30 septembre 2009


Deux ministres atterrés, un Président « très attentif », une presse choquée, cela fait du beau monde pour Roman Liebling, alias Polànski, mais sera-ce assez pour lui éviter une fin glauque et sans gloire dans une prison californienne ?

Les fais sont têtus et valent plus qu'un Lord Maire dit-on, surtout s'ils ont été perpétrés dans une Amérique à l'âme puritaine et qui n'aime pas les turpitudes au grand jour.

Hollywood, une séance de photo dans la belle villa de Jack Nicholson, une fille jeune, très jeune, que sa maman a chaperonnée jusqu'à la porte d'entrée. Des poses, de l'alcool, autre chose sans doute et puis un coït qui n'en finit pas de faire couler de l'encre.

Dans les mêmes circonstances, ils ont tous la même réponse: je ne savais pas qu'elle était mineure. L'excuse, même éculée, reste bien la seule.
Trente ans après les faits, il est difficile de juger un homme, surtout s'il ne représente plus un danger pour la société. Cet acharnement judiciaire ressemble plus à de la vengeance qu'à de la justice. Je l'ai pensé pour le procès Papon, je le pense pour celui, le deuxième, de Djemandjuk. En droit, vient un moment où il faut que le justicier s'efface sans quoi c'est le vengeur qui survient.

Le scandale dans cette affaire c'est que M. Polànski en 1978 ait pu calmement fuir les Etats-Unis et le procès qui l'attendait pour se réfugier en France où rien ne fut entrepris contre lui.

Les charges étaient pourtant lourdes: viol sur mineure. Ce n''est pas rien, et si M. Polànski n'était resté qu'un obscur M. Liebling, inconnu au bataillon des si selects réalisateurs à la mode, il aurait subi les foudres de la justice française.
Mais Marc Dutroux n'était qu'un adolescent tourmenté dans sa banlieue de Charleroi et les années 70 vivaient une débauche sexuelle que la pilule et l'avortement à la carte ne décourageaient pas. Pas du tout même !

Alors les Français ont fermé les yeux; un grand artiste qui revient dans une odeur de souffre et de scandale, quoi de plus normal chez le réalisateur de « Rosemary's baby » ? Laissons les pruderies victoriennes aux anglo-saxons, sachons nous montrer large d'esprit ont-ils dû se dire.

Las, il y a des justiciers têtus même dans la banlieue d'Hollywood. Têtus comme des pitt-bulls qui, comme chacun le sait, ne vont pas au cinéma.

Il y aurait une échappatoire à cette histoire; celle qui verrait Polànski accepter d'être jugé et reconnu, éventuellement, coupable. Et puis de s'en aller libre une fois le procès clos.

Mais ce n'est pas prévu dans le droit fédéral et dans le nôtre non plus. Trop grec sans doute...
Les années passent les faits restent.

Shakespeare en aurait fait une tragédie.
Il est mort !

Par Candide
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Dimanche 20 septembre 2009



L’autre jour, dans un prison de l’Etat de l’Ohio aux Etats-Unis, un homme, condamné à mort, est amené sur le lieu du supplice. Il doit succomber à une injection létale. Cela se passe en petit comité, les journalistes sont là avec les officiels et les membres de la famille de la victime du condamné. Les médecins tentent de le perfuser, ils ne trouvent pas de veine qui le permette, essaient encore durant deux heures et puis renvoient tout ce beau monde à mardi prochain, deuxième essai. Jamais deux sans trois…
Dans presque toutes les civilisations, il y a une règle non-écrite qui veut que dans le cas précis où des évènements imprévus empêchent une exécution capitale, on y voit un
« signe de Dieu » et qu’au condamné soit épargnée la peine suprême. C’est peut-être de la superstition, mais c’est ainsi.

Dans l’Ohio, rien de pareil. Le directeur de la prison a tenu une conférence de presse dans laquelle il a déclaré sur un ton sans appel que tout s’était déroulé conformément à la procédure ad hoc, sauf un détail : pas de veine (dans le sens littéral du terme) !.

