Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Candide
  • Le blog de Candide
  • : Penser l'actualité, le quotidien et l'histoire sans a-priori et avec un esprit critique.
  • Contact

Texte Libre

Gilles Deleuze

"Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase: on va discuter un peu."
(Qu'est-ce que la philosophie ?)

Recherche

Archives

Liens

14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 12:30

Tolérer: du latin “tolerare », supporter, porter avec. En Français :  « fait de ne pas interdire ou exiger, alors qu’on pourrait le faire.  « Ce  n’est pas un droit, c’est une tolérance. » . Attitude  qui consiste à admettre chez autrui une manière de penser ou d’agir différente de celle qu’on adopte soi-même. (Robert).

C’est un mot, fort à la mode, employé un peu à tort et à travers.

Sans revenir au fameux : « La tolérance,  il y a des maisons pour ça » ; examinons d’un peu plus près ce que recèle cette invite à « supporter ».

« Supporter », signifie « porter en sus », porter plus que ce qui nous est requis personellement, c’est une surcharge. Une surcharge est une dépense d’énergie, de temps, c’est un travail supplémentaire, plus lourd et gracieux de surcroît.

Cette surcharge suppose, chez celui ou celle qui la « porte en sus », la volonté libre de le faire et la force de l’accomplir.

Volonté libre : le « tolérant » accorde de bonne grâce sa tolérance, il le fait parce qu’il le veut bien sans que quiconque l’oblige à le faire.

Force : le tolérant l’est, car il peut se permettre de laisser autrui penser ou agir différement de lui, il ne se sent pas menacé, sa tolérance ne l’anémie en acune façon.

Or, combien de gens ne se proclament-ils pas tolérants alors qu’il ne sont ni libres ni forts ?

Ils mettent en avant leur tolérance pour cacher leur faiblesse. Ce sont des faibles qui ne veulent pas s’affirmer, qui fuient la contradiction. Ce sont des pusillanimes qui maquillent leur lâcheté en tolérance.

Ce ne sont pas des tolérants !

La tolérance, c’est le luxe des forts. La magnanimité du vainqueur !

Un peuple qui se veut grand est nécessairement tolérant. Voyez l’Empire Romain au faîte de sa puissance. Il tolérait toutes les religions, admettait des cultures différentes. Rien ne pouvait l’atteindre. Et l’Empire Ottoman ? Comment a t-il regné durant près de sept siècles sinon en tolérant en son sein des croyances, des peuples et des idiomes divers. Ce n’est que lorsque ce gigantesque empire est devenu faible qu’il est devenu répressif.

Les Etats-Unis d’Amérique ont inscrit ce principe dans leur Constitution. Nulle opinion, quelle qu’elle soit, ne peut être contrée par la force de la loi. Aux  Etats-Unis, si quelques malades veulent fonder un parti nazi, ils le font ! Et c’est fait ! « L’Eglise de Satan » (elle existe !) est placée sur le même pied d’égalité fiscale que les autres églises du pays. Les Etats-Unis s’estiment assez forts pour supporter ces incongruités. Mais quand il se sentent faibles, quand ils ont peur, alors, ces beaux principes, ils les jettent aux orties. Voyez Guantanamo, zone de non-droit, de violence, de prévarication...

L’Islam dont on parle beaucoup depuis quelques temps se montre, parfois, d’une intolérance regrettable. S’il l’est, c’est parce qu’il se sent (à juste titre) menacé et méprisé. Mais l’Islam des Omeyyades, l’Islam arabo-andalou, celui des princes Perses... quelles périodes fastes !  de ces périodes où souffle l’esprit et qui permit le rayonnement – jusqu’à nous, en Occident - des sciences, des arts et de la philosophie. Mais cet Islam là, n’avait rien à craindre. La paix régnait. Il était fort. On respecte toujours les forts.

Chez nous, bien des gens se montrent, envers l’Islam, d’une intolérance hystérique. C’est parce qu’ils ont peur. Ils ne se sentent pas forts face à une croyance étrangère qu’ils ne peuvent ni ne veulent appréhender. Peur de l’autre, haine de l’autre !

Nous, à notre échelle, soyons tolérants. Mais avant de l’être, sachons ce que nous voulons. Ayons des principes fermes sur lesquels nous ne transigerons pas. Avant la tolérance, il nous faut connaître l’intolérance et la subjuger. Il y a des bornes anciennes qu’il ne faut pas déplacer.
A partir de là, à partir de cette base solide et clairement définie, nous pourrons nous permetttre, en toute sérénité et librement, d’accepter des manières de penser et de vivre différentes des nôtres.

Et nous le ferons parce que nous sommes forts !

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Candide - dans Philo
commenter cet article

commentaires