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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 17:21
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Je voulais écrire quelques lignes sur le dernier roman de Jim Harrison « Une Odyssée américaine », « The english major » en anglais, publié par Flammarion.
Et puis l'actualité s'invite parfois à contre-temps, Salinger vient de mourir à 91 ans, je ne dirai pas que cela tombe bien, mais cela me permet de faire d'une pierre deux coups tant le dernier opus de Harrison s'inscrit dans la suite de « L'attrape-coeurs » de Salinger.
Le roman de Harrison est celui, somme toute banal, d'un sexagénaire du Middle-West qui se fait plaquer par sa femme de cinquante-huit ans qui le quitte pour son amant. Il y a des âges où les femmes ne devraient pas se conduire comme ça. Bref, le voilà expulsé de sa ferme, vendue aux enchères, et dont il n'a reçu qu'un dixième de la valeur, ce qui ne fait que cent mille dollars, pas de quoi se payer une retraite de rêve. La traitresse qui a plus de sous que lui et qui bosse dans l'immobilier empoche, elle,la plus grosse part du gâteau.
Le voilà parti, mais pas seul, il retrouve une de ses ex-élèves, du temps où il était professeur de lettres anglaises, elle a dix-sept ans de moins que lui, doit se rendre dans le Montana, ce qui est sur sa route depuis qu'il a décidé de parcourir les Etats-Unis à bord de sa Taurus (c'est une vieille voiture).
Le sexe s'invite au cours de ces étapes, ce qui a le don de déplaire à la critique de « Télérama », Martine Laval, qui ne voit que laborieuses prouesses de cul tout au long de cette narration. Qu'un sexagénaire baise, cela doit lui sembler indécent, pauvre pimbêche !
A l'instar du héros de Salinger, Holden Caufield, qui erre dans  Manhattan,  celui de Harrison nous narre l'Amérique qui se présente à lui, tout au long des kilomètres que sa vieille bagnole avale sans rien dire. « Au fond, on n'a été qu'une armée d'occupation », conclut-il,  que ce soit pour les Indiens ou les Irakiens ». 
Il y a comme une nostalgique régression vers l'adolescence qui le pousse à rebaptiser les Etats qu'il visite et à changer leurs emblèmes à défaut de les changer tout court.
Tant qu'à faire, pourquoi ne pas modifierr le nom des choses, cela nous donne au moins l'impression qu'elles ne sont pas telles qu'elles se présentent ?
Et comme Holden Caufield, il s'interroge sur le monde, les gens et le sens de la vie, si du moins elle en a un, ce qui donne: «  L’usage du téléphone était bien pire que de marcher sur une crotte de chien ou, la nuit, dans une bouse de vache fraîche. «  
L'Odyssée se termine au terme de la Taurus, en Californie où vit son fils qui s'occupe vaguement de cinéma. Son ex-femme est revenue de ses illusions, la vie continue, pourquoi se poser des questions, les choses sont ce qu'elles sont et la mort n'est qu'un passage obligé.
Harrison nous livre, au bout des tribulations de son héros, une leçon de philosophie dont l'arcane secrète réside dans cette faculté que nous avons à réduire la réalité à l'aune de nos sentiments.
Holden Caufield, lui, vit toujours, il se trouve quelque part entre la 8em avenue et la 47em rue, il attend une petite amie qui ne viendra pas au rendez-vous, ce qui est tout-à-fait dans l'ordre des choses, à seize ans elles posent toutes des lapins.
Mais ce n'est pas grave !

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Published by Candide
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