| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Pourquoi d’autre l’homme vivrait-il, si ce n’est pour être heureux ? « L’homme est désir, c’est la joie qui définit la
condition humaine et non pas le tragique nous enseigne Robert Misrahi. Ses actions visent toutes ce but : être heureux, satisfaire ses désirs à un point tel que survient
un état de bonheur. Ce qui est conforme à la définition de Kant : le bonheur comme totalité des satisfactions possibles.
Mais le bonheur personnel se heurte à un obstacle de taille : le bonheur des autres ! Alors, le bonheur peut-il se construire aux dépens de ces derniers ou, si l’on préfère, aux
dépens de la morale ?
C’est ici qu’intervient la sagesse ? C’est-à-dire, la connaissance de savoir conduire sa vie vers le bonheur. Sans suivre Kant pour qui la moralité consiste à sacrifier son bonheur au profit
du devoir (car on ne peut, selon lui, obéir à l’ordre moral par plaisir !), conduire sa vie, lui faire prendre telle direction plutôt qu’une autre, faire des choix, accepter des
sacrifices en sachant pourquoi on les accepte, est le plus sûr moyen d’atteindre un état de satisfaction totale qu’on appelle bonheur.
Platon déjà nous mettait en garde : accumuler du pouvoir en vue de satisfaire ses désirs, tous ses désirs, ne sert à rien, car plus on totalise de pouvoir, plus on
augmente nos désirs et l’on risque l’insatisfaction. Epicure, lui, ira plus loin en prônant un état d’ataraxis, soit un tri drastique des désirs, une exaltation de la modération pour éviter la
souffrance de la frustration. L’épicurien n’est pas un bon vivant, comme on le pense à tort, c’est un être qui vit lucide et conscient de ses limites.
Les bouddhistes en remettent pour qui le monde n’est que maya, illusion, et qui prêchent eux aussi le choix du « juste milieu » et même l’éradication de tout
désir y compris celui de vivre. (Schopenhauer reprendra ce thème du monde intrinsèquement pervers et désespérant.)
Les stoïciens, eux aussi, mettent en exergue le thème de la connaissance qu’ils centrent sur la volonté du sujet. Il faut maîtriser sa volonté (donc ses désirs), cette volonté doit être en accord
avec une nature qui, pour eux, est essentiellement raisonnable ».
Descartes s’en inspirera quand il écrira qu’il faut « changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde. »
Spinoza sera fort explicite (comme le relèvera Gilles Deleuze) : le désir est une force vitale, un levier hors pair pour s’affirmer en toute connaissance.
La connaissance, on l’aura remarqué, est présentée comme condition sine qua non du bonheur, Aristote en parle comme de la jouissance de la
compréhension des lois de l’univers. La pratique de la philosphie est donc pratique de cette sagesse qu’est la connaissance.
L’homme doit comprendre ! S’il comprend, ne fut-ce qu’un peu, le monde ne lui sera pas un obstacle comme le prétendent les bouddhistes, il ne sera pas qu’une illusion mais un terrain sur
lequel il pourra faire fructifier toutes ses potentialités. Et le bonheur est au bout de la course.
Il ne faut pas grand choses pour atteindre cet état ; je l’ai connu sur des routes de Savoie à la nuit tombée, dans la brousse burkinabé et, en hiver, quel bonheur, le dos à l’âtre, de tirer
sur sa pipe quand le vieux chien vous raconte ses rêves et que la chatte dort étendue sur le canapé d’en face !
De temps à autre elle se réveille et me fixe de ses yeux d’or.
Elle a les plus beaux yeux du monde !
Bahia.
Derniers Commentaires