Je regardais ce monsieur cravatté et rigide face aux caméras. Cet homme est un convaincu. Vous me direz que dans convaincu il y a « con », cela ne changera rien à sa détermination, l’administration est faite pour administrer les ordres donnés d’en haut et peu importent les signes « d’en Haut ».

Jim Harrison est ce remarquable écrivain américain qui, dans son dernier roman « The english major » (Une Odyssée américaine-traduction  Brice Matthieussent. Flammarion ed.), a cette phrase : « nous avons toujours été une armée d’occupation ». Son héros, un sexagénaire largué par sa femme (comme c’est odieux !) la prononce à la vue de ces réserves d’Indiens tristes qui se délitèrent lentement mais sûrement sous la houlette des « visages pâles ».

Les Etats-Unis sont une armée d’occupation « chez eux » comme en Irak et Afghanistan .

Dans les deux cas, la même assurance dogmatique, le même mépris de ce qui n’est pas dans « l’ordre des choses », la même cruauté sous le fard d’une justice vengeresse.
L’ordre des choses voulait que des hommes venus d’ailleurs apportent une civilisation à d’autres qui étaient chez eux et n’en voulaient pas. Injection létale pour tous avec effets à long terme. L’ordre des choses voulait qu’un homme ait une veine disponible pour recueillir le poison fatal, les médecins la trouveront. Ils ont des diplômes pour ça. Et en plus on les paie !

Cette assurance arrogante a une origine : la conviction religieuse ancrée dans un inconscient collectif qu’il y a les bons d’une part et les mauvais de l’autre. Que tout, dès le départ est soit blanc, soit noir. Que le blanc est pur et le noir impur. Que jamais les deux ne se mélangent.

Elle vient, cette conviction, d’une interprétation  des doctrines de Luther et Calvin, celles où transparaît l’idée de « prédestination ». Peu importent les œuvres – écrivent ces deux théologiens – c’est la foi qui sauve. Et la foi seulement. Et la foi est une assurance, ce genre d’assurance qui est la marque des directeurs de prisons.
Poussée dans ces derniers retranchements, cette idée que dès le départ tout est joué conduit à la stratification de la pensée et à l’éradication des sentiments. Les sentiments, laissons-les aux catholiques et aux poètes, disent-ils.
On la retouve, adaptée, dans tous les totalitarismes, qu’ils soient politiques. soviétiques ou nazis, mais aussi dans les fondamentalismes religieux ; évangéliques ou wahabites.

Et mardi prochain, si Dieu le veut, ce condamné se retrouvera devant des bourreaux habillés de blancs et docteurs en médecine qui finiront bien par lui trouver une veine.

Quant à Cliff, le héros largué de Jim Harrison, il finira par comprendre pourquoi les Indiens dépérissent, les femmes se lassent d’hommes exceptionnels et l’Amérique agonise sans fin au bout de ses certitudes figées et stériles.

Ce n’est qu’une histoire pathétique, comme la fin de l’Empire d’Occident. 

Par Candide
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Vendredi 4 septembre 2009
"Non possumus" (GODF, Lyon 2009)



Ce matin, le Convent du Grand Orient de France, réuni à Lyon, a décidé, par un majorité significative, de ne pas recevoir en son sein des femmes, de ne pas permettre l’affiliation dans ses Loges de Sœurs d’autres Obédiences, et il a rappelé son caractère masculin.

Voilà qui est clair.

Et assez consternant.

Consternant car l’article 1 de la Constitution du Grand Orient de France fait de celui-ci une institution philanthropique, philosophique et progressive qui a pour objet la recherche de la vérité ( ni plus ni moins), qui travaille à l’amélioration matérielle et morale et au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité.

Il faut croire que cet universalisme a une limite, celle du sexe.

Il y a d’autres Obédiences maçonniques, parfaitement respectables, qui ont une autre définition et qui s’y tiennent, je pense à  la Grande Loge de France.

L’arrivée de femmes dans les loges du Grand Orient aurait eu un effet d’émulation, comme c’est souvent le cas quand un sang nouveau dynamise un vieil organisme. Elles auraient apporté à cette « recherche de la vérité » leur touche personnelle, leur sensibilité propre.

