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Gilles Deleuze

"Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase: on va discuter un peu."
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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 09:49

dsk-nafissatou-diallo.jpg

Madame Diallo et son avocat

 

Quand au sortir d'une relation sexuelle, une femme présente une déchirure des ligaments de l'épaule et une lésion dans la région vaginale, il s'est passé quelque chose qui s'appelle violence.
C'est le rapport clinique de l'état physique de madame Diallo après sa rencontre avec Dominique Strauss-Kahn, le quatorze mai dernier.

Un juge français se serait posé, à raison, des questions.
Aux États-Unis, rien de pareil.
La procédure est strictement contradictoire, ce qui signifie que le procureur va rechercher des éléments lui permettant de conclure à la culpabilité du justiciable. L'avocat de la défense, lui, fera le contraire.
Le procureur est élu. Il doit, au bout de son mandat, pouvoir dire à ses électeurs : j'ai gagné (c'est le terme qui s'impose!) autant de procès, j'ai mis en taule autant d'accusés, accordez-moi à nouveau votre confiance. S'il estime que sa partie sera rude, qu'il risque de se faire désavouer, il préfère en rester là et abandonner les poursuites. En se disant qu'au civil la partie qui s'estime lésée l'emportera plus facilement. Pareil à Pilate, il s'en lave les mains !
Madame Diallo aurait mérité un procès. Si les faits s'étaient passés en France, c'est ce qui aurait eu lieu. Notre justice est ce qu'elle est, mais les procureurs ne doivent pas caresser dans le sens du poil des électeurs, et le président et les magistrats d'une Cour ou d'un Tribunal sont libres.
Un procès aux États-Unis, c'est le redoutable« cross examination », c'est-à-dire l'interrogatoire de l'accusé et du plaignant. Monsieur Strauss-Kahn aurait eu à répondre de sa réputation, de son étrange rapport envers les femmes, et surtout du pourquoi de l'état physique de madame Diallo après leur rencontre !
On aurait pu, alors, saisir la face cachée de cet homme...
Peut-être qu'à l'issue de cette confrontation les jurés auraient jugés qu'après tout Dieu seul sait ce qui s'était passé dans cette suite du Sofitel, et qu'ils auraient blanchi le Français. Mais elle aurait pu s'exprimer, elle, une immigrée africaine, sans la culture et le charisme de celui qu'elle accuse.
Le début de l'affaire nous a tous estomaqués ! Strauss-Kahn menotté, emprisonné et les Américains nous assurant que la justice chez eux, c'est comme ça : pas de différence entre les puissants et les sans grades. C'est vrai, mais avec un bémol que nous venons de pointer du doigt.
Reste le procès civil qui se déroulera dans un an ou deux et où madame Diallo peut placer tous ses espoirs.
Quant à monsieur Strauss-Kahn, il a déclaré vouloir revenir en France (où l'attend la plainte de Tristane Banon...).
Qu'il le fasse et jouisse d'un repos... mal mérité !

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 07:30

Vierge-Marie.jpg

 

Dans le monde des réalités sensibles l'histoire aurait pu être celle-ci. Marie, une jeune palestinienne de 12 ou 13 ans, est visitée par l'ange Gabriel qui la salue, l'assure qu'elle est « keharitoomenè » (toute favorisée) et lui annonce qu'elle est enceinte. Marie, depuis son enfance, est promise à un charpentier de Nazareth, Joseph. C'est une coutume ancestrale que de promettre une fille dès sa naissance. Un mois après les premières menstrues, elle est mariée. L'histoire ne nous dit pas non plus si Marie sera la première épouse de Joseph, les juifs sont polygames ne l'oublions pas.

Quand l'ange lui révèle sa grossesse, Marie est impressionnée : comment pourrais-je être enceinte, moi qui n'ai point connu d'homme ? L'ange ne se démonte pas :un souffle saint viendra sur toi et une force du Très-Haut te couvrira d'ombre. C'est pourquoi celui qui va naître est saint et sera appelé fils de Dieu (trad . Pascale Mounier et Pierre Létourneau).

Figure archétypale de la vierge-mère,voyons comment Marie,  mère de Dieu , occupe cette place privilégiée.

Dans le monde profane, les vierges ne sont jamais enceintes, les morts ne ressuscitent pas et si les malades guérissent, c'est grâce aux médecins. La réalité quand elle est sensible, ne souffre aucune exception.

Les textes sacrés ne sont pas historiques, ils ne déroulent pas dans l'espace et le temps un récit linéaire. Ils illustrent une réalité qui dépasse les sens ordinaires et se tient dans un « présent éternel ». Ils procèdent du « monde imaginal »

C'est le philosophe et islamisant Henri Corbin qui a développé ce concept, qu'il décrit comme suit :

 La fonction du mundus imaginalis et des Formes imaginales se définit par leur situation médiane et médiatrice entre le monde intelligible et le monde sensible. D’une part, elle immatérialise les Formes sensibles, d’autre part, elle « imaginalise » les formes intelligibles auxquelles elle donne figure et dimension. Le monde imaginal symbolise d’une part avec les Formes sensibles, d’autre part avec les Formes intelligibles. C’est cette situation médiane qui d’emblée impose à la puissance imaginative une discipline impensable là où elle s’est dégradée en « fantaisie », ne secrétant que de l’imaginaire, de l’irréel, et capable de tous les dévergondages. 

