Partager l'article ! Le règne des sophistes: Le règne des sophistes ! Ce n'est pas la première fois ...
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Gilles Deleuze
"Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase: on va discuter un peu."
(Qu'est-ce que la philosophie ?)
Le règne des sophistes !
Ce n'est pas la première fois que nous utilisons cette image, tant il est vrai que ce qui nous reste de société baigne dans la confusion des esprits et des valeurs.
En voici quelques exemples, ils ne sont pas limitatifs, loin de là.
L'égalité :
ou la conviction que nous sommes tous égaux, qu'il n'existe pas d'échelle de valeurs applicable aux hommes, qu'il n'y a pas de « supérieur » et « d'inférieur », mais rien que des « citoyens » égaux en droits et en devoirs.
C'est faux !
Si sur le plan ontologique nous sommes tous égaux, sur tous les autres nous différons. Il y a, ne nous en déplaise, des hommes et des femmes qui sont plus intelligents, beaux, talentueux et charismatiques que nous. Qui nous sont donc supérieurs.
Atténuons cependant notre jugement : il n'y a de supérieur que si, en face, se trouve un inférieur. La reconnaissance de l'un et de l'autre implique le partage. Le supérieur ne l'est que s'il « partage » sa supériorité avec l'inférieur. Mieux, la lui donne ! Et il n'est supérieur que dans la mesure où l'inférieur le reconnaît comme tel.
Il fut un temps où, à l'école, il y avait un premier de classe. Un temps aussi où l'instituteur, le professeur étaient respectés.
Saint Irénée de Lyon a écrit cette phrase magnifique : « Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu ». Le supérieur véritable aspire à la véritable égalité, non pas celle qui se fait par le bas, mais qui hausse le bas vers le haut.
Les femmes :
les femmes ne sont pas égales aux hommes et, parallèlement, les hommes ne sont pas égaux aux femmes. On ne compare pas l'une avec l'autre, comme on ne compare pas une poire à une pomme.
La femme a sa spécificité propre, sa psyché comme sa physiologie veulent qu'elle soit faite pour porter des enfants, les élever et être gardienne du foyer. C'est une tâche particulièrement importante que le modernisme ambiant a dévalué avec les conséquences que l'on sait car un foyer sain, c'est une assurance de société plus saine.
Les conséquences de cette dévaluation du rôle naturel de la femme sont catastrophiques. La démographie en Europe et en Amérique du Nord est en chute libre. L' Union Européenne perdra cent millions d'habitants d'ici la fin du siècle . En 2050, un habitant sur deux en Europe occidentale sera de souche extra-européenne. L'intégration des immigrés de seconde ou troisième génération à nos valeurs inspirées du christianisme et des Lumières étant ce qu'elle est, nous n'hésitons pas à parler de risques réels de guerre civile.
Le nombre des avortements ne cesse de croître. Rien qu'en France 200.000 en 2009 !
L’avortement consiste, tout le monde le sait, à supprimer un organisme vivant indépendant de l'organisme porteur. Cette suppression porte un nom !
On peut se poser la question : la femme occidentale veut-elle encore enfanter ?
Responsables de ce désastre moral et sociétal, les doctrines féministes qui, sous couvert « d'égalité » et de « parité » (des sophismes), prônent une démission de la femme face à ses responsabilités et un envahissement de la sphère naturelle des hommes.
Le féminisme, pour reprendre l'expression d'Otto Weininger dans « Sexe et Caractère » est, en fait, un « hermaphrodisme » qui veut que la femme devienne un homme tout en restant une femme.
Troisième et amère constatation :
La pensée est muselée !
Vous êtes tous priés de penser « comme il faut », c'est-à-dire sacrifier à la doxa générale et imposée.
Pas question d'emprunter des chemins de traverses !
Ce que vous venez de lire est déjà suspect, si vous l'ébruitez, des apostrophes vous attendent qui vous rangeront dans le clan des marginaux de gauche ou de droite, voire des nostalgiques d'un ordre révolu (paraît-il).
Remettre en cause des vérités toutes faites et ordonnées par tous les pouvoirs, c'est s'exposer aujourd'hui à l'ostracisme public voire à des sanctions pénales .
Il y va de ces lois qui, un peu partout en Europe, interdisent d'étudier, et donc de réviser le cas échéant, les événements qui virent le massacre des Juifs durant la deuxième guerre mondiale. Cette interdiction consacre le pouvoir donné aux politiques de « dire l'Histoire », alors que c'est le travail des historiens que des lois et règlements réduisent au silence. C'est insupportable !
Il y va aussi de cette démocratie dont on nous assure qu'elle est la poutre maîtresse de notre système politique.