Cet apport aurait chamboulé une Obédience qui, il faut bien l’écrire, s’endort depuis des années sur ses lauriers passés.

Car la question qui se pose aujourd’hui, bien plus que l’admission des femmes dans la plus vieille Obédience du monde, est de savoir à quoi sert encore la franc-maçonnerie.

Les valeurs défendues jadis dans le secret des Loges sont de nos jours inscrites dans le marbre des Constitutions modernes, les grands débats se font à la télévision, dans les journaux et, de plus en plus, sur l’internet.  Alors, à quoi bon  rechercher dans le secret de nos ateliers une vérité qui se discute publiquement ?

Restent les rituels. Beaucoup de maçons considèrent que les rituels sont d’essence essentiellement masculine et ils ont raison. Mais quand ils ajoutent que ces derniers ne s’adressent donc pas aux femmes, ce n’est pas à eux, mais aux femmes de répondre. A voir le nombre de femmes qui pratiquent ces rituels, dans d’autres Obédiences, je n’ai pas l’impression qu’ils aient perturbé bien des jupons.

Et si le Grand Orient de France est le gardien de pratiquement tous les rituels maçonniques, il n’en reste pas moins qu’il n’est pas que ça, qu’il recherche la vérité et qu’il estime toujours, en 2009, que cette recherche, il peut parfaitement la faire avec la moitié de l’Humanité.

Tout cela m’amène à conclure que décidément,  la franc-maçonnerie n’existe pas, qu’il n’y a que des francs-maçons et qu’à tout prendre, les Obédiences ne sont plus aujourd’hui que des appendices.

Des appendices qui permettent de se faire des relations, de nouer des amitiés, de créer des réseaux, de pratiquer et de vivre, dans une fraternité pas toujours factice, la beauté de rituels centenaires, de discuter philosophie, morale…

C’est déjà pas mal, mais au vu de cet article 1, ce n’est pas assez !

L’avenir du Grand Orient de France, dans cette perspective, c’est une anesthésie douce qui le verra muter pour devenir le pendant français des Obédiences anglo-saxonnes, des réunions de notables qui conservent l’acquis et s’en contentent.

Est-ce tout  ce qu’il nous reste à faire ?

Certainement pas dans une société qui se mondialise entre les mains de quelques intérêts privés, où des problèmes graves de justice sociale se posent, où la notion de démocratie devient de plus en plus sujette à caution, où l’information objective se réduit comme peau de chagrin.
Et, gravissime ! où la pensée unique est la doxa établie une fois pour toute !

La vocation de conserver est louable, mais ce n’est pas celle de tous les maçons ! 
Par Candide
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Mardi 28 juillet 2009
 


Cinq cent mille conards pour une centaine de dopés. Tous sur le mont Ventoux ! Et ce qui devait arriver, arriva; l'un d'eux qui se faisait griller des merguez en a profité pour faire de même avec quelques centaines d'hectares du col des Abeilles... et puis va falloir nettoyer les pentes... pire que prévu ! Ils en ont laissé des déchets ! des poubelles archi-pleines, même pas ficelées, éparses tout le long de la montée, un budget qui explose, imprévu même, disent les autorités... « faire confiance aux hommes c'est déjà se tuer un peu ! ». L'impact sur la nature n'est pas particulièrement positif soliloque un sous-préfet, carrément scandaleux grommelle un commissaire. Ils s'attendaient à quoi ?

A de braves gens, parfaitement policés et civils, ramassant leurs déjections, bouteilles et canettes vides... nettoyant après leur passage, remerciant et s'éclipsant poliment ?

Pensez donc, c'était gratuit, autant en avoir pour son argent !

Le temps qu'ils passent, oubliée la crise, la menace du chômage, l'autoritarisme du pouvoir, les lendemains qui déchantent. Il voient passer des sur-hommes ! Un surhomme, c'est un type avec un drôle de casque sur la tête, des lunettes noires, des jambes rasées, des habits fluos. Et qui grimpe assis, la bouche fermée, sans un rictus, comme une machine bien huilée et se paie, effort suprême, un petit sourire de circonstance à l'arrivée. Braves gens, vous vouliez rêver, c'est fait !

