Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Candide
  • Le blog de Candide
  • : Penser l'actualité, le quotidien et l'histoire sans a-priori et avec un esprit critique.
  • Contact

Texte Libre

Gilles Deleuze

"Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase: on va discuter un peu."
(Qu'est-ce que la philosophie ?)

Recherche

Archives

Liens

20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 07:58




Madame Sylviane Agacinski est philosophe et, accessoirement, épouse de M. Jospin, Lionel, qui fut, certains s'en souviennent encore, Premier Ministre de la République.

Elle vient de publier un livre (Corps en miettes, Flammarion) dans lequel elle dénonce le phénomène des « mères de substitution » ou « mère porteuses » comme on a coutume de les appeler.

La « mère de substitution » est cette femme qui prête son utérus et accouche d'un enfant conçu avec les ovocytes de la mère naturelle et le sperme du père.
Ce « prêt » est régi par un contrat (nul de plein droit en France) aux termes duquel la « mère porteuse » renonce à tout droit sur l'enfant à venir, sa fonction étant purement mécanique. Elle est, cela va de soi, « dédommagée » pour sa prestation: ce qui signifie tout simplement qu'elle est payée !

Cette pratique est courante de nos jours aux Etats-Unis et elle tend à s'implanter dans nos vieux pays d'Europe. A l'encontre de la pensée dominante, Madame Agacinski, dénonce cette manière de faire d'un être humain une « chose » qui prête, aliène ou vend une partie de son corps.

Elle remarque tout d'abord que la grande majorité de ces « mères porteuses » est constituée de femmes en proie à des difficultés financières et que le « prêt » de leur utérus est une manière pour elles de s'en sortir.

Et puis rien n'est prévu pour la suite de cette « prestation ». Rien sur les conséquences physiologiques et psychologique toujours possibles chez la mère porteuse . Il y a eu, chez ces dernières, des cas de dépression ou de complications gynécologiques consécutives à leur accouchement et qui ne furent pas couverts par le contrat.,

Et reste cette question éthique. Peut-on vendre tout ou partie de son corps ?

Après tout, la prostitution est un contrat au terme duquel une femme met, contre rémunération, son corps à la disposition d'un co-contractant.

Ce type de relation entre « mère porteuse », mère naturelle et enfant porté par la première est encore une inconnue pour les scientifiques; porter un enfant, ce n'est pas porter une valise et, pour un enfant, le ventre de sa mère n'est pas un hôtel comme un autre.

Le livre de Sylviane Agacinski est accueilli de diverses manières: l'intelligentsia de gauche s'étonne des réserves que formule cette femme, issue pourtant du même sérail, et snobe les arguments sociaux et éthiques développés par l'auteur.

Une femme est maîtresse de son corps, disent-elles, Elisabeth Badinter en tête; sans vouloir verser dans la polémique, faisons tout de même remarquer que cette liberté, serait-elle absolue dans le chef de l'individu, devrait être pondérée dès lors qu'elle implique un tiers: l'enfant à naître. Car, que savons nous au juste des relations qui se tissent entre l'enfant porté et sa mère, fut-elle simplement porteuse ?

Même si les gênes de l'enfant sont étrangers à ceux de la mère porteuste, il existe cependant entre eux une relation physique et psychologique dont nous ne connaissons pas la nature exacte dans l'état actuel de nos connaissances.
Et rien ne nous permet d'affirmer que ce lien tissé durant neuf mois et brutalement rompu ne laissera pas de traces chez l'un ou l'autre, ou les deux.
L'émission « Envoyé spécial » sur France 2 nous présentait, jeudi dernier, un reportage sur ce phènomène. C'est en Inde que les journalistes ont débusqué des cliniques où des Indiennes, en mal d'argent, prêtent leur ventre à des couples occidentaux en mal d'enfants.
Triste spectacle que de voir ces pauvres femmes, porter l'enfant d'autrui et s'en défaire au bout de la grossesse. Et que penser des intermédiaires, cliniques privées, gynécologues, rabatteurs en tout genre qui, sur le prix, touchent au final plus que la porteuse ? Sur 20.000 euros de facturés, la « mère » n'en perçoit que 4.000. C'est peut-être beaucoup pour ces femmes, mais est-ce le juste prix, si prix il y a ?

Une fois de plus , nous voilà confrontés à ces abus dont notre société se justifie à coup de sophismes qui ne trompent que ceux qui veulent l'être.
Qu'il y ait des cas où ce type de « solution » puisse être envisagé, je ne l'exclus pas (je pense à une femme palliant l'absence d'utérus de sa soeur), mais ils doivent rester l'exception qui confirme la règle.
En fait, notre société occidentale ne peut ni ne veut se soumettre aux lois de la nature, sans parler de celles de la morale élémentaire.
Etre affligé d'un handicap empêchant la procréation, est triste certes, mais il existe sans doute dautres solutions que celles qui transforment un être humain en chose.



 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Candide
commenter cet article

commentaires

Michel Joblot 22/04/2009 16:36

"Les enfants ne sont pas des objets et les femmes ne sont pas de vaches"!
Michel Joblot 22/04/09
Je conseille à tous ceux qui sont d'accord avec cette affirmation ; tous ceux qui souhaitent se mettrent en travers de la route de la barbarie qui s'avance sous le masque de la douleur, de la compassion et de l'altruisme.
La barbarie tranquille de ceux pour qui "leurs désirs sont des droits", y compris sur le corps et la vie des autres humain ; et pour qui, il est légitime de "louer un ventre" pour se faire fabriquer un enfant" ; ceux qui croient pouvoir mériter le nom de "parents" en se "payant" un enfant.
Je conseille donc a tous les citoyens qui savent encore ce que veut dire "humain" (différent de choses, produit, ou marchandise), de lire le livre de Sylviane Agacinski "Le Corps en miettes".
C'est un livre de philosophe, un livre de femme de "Gôche" qui prend le risque d'aller à contre courant du politiquement correct des bobos post soixante-huitard, des attardés de mai 68, pour qui il est encore "interdit d'interdire" et de mettre des limites à leurs désirs d'enfant-gâtés.
Ils ne manqueront pas de la traiter de réactionnaire, de mauvaise mère ou encore insulte suprême : de "complice de l'Eglise et du Pape"!
Peut importe! le livre de Sylviane Agacinski est limpide et irréfutable! :
On ne peut pas légaliser en France la vente d'enfant!