A les croire, la démocratie consiste à faire voter le peuple une fois tous les cinq ans et puis baste.
La démocratie athénienne qui se déclinait sur un espace géographique réduit, était réservée à certaines catégories de citoyens qu'elle faisait activement participer à son fonctionnement.
Nous pensons aussi que l'exercice de ce privilège ne peut se faire que dans un espace limité, comme celui d'un canton suisse par exemple, et qu'il suppose la participation active de tous les citoyens.
Ce qu'on nous présente comme « démocratie représentative » est une déviance de l'esprit démocratique de l'Athènes antique. Un avis qui n'oblige que s'il conforte le système en place.
La preuve : les politiques européens ne s’embarrassent guère de sentiments quand il s'agit de réformer des référendum qui ne consacrent pas leur agrément. Des pays comme l'Irlande, la France et, récemment, la Grèce en savent quelque chose.
Là aussi, démocratie et sophisme deviennent synonymes.
Nous pourrions encore longtemps gloser sur ces dérives, sémantiques ou non, qui font le malheur de nos temps.
La notion de « liberté » qui est toujours celle de celui qui s'en prévaut et rarement celle des autres qui la subissent.
La « tolérance » qui devient sœur du laxisme.
Mais, plus grave encore, est cette conviction qui, petit à petit, envahit les esprits, et qui veut que, dans le fond, toutes les opinions sont respectables pour autant, bien entendu, qu'elles s'inscrivent dans le cadre de celles qui confortent la doxa générale et imposée
La première victime de cette décadence est l'esprit des humanités. Nous ne vivons que dans une société de techniciens, de zélateurs de la technicité. Un monde où l'ordinateur pense et l'homme l'assemble et le répare. Un homme voué non plus à la connaissance, mais à la performance, un acteur, sans plus, d'une croissance économique qui englobera – quel sophisme de plus ! - sa sphère culturelle.
Un homme qui croira que la vie ne peut être qu'heureuse, que ce bonheur est même un droit, alors que la vie n'est ni heureuse, ni malheureuse mais une succession de l'un et de l'autre et qu'au bout il y a, inéluctable, la mort.
Mais de celle-là, on ne lui parlera guère...
Elle pourrait le rendre conscient !
je viens de découvrir votre blog, dont j'aime bien le ton. Mais puisque les critiques sont plus facilement constructives que les louanges (du moins je le crois), en voici une. Vous écrivez "Et il n'est supérieur que dans la mesure où l'inférieur le reconnaît comme tel".
Cela est faux, en toute logique, et il est facile d'en faire l'expérience. Prenons votre cas, vous avez une grande culture littéraire et philosophique, comment un "inférieur" dans ce domaine pourra-t-il reconnaître votre supériorité ? Il pourra se dire intellectuellement que vous êtes supérieur parce vous lui semblerez dire des choses qu'il ne comprend pas, mais il n'en aura aucune connaissance valide, c'est-à-dire réelle. C'est par définition impossible. Pour savoir ce qui fait précisément votre supériorité il devrait connaître ce que vous connaissez, que par définition il ne connaît pas.
Cette distinction entre connaissance intellectuelle et connaissance réelle peut sembler de peu d'importance mais en réalité elle est fondamentale. Elle nous permet de déduire que les plus puissants génies de l'humanité sont possiblement restés inconnus, car pour qu'un génie soit reconnu, il faut qu'une partie de son oeuvre soit comprise. Mais on peut postuler l'existence de personnes qui étaient tellement au-dessus des intellectuels de leur temps qu'ils ont finalement été méprisés.
J'en parle parce que j'ai un ami qui a fait profession de les détecter en écumant les bibliothèques, et il nous a semble au final que certains auteurs étaient injustement méprisés du fait même de l'immensité de leur culture et de la complexité de leurs processus intellectuels, par exemple Fabre d'Olivet, qui connaissait une cinquantaine de langues et qui a longuement disserté sur la science étymologique. Il a également écrit une histoire du genre humain absolument passionnante et qui vous plairait certainement si vous ne la connaissez déjà, mais tous les esprits "savants" le prennent pour un idiot.
J'en reviens à mes moutons. Si vous êtes réellement expert dans un domaine, vous vous rendez facilement compte que moins les gens en savent, moins ils conçoivent votre niveau réel d'expertise, et que ceux qui vous louent le font souvent à mauvais escient, pour de mauvaises raisons. Parce qu'ils ont été convaincus d'une manière ou d'une autre de votre savoir, mais en réalité ils n'en savent à peu près rien.
Bref, il n'y a que le supérieur qui puisse se reconnaître lui-même, ainsi que ses pairs. L'inférieur lui permet en revanche de transmettre son savoir.
En espérant ne pas vous avoir fatigué.