L'Etat qui vous aime quand vous lui fichez la paix, paiera.
Comme il a payé au Trocadero le concert gratuit du résident suisse lifté. Un million et quelques neuf cent mille euros. Merci Sarko !

Depuis que, par dessus son moulin, l'homme a balancé Dieu, il lui faut bien trouver autre chose. Alors pourquoi pas une machine qui tourne autour de la France ou un revenant rock'n roll ? Il faut de tout pour faire un monde, surtout quand on ne le fait pas soi-même et qu'on laisse les autres s'occuper de son destin. Un destin, c'est lourd à porter, autant s'en décharger...

Des savants se posent sérieusement la question: et si la Terre était la planète de référence pour les insectes ? Elle est assez grande pour les abriter, sur et sous la terre, dans la mer, dans les airs. Ils s'adaptent à tout, les bougres, résistent aux pires maladies, aux cataclysmes les plus effroyables, ils sont travailleurs, disciplinés, cultivent le sens communautaire, vivent et meurent sans se poser de ces questions métaphysiques qui mettent le feu au monde. Assurément, disent-ils, car ils n'osent pas vraiment l'écrire, la Terre est leur maison commune et l'homme là-dessus, n'est qu'un épiphénomène, un détour de l'évolution, une déviance pour parler vrai, un de ces accidents dont la nature a le secret et qui disparaîtra un jour ou l'autre, comme disparurent les dinosaures autrefois.

Et la vie sera bien douce, quand ils cesseront de boucher l'horizon avec leur propension à tout régenter, transformer, exploiter et, au final, polluer. Les rivières, à nouveau, seront limpides et accueillantes, les océans poissonneux, les fruits tendres et les nuits douces. L'hiver sera l'hiver et l'été, l'été. Rien de plus, rien de moins.

L'homme au final, n'aura été qu'une parenthèse, pas nécessaire et certainement pas ludique.

Les Egyptiens, dans leur sagesse, en avaient eu la prémonition:
et si Dieu était un scarabée ?

 

Par Candide
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Mardi 7 juillet 2009


Sceau du Rite Ecossais Ancien et Accepté



Depuis le dernier Convent de la Grande Loge de France, rien ne va plus entre le Grand Orient de France et l’Obédience qui se veut gardienne du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Le Grand-Maître du Grand-Orient explique ce coup de froid dans une lettre, datée du 26 juin, et envoyée à tous les Vénérables du Grand-Orient.

Elle est accompagnée d’un copie de sa lettre du 24 juin au Grand-Maître de la Grande-Loge.

Présent au Convent de la GLDF, comme il est de coutume, le Grand-Maître du G.O y va de ses félicitations assorties d’une illustration du Grand-Orient.
A sa surprise, le nouveau Grand-Maître de la G.L.D.F lui répond en souhaitant « que le G.O.D.F modifie sa specificité..  », ajoutant que le principe de laïcité est un « acquis suranné et non attaqué » de même que la liberté individuelle. Mais ce qui est (encore ) plus grave, c’est quand ce Grand-Maître définit la Franc-Maçonnerie « comme un espace entre la pratique rigoureuse du Rite Ecossait Ancien et Accepté transcendée par l’intervention verticale du Grand Architecte de l’Univers, le livre de la loi sacré,  l’équerre symbole de la rectitude et le compas symbole de la loi morale » .

Et ce n’est pas tout. Prenant la parole à son tour, le Très Puissant Souverain Commandeur du Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté remet carrément en cause l’origine historique de la franc-maçonnerie en France et la détention des patentes d’origine du R.E.A.A par le Grand-Orient de France, insistant sur la responsabilité de la Grande Loge, seule garante (à ses yeux) de la régularité du Rite Ecossais !

Le Grand-Maître du Grand-Orient ajoute que son intervention s’est déroulée dans « un énorme brouhaha » suivie de la réponse du G.M de la G.L.D.F saluée par des applaudissements du public ce qui n’est pas de coutume chez des Frères d’habitude plus discrets..

