Partager l'article ! DSK ou l'injure faite à la pauvre: Madame Diallo et son avocat Quand au sortir d'une relation sexuelle, un ...
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Gilles Deleuze
"Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase: on va discuter un peu."
(Qu'est-ce que la philosophie ?)
Madame Diallo et son avocat
Quand au sortir d'une relation sexuelle, une femme présente une déchirure
des ligaments de l'épaule et une lésion dans la région vaginale, il s'est passé quelque chose qui s'appelle violence.
C'est le rapport clinique de l'état physique de madame Diallo après sa rencontre avec
Dominique Strauss-Kahn, le quatorze mai dernier.
Un juge français se serait posé, à raison, des
questions.
Aux États-Unis, rien de
pareil.
La procédure est strictement contradictoire, ce qui
signifie que le procureur va rechercher des éléments lui permettant de conclure à la culpabilité du justiciable. L'avocat de la défense, lui, fera le contraire.
Le procureur est élu. Il doit, au bout de son mandat, pouvoir dire à ses
électeurs : j'ai gagné (c'est le terme qui s'impose!) autant de procès, j'ai mis en taule autant d'accusés, accordez-moi à nouveau votre confiance. S'il estime que sa partie sera rude, qu'il
risque de se faire désavouer, il préfère en rester là et abandonner les poursuites. En se disant qu'au civil la partie qui s'estime lésée l'emportera plus facilement. Pareil à Pilate, il s'en
lave les mains !
Madame Diallo aurait mérité un procès. Si
les faits s'étaient passés en France, c'est ce qui aurait eu lieu. Notre justice est ce qu'elle est, mais les procureurs ne doivent pas caresser dans le sens du poil des électeurs, et le
président et les magistrats d'une Cour ou d'un Tribunal sont libres.
Un procès aux États-Unis, c'est le redoutable« cross examination », c'est-à-dire l'interrogatoire de l'accusé et du plaignant. Monsieur Strauss-Kahn
aurait eu à répondre de sa réputation, de son étrange rapport envers les femmes, et surtout du pourquoi de l'état physique de madame Diallo après leur rencontre !
On aurait pu, alors, saisir la face cachée de cet homme...
Peut-être qu'à l'issue de cette confrontation les jurés auraient jugés qu'après tout
Dieu seul sait ce qui s'était passé dans cette suite du Sofitel, et qu'ils auraient blanchi le Français. Mais elle aurait pu s'exprimer, elle, une immigrée africaine, sans la culture et le
charisme de celui qu'elle accuse.
Le début de l'affaire nous a
tous estomaqués ! Strauss-Kahn menotté, emprisonné et les Américains nous assurant que la justice chez eux, c'est comme ça : pas de différence entre les puissants et les sans grades.
C'est vrai, mais avec un bémol que nous venons de pointer du doigt.
Reste le procès civil qui se déroulera dans un an ou deux et où madame Diallo peut
placer tous ses espoirs.
Quant à monsieur Strauss-Kahn, il a
déclaré vouloir revenir en France (où l'attend la plainte de Tristane Banon...).
Qu'il le fasse et jouisse d'un repos... mal mérité !
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