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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 10:42

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On en a fait de la pub pour cette émission, « Les Infiltrés », consacrée aux pédophiles !

Cette émission, je l'ai trouvée, racoleuse et voyeuse. Le régal des accrocs du trash, du premier degré, de l'explication débile et des images  border-line. 

Sur la pédophilie, on pouvait faire une émission sérieuse, qui poserait les bonnes questions à commencer par une définition pointue de ce qui est une anomalie de la préférence sexuelle. Las, nous avons eu un psychiatre, fort compétent sans doute, mais qui n'est resté sur le plateau que trois minutes. La pédophilie serait un « état » plutôt qu'une maladie, c'est bien dit, mais cela suppose une suite: comment aborder cet état, comment vivre avec, comment protéger la société ?

Justement, en matière de protection, nous avons eu le spectacle, désormais classique, du flic qui se plaint de ne pas avoir assez de moyens, et de la sous-ministre Morano qui assure que des moyens, il y en aura plus, et des lois aussi, croyez-en sa parole et celle du gouvernement.
Lassant ! 

En fait, le succès de l'émission est l'exhibition, je ne vois pas d'autres mots, de ce « journaliste » qui en se faisant passer pour une adolescente de douze ans, nous décrit par le détail les tribulations que sa pseudo-héroïne vit sur le net, visionnant des adultes qui se masturbent devant elle en cam-to-cam, et lui proposent des rendez-vous.

A ces rencontres, ce n'est plus la petite fille, mais le journaliste qui s'y rend, et le spectateur a droit aux dialogues nauséeux que ces hommes piégés échangent avec celui qui, quelques instants plus tard, ira les dénoncer à la police.

Et là aussi, il y a comme un lézard. Est-ce  au journaliste de les dénoncer ? N'y-a-t-il pas entorse grave à la déontologie du métier ?

La protection des sources du journaliste vient à peine d'être consacrée par une loi ad hoc. La police n'a donc plus le droit d'inquiéter un journaliste qui refuse de lui dévoiler ses sources et qui peut, enfin, opposer à l'autorité policière le secret professionnel.

Et là, le journaleux, une fois son interview bouclée, file au commissariat dénoncer les faits dont il a eu connaissance...Curieux mélange des genres...

A quoi le réalisateur de l'émission, l'agence Cappa, réplique en expliquant qu'il y allait de l'aide à personne en danger, en l' occurence, ces jeunes que l'on attire dans des rendez-vous scabreux.

M'ouais... Ce qui est scabreux c'est aussi de provoquer des pédophilies en chasse pour montrer devant les téléspectateurs ce cloaque vicieux qui, dans une approche professionnelle et froide, de cette perversion, aurait pu être abordé autrement.

Mais voilà, cette approche scientifique et clinique de la pédophilie n'aurait pas attiré autant de téléspectateurs. L'audimat a des lois...

Et l'émission occulte le principal:  le laxisme scandaleux en matière de moeurs, la démission des parents et des éducateurs, une société qui met l'accent sur la production avant la civilisation, l'hypocrisie de ceux qui dénoncent tout en faisant leur délices de l'exploitation du scandale.

Mais ça, c'est une autre histoire, et qui nous concerne tous, nous qui ne voulons pas toujours voir nos propres insuffisances.

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Published by Candide
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