Ce qui s’est passé n’est pas si étonnant que ça. Nous connaissons tous la propension quasi névrotique de la G.L.D.F a se poser en gardienne inflexible du Rite Ecossais. Ce qui, il faut bien l’avouer, est surprenant quand on sait que les Constitutions de 1786 qui fondent cet « Ordre » sont un faux. Un faux grossier qui a été utilisé en 1802 pour berner le Grand-Orient. En droit, faux et usage de faux sont constitutifs d’une escroquerie. Il serait bon que les Frères de la G.L.D.F se le mettent en tête. Et je suis désolé de devoir le leur rappeler !

Comme ils devraient se mettre en tête que ce Rite Ecossais, dont la Franc-Maçonnerie serait l’espace et rien de plus, est le plus jeune de tous les rites maçonniques, qu’il ne peut se prévaloir d’aucune originalité, qu’il est la compilation (un « best of » si vous préférez…) des rites maçonniques en vigueur au XVIIIem siècle dont le Grand Chapitre Général du G.O.D.F avait déjà fait un tri en encadrant la pratique des « Hauts Grades » du Rite Français dès 1786 !

Et que si le Rite Ecossais s’est imposé au début du XIXem siècle, c’est tout simpement grâce à ce parfum d’exotisme qu’il exhalait, lui qui revenait des Amériques, et surtout de ses trente-trois grades qui flattent décidément mieux l’orgueil de l’homme que les sept du Rite Français.

Mais alors, pourquoi cette attaque frontale, si j’en crois le Grand-Maître du G.O ?

J’y vois une distanciation motivée par le souhait de souligner encore plus les différences qui séparent les deux Obédiences. Surtout au moment où le Grand-Orient va, sans doute, accepter de recevoir des femmes. La Grande Loge se pose déjà en détentrice d’une, voire de « la » « tradition » maçonnique, reléguant cette dernière à un musée dont elle serait le seul et unique conservateur.
Il y a des vocations que l’on peut comprendre sans les accepter.
Et puis, reste pendant, le souhait si mal dissimulé de prendre, un jour, s’il plaît au Grand Architecte, la place de la Grande Loge Nationale Française, dans le cœur de la Grand Loge Unie d’Angleterre et de se jeter ainsi, corps et âme dans les bras de la « Régularité » avec un grand R, comme « retors ».

Je pense que cette dernière motivation est la bonne et le fait que le Suprême Commandeur ait pris le dernier la parole, sur « un ton raide et bien peu fraternel » me conforte dans cette hypothèse. Si vous lisez l’histoire des Obédiences, c’est fou le nombre de shismes dont les « Hauts Grades » sont à l’origine.

La Grande Loge de France aurait donc, lors de son dernier Convent, adressé un message fort à la Grande Loge Unie d’Angleterre : nous sommes les uniques détenteurs de la régularité d’un  Rite qui, pour nous, est le seul valable dans le paysage maçonnique français.

Nous avons, en outre, la légitimité historique que, désormais, nous contestons au Grand-Orient.

Le passage du Grand-Maître sur le livre de la loi sacrée, l’équerre et le compas est significatif à cet égard.

Et de plus, la Grande loge de France est une Obédience honorable, dont les membres sont disciplinés. Elle n’a pas connu ces « affaires » qui firent une si mauvaise presse à la Grande Loge Nationale ou au Grand-Orient.
Ce n’est pas une vieille dame comme cette dernière, mais elle tient cette maturité heureuse qui attire les regards et permet toutes les espérances.

Et pourquoi pas celles de la « Régularité »? 
Par Candide
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Samedi 20 juin 2009

