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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 08:24

Sa cote de popularité oscille autour des 36% d’opinions favorables. Jamais vu pour un Président après un an de magistrature. Il se met à dos les enseignants, les fonctionnaires, les magistrats, les notaires, les taximen, les ouvriers, les chômeurs et, last but not least, les grèvistes et les militaires ! Pardon, j’oubliais les cadres…derniers en date !
On le déteste ! Peu l’aiment, même dans son camp. Il n’a pas son pareil pour exacerber les antipathies que provoquent et sa manière de faire et sa manière d’être.
Pourquoi ?
Parce que Sarkozy n’est pas un homme d’Etat. Tout juste un homme d’affaires, lui qui déclarait, il n’y a pas si longtemps : « J’aime le capitalisme. » et qui en rajoutait dans une récente interview : « Après la présidence, je ferai du fric (sic), je n’en ai pas eu l’occasion jusqu’à présent (resic) ».
C’est le Président-Directeur-Général de la S.A « France », ce n’est pas le Président de la République.
Je n’aimais pas Giscard d’Estaing, mais je le respectais. Je n’ai jamais mis en cause sa magistrature suprême, il l’assumait à sa manière, arrogante et distante, mais, jamais je ne lui aurais dénié sa prétention à nous représenter. De même pour Chirac, pour lequel je n’éprouvais aucune antipathie et avec qui j’aurais, s’il me l’eut proposé, accepté de boire un verre.
Mais lui…
Sarkozy n’est pas Français ! Rien dans son agir et penser n’est conforme à ce que furent ses prédecesseurs. Il y a en lui ce je-ne-sais-quoi de cosmopolite, dilué dans un consensus réduit aux acquêts matériels. Un coup du sonnant et trébuchant, une culture du profit et de la rentabilité aux antipodes de l’esprit français.
Pire, il ne cache même pas son dédain pour tout ce qui fit et fait encore le caractère de notre nation ; notre amour de la chose publique, notre souçi de conserver ces acquis sociaux étrennés au terme d’une guerre cruelle. Tout cela il le balaie, le livre sans vergogne aux impératifs d’une mondialisation anonyme à laquelle il s’identifie avec orgueil.
Et cela n’a rien à voir avec ses origines. Etre Français, au-delà de la langue, c’est l’esprit et l’imprégnation de ce dernier aux valeurs républicaines symbolisées par la devise: Liberté, Egalité, Fraternité. C’est le goût de la contestation et de la critique.L’égalité, la fraternité, Sarkozy ne les reconnaît que dans la mesure où elles sont circonscrites à un groupe, celui de ceux qui réussissent. La liberté n’a pour lui qu’un rôle opératif, tout juste un état qui permet d’acquérir et de jouir : « J’ai le droit d’être heureux » (8 janvier 2008).
Si l’on se penche sur sa psyché, on découvre un personnage qui a grandi dans un milieu privilégié, a fréquenté des écoles de fils de riches, dans un quartier (Neuilly) on  ne peut plus friqué et réserve son amitié aux plus nantis, aux plus puissants que lui.
Mais c’est pour sa personne qu’il roule. L’amitié est toujours intéressée, le devoir, le sacrifice lui sont étrangers. Ce qu’il souhaite, c’est s’identifier totalement à ceux qui, sur le plan financier, lui sont supérieurs, ce qu’il ne supporte pas.
Comment cela va-t-il finir ? Mal ! Je l’écris sans satisfaction aucune. Les choses étant ce qu’elles sont, la France a besoin d’une autre pointure que cet homme pour qui le magistère n’est qu’une manière, comme un autre, pour se mettre au devant de la scène publique.
N’ayant jamais connu la France profonde, celle qui se bat pour un petit bonheur tranquille que le mondalisme menace, il risque de se retrouver d’ici quelques mois face à une fronde que son cynisme aveugle ne conçoit même pas.
Cynisme qui le pousse à faire plaisir à son « ami » Berlusconi, et à lui livrer, pieds et poings liés, l’ex-brigatiste repentie, Marina Petrella, qui, depuis 1993, et sur la foi de la parole de feu M. Mitterand,  vit paisiblement en France, alors que, de l’autre côté, il propose, ni plus ni moins, l’asile politique en France aux membres des FARC qu’il qualifie de « terroristes » !
Un gamin qui joue dans la cour des grands. C’est ainsi que le présentateur Poivre d’Arvoir l’avait qualifié l’année dernière quand il célébrait à l’Elysée son premier 14 juillet. Poivre, pourtant courtisan affable et docile, a été mis brutalement hors circuit.
A nous d’en faire autant !

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Published by Candide
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