John Dewey est un philosophe américain qui dans un ouvrage intitulé « How we think » souligne que la pensée de l’homme de la rue, comme celle de l’homme de science, s’apparente à un processus d’expérimentation continue.
Il est de ces penseurs pour lesquels l’expérience prime le dogme et qui pensent que le pluralisme est une réalité politique éducative et morale.
Descartes, dans la « Méthode » ne dit pas autre chose :
« (je compte) rencontrer plus de vérité dans les raisonnements que chacun fait touchant les affaires qui lui importent et dont l’événement le doit punir bientôt après s’il a mal jugé, que dans ceux que fait un homme de lettres dans son cabinet touchant à des spéculations qui ne produisent aucun effet. »
Dewey n’est pas que philososphe, il s’intéresse à la psychologie expérimentale et à la pédagogie (sa réputation de pédagogue n’est pas surfaite). Défenseur de la liberté  d’opinion, homme « de gauche » dans une Amérique d’avant la guerre qui détestait cela (et le déteste toujours ), il milite pour le progrès social, indissociable de l’éducation des masses.
Il présida la la commission d’enquête destinée à innocenter Trotsky d’activités pro-staliniennes.
Il n’y a pas de vérité absolue, soutient Dewey (avec d’autres penseurs américains), la science n’a pas pour mission de nous apporter la vérité, mais de retenir un ensemble d’hypothèses acceptables qui, un jour peut-être, seront réfutées. Il en va de même en matière morale : il ne faut pas, à l’instar d’un Kant tenter de trouver des justifications universelles pour prouver la solidarité entre les hommes, la simple expérience de la paix – de la paix sociale, entre autres – est là qui nous prouve son bien-fondé.
 « La vérité vit à crédit » comme le soulignait W. James, un de ses contemporains.
En somme , ce qui est bon et vrai est ce qui est utile.
J’avoue, à première vue, m’être hérissé face à cette proposition.
Mais à tout prendre et en réfléchissant bien, ne constatons-nous pas que la solidarité, la paix, l’entente entre les hommes sont nettement plus utiles à tout points de vue que le conflit, la guerre, l’isolement ? Et s’imposent d’une manière quasi naturelle ?
Le bien est plus utile aux hommes que le mal ; la paix plus utile que la guerre. Personne, je pense, ne contestera cette affirmation.
Dewey ne voit pas le pragmatisme comme une philosophie  mais comme une méthode qui consiste à trouver un dénominateur commun à des thèses opposées. C’est aussi un refus de l’intelectualisme, des idées creuses et générales, une invitation à trouver des propositions vérifiables par tous.
J’ai peur que l’Amérique ne se soit fort éloignée de ce pragmatisme terre à terre. On y brandit des slogans, conforte des certitudes qui sont autant de credo : « notre manière de vivre, de penser est la meilleure, la preuve c’est que nous sommes les plus riches et les plus puissants ! ». On dénigre la culture d’autrui, la religion des autres, leur manière de faire, de penser, de manger (l’impérialisme de Mac-Do !). On exporte par les armes une vision particulière et géocentrique de la démocratie et des droits de l’homme.
Et ils le font d’autant plus facilement que les grands penseurs à la Dewey s’en sont allés depuis longtemps.
Reste un cheveu dans la soupe : Noam Chomsky !
Est-ce assez ?

11.09999

John Dewey
Chomsky
Par Candide
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Samedi 13 juin 2009
J’hésite à employer le terme « ésotérique », il est tellement galvaudé ! On en trouve partout, la moindre boîte d’allumettes est prétexte à mettre ses proportions en correspondance avec celles de la Grande Pyramide. Il est devenu, par la force des choses, l’apanage de petits groupes mystérieux qui vous initient, paraît-il, aux arcanes de mystères connus d’eux-seuls et qui sont, bien entendu, hautement ésotériques.
Il faut cependant l’aborder sans préjugés.
Esotérique vient du grec « ta eso », les choses intérieures, en opposition à « ta exo », les choses extérieures.
J’y rattache la  différence entre apparence et apparition.
L’apparence, pour celui qui la perçoit, ne suscite aucune autre interrogation que celle du reconnaître ou de sa connaissance. L’apparence est ainsi, elle n’est pas autre que telle qu’elle se donne à mes sens. A moi de la décrire fidèlement et de la rattacher à ce que je reconnais déjà.C’est une démarche scientifique.
L’apparition est une apparence qui, en plus de son apparaître, suscite un questionnement sur son origine. D’où vient cette apparition ? Que nous dit-elle ? Quel est son sens profond ?
L’astro-physicien qui observe les étoiles, les étudie  telles qu’elles se présentent à son téléscope. Elles apparaissent à sa vue, il les décrit, les mesure, les… bref, il fait un travail scientifique, il n’interroge pas leur sens, il n’a pas à rechercher une nature occultée de l’étoile qu’il observe.
Dans la même optique, un théologien peut étudier un livre saint, le lire, en tirer l’enseignement qui s’en dégage à première vue et reposer ce livre.
C’est vrai aussi pour les philosophes. Ils peuvent interroger l’être, le néant, l’existence et construire leurs théories sans vouloir chercher le sens caché de l’être, du néant, de l’existence.
Ils ne le font plus car la philosophie, depuis le Moyen-Age, s’est retranchée dans l’observation des hommes et des choses en épousant un shéma quasi scientifique. C’est une conséquence, malheureuse, de la distinction imposée entre la théologie et la philosophie par
les Scolastiques, Saint Thomas d’Acquin le tout premier.
Et c’est ainsi que la philosophie est devenue, au fil du temps, une socio-philosophie tout comme la théologie s’est réduite  à une socio-théologie.
Or n’est-ce pas le devoir premier du philosophe que de se poser la question : qu’y a-t-il derrière ce qui m’apparaît ?
Certains l’on tenté : Heidegger par exemple qui, dans son approche de l’être à travers sa manifestation, le « da-sein »,  en est arrivé à donner un sens à ce qui n’en avait pas, en l’occurrence le néant. Il est allé si loin dans l’observation de l’être, à travers son apparaître, qu’il n’a pas trouvé les mots pour le décrire clairement et s’est retranché derrière les poètes.
Un autre philosophe, Gabriel Marcel, avait parfaitement compris ce drame de la défience de l’expression dès que certains atteignent des niveaux insoupçonnés de la connaissance.
Il y eut, avant eux, les kaballistes juifs et chrétiens.
Il y a encore, en islam, les  soufis, les shî’tes.
Est-ce pour autant qu’il nous faille renoncer ? Et ne voir dans une étoile qu’un astre et rien d’autre ? Et dans le soleil une boule de feu aux caractéristiques si brillamment décrites par nos savants ? Et ne dégager de la Bible, l’Evangile ou le Coran, que des récits historiques, des poèmes parfois sublimes et des considérations morales ?
Je ne le pense pas. Il est des jours où nous devons quitter les sentiers battus et découvrir de nouvelles routes, au risque de nous perdre, certes, mais se perdre alors, c’est une manière de se sauver. Qui n’a jamais été amoureux ne pourra le comprendre
!

 2.07Pic de la Mirandole
Pic de la Mirandole, kaballiste chrétien


Par Candide
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Mercredi 3 juin 2009





La France est-elle une démocratie ? A cette question, un magistrat suisse a répondu par la négative: tout juste une monarchie relativement absolue.

Mais dans le fond, qu'est-ce donc que la démocratie ? Et a-t-elle déjà été appliquée ?

Tous les manuels s'accordent pour faire remonter la démocratie à l'Athènes du Vem siècle qui voit un petit territoire (pas même la superficie de la Drôme, en comptant l'Attique) dirigé par un aréopage de citoyens. On parle de « kratos demou », pouvoir du peuple.
Ce peuple, il est pour le moins limité aux hommes (mâles) libres à l'exclusion des esclaves, des affranchis et des métèques (les étrangers).
Il se rassemble sur l'Acropole, à côté du temple d'Athena et discute des affaires de la « polis », de la ville. Il choisit ses dirigeants et les contrôle.

C'est une assemblée permanente, un peu comme celle que nous connûmes dans les premiers jours de la Révolution triomphante.
Athènes était une ville tournée vers la mer et qui dit mer, dit navires, liberté de navigation et de commerce.

La liberté de commercer serait-il le premier exercice de la liberté tout court ? C'est fort probable, les esclaves ne feraient jamais de bons commerçants. Pour que le commerce marche, il faut des hommes libres et qui assument les conséquences de leur liberté.
Pas étonnant, dès lors, qu'en parallèle à la liberté de faire du commerce il y a la liberté de penser.

C’est dans des moments pareils que l’homme a commencé à philosopher.

En Grèce, à Athènes, il le pouvait sans crainte. Les dieux vivaient dans leur Panthéon, ne s’occupaient des affaires des hommes que pour rafler leurs femmes et accordaient toute licence aux mortels pour accomplir leur destinée.

Si les Grecs avaient été monothéïstes, nous n’eussions pas connu la philosophie. Sûr !

Et puis, il fallait Athènes. Une ville libre, ouverte sur la mer, recevant les marchands du monde, écoutant leurs récits de terres lointaines et de souverains absolus et despotiques.

Une cité libre, de citoyens libres, qui se parlent, s’opposent et recherchent la concorde (« omonia », « sunfonè »).

Est-ce assez pour que naisse la philosophie ?

Non ! En plus, il a fallu opérer une mutation radicale: l’abandon de toute logique ambivalente.

La logique ambivalente présuppose que le blanc n’est pas tout-à-fait blanc, qu’il y a du noir dans la blancheur et inversement. Le Tao repose sur cette ambivalence.

Les Grecs vont rompre avec cette logique. Même si cette dernière est vraie, la simplification du processus de pensée exige une coupe drastique. Blanc sera désormais blanc et noir, noir.

Les Grecs vont en plus, et sans doute inconsciemment, créer un concept,  le premier de la philosophie : celui « d’ami ».

Il ne s’agit plus d’être « sage » mais de tendre vers la sagesse à travers un concept d’amitié.

Etre « proche de »  plutôt qu’être tout court.

Démarche humble, prudente sans doute, réaliste très certainement.

Les premiers philosophes, ceux qui ne connaissaient pas encore le concept d’amitié mais le pratiquaient avaient une vision très relative des choses : « Tout passe, rien ne reste » ; « croyances des hommes, divertissements des enfants ».

Voilà comment naît l'esprit critique, celui qui relativise les choses, s'attend toujours au détour d'une sentence à une'autre qui contredira la première.

Comme on le voit, cette « démocratie » est pour le moins tempérée. Quelques uns (oligoi, en grec) décident du sort de la cité entre eux, notables reconnus comme tels.

Aujourd'hui, les choses ont-elles changé ?

Tout d'abord, la dimension de l'exercice: il n'y va pas de cités comme en Grèce, ni de cantons comme en Suisse, mais de territoires plus ou moins étendus comme le français ou carrément immense, comme les Etats-Unis ou l'Inde.

Le citoyen ne siège plus à l'Agora mais délègue sa représentation à un élu.

Et si la démocratie n'était possible que dans un espace réduit ?

Et puis, il n'y a plus de philosophie qui sous-tend l'action des citoyens. Nous ne pourrions imaginer, aujourd'hui, suivre le conseil de Platon et mettre à la tête de la Cité un philosophe.
C'est que nous somme revenus à la logique ambivalente. Nous ne croyons plus au bien idéalisé et à la mission de le faire apparaître totalement dans notre vie quotidienne.

C'est un relativisme pessimiste qui nous ramène à la pure gestion des choses et des gens.

Des gens qui n'ont plus à être des « amis » de la sagesse, mais soumis aux lois que leurs représentants, dans lesquels ils se reconnaissent de moins en moins, imposent à leur quotidien.

Il n'y a pas de démocratie sans participation active des citoyens;

Sans idéal vers lequel tendre, sinon le réaliser.

Sommes-nous vraiment dans cette conjoncture ? La réponse est négative, vous le savez tous. Le jeu politique est celui d'une confrontation, encore pacifique, entre intérêts opposés où le plus fort, le plus influent, maquille sa domination sous les oripeaux d'un consensus;

Alors quoi ?

Nous n'allons pas nous étendre sur les conséquences de ce déficit, contentons-nous aujourd'hui de constater que les mots nous trompent. Cette démocratie dont on nous parle n'en est pas une; tout juste une oligarchie plus ou moins brutale.
Soyons réalistes, dénonçons ce langage de sophistes en faisant tout pour fonder, petit à petit, un territoire nouveau.
Sur les ruines de l'ancien.

Par Candide
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