Les paroles de l'ange se déclinent sur ce mode. Le souffle et l'ombre font référence à cette descente par palier de la lumière divine, monde après monde. Marie, à travers l'Annonciation, donne sa figure et sa dimension à la forme intelligible de la vierge-mère qui donne naissance à l'homme-Dieu.

Homme-Dieu et Vierge-Mère, indissolublement lié dans un monde qui n'est ni celui empirique des sens, ni le monde abstrait de l'intellect. Marie est l'image de l'incarnation de l'absolu dans le relatif, de la transcendance dans l'immanence.

La sublime réponse de Marie est à la mesure de la gloire qui l'attend : vois, (je suis) la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole.

Elle ne pose plus de « pourquoi ? », ni de « comment ? », elle n'est pas Moïse qui dans son dialogue avec le buisson ardent veut avoir le dernier mot. Elle est « soumise », les musulmans ne s'y tromperont pas. Le Coran lui consacre une sourate.

Marie, médiatrice entre le ciel et la terre, entre Dieu et les hommes, trait qui relie le relatif à l'absolu. Figure parfaite de la mère et son enfant.

Elle est, en ce quinze août, au moment où la mère-terre nous offre à profusion ses fruits les plus mûrs, le fruit immaculé de la création divine. Annonciatrice, elle est déjà ce que nous sommes en puissance.

Femme porteuse de Dieu (theotokos), elle devient à elle seule la « gloire qui convient à Dieu », l'ornement de Sa création, la transfiguration annoncée de l'humanité.

Le culte marial nous est proche précisément par cette humanité arrachée à l'immanence. Elle est l'image de la créature réintégrée dans son état édénique, la promesse de l'éternité heureuse dans la communion avec Dieu.

toutes les génération m'appelleront l'Heureuse... (Luc. 1.48)

 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 08:47


Céline.jpg

 

 

Pitié pour les puissances liguées. Depuis ce matin, la voix de Céline les écrase, cette voix formidable qu'on a voulu étouffer sous les cendres et qui va résonner jusqu'à la fin des temps.

(Kleber Haedens dans Paris Presse, 1er juillet 1961)


La France aurait dû commémorer le cinquantième anniversaire de sa mort, celle du plus grand écrivain du XXem siècle. Elle ne le fera pas. La volonté d'un lobby et la pusillanimité des politiques ne l'a pas permis. On s'en fout ! Céline transcende toutes ces viles médiocrités, sa voix demeure, hurlante comme une sirène au milieu des décombres.
Aujourd'hui, pas de lignes vaines et creuses, comme elles le sont si souvent dès qu'il y va du génie. Quelques citations, des photos, et le recueillement...

 

Que demande toute la foule moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l'or et devant la merde !... Elle a le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n'eut jamais dans toutes les pires antiquités... Du coup, on la gave, elle en crève... Et plus nulle, plus insignifiante est l'idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le cœur des foules... mieux la publicité s'accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute l'idolâtrie... Ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture.
(Bagatelles pour un massacre)

 

J'ai toujours eu le mépris parfait des maquereaux pour les clients avec leurs queues toujours à la main et le madrigal aux lèvres, l'idiote espèce ! porcs sentimentaux - En parler est une bonne raison de rigoler et de bander. " Parler d'amour c'est faire l'amour prétendait Balzac". D'où peut-être toute cette littérature prêchi-prêcha du cul anglo-saxonne - (...) Rigolons cher Hindus ! " (Lettre à mon ami Milton Hindus)

 

Il n'est pas question vous le pensez bien que je rentre pour me justifier ! J'ai payé déjà bien trop cher mon espèce d'asile ici ! A peine à Paris ce serait la levée de toutes les "mères de Buchenwald" ! les hachés d'Auschwitz ! etc...pour réclamer ma mise à mort - vingt témoins pour déclarer que j'étais la maîtresse d'Hitler etc...le fait d'avoir été à Sigmaringen suffit pour 20 ans de prison ! NON ! Pas question ! " (Lettre à son avocat, Me Albert Naud)

 

Le petit succès de mon existence c'est d'avoir tout de même réussi ce tour de force qu'ils se trouvent tous d'accord, un instant, droite, gauche, centre, sacristies, loges, cellules, charniers, le Comte de Paris, Joséphine, ma tante Odile, Kroukroubezeff, l'abbé Tirelire, que je suis le plus grand ordure vivant ! De Dunkerque à Tamanrasset, d'URSS en USA..." (Nord)


Faut dire...je serais d'une Cellule, d'une Synagogue, d'une Loge, d'un Parti, d'un Bénitier, d'une Police...n'importe laquelle !...je sortirais des plis de n'importe quel "Rideau de fer"...tout s'arrangerait ! sûr ! dur ! pur ! ...d'un Cirque quelconque !...comme ça que tiennent Maurois, Mauriac, Thorez, Tartre, Claudel !...et la suite !...l'abbé Pierre...Schweitzer...Barnum !...aucune honte !...et pas d'âge ! Nobel et Grand Croix garantis ! " (Casse Pipe)

 

Et cette phrase, magnifique ! la dernière du « Voyage au bout de la nuit »

De loin, le remorqueur a sifflé; son appel a passé le pont, encore une arche, une autre, l'écluse, un autre pont, loin, plus loin...Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne et nous, tout qu'il emmenait, la Seine aussi, tout, qu'on n'en parle plus.

 


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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:04

 

« D'un Céline l'autre » chez Robert Laffont. Plus de mille pages de témoignages sur Louis-Ferdinand Céline, de son enfance à sa mort à Meudon en 1961, une véritable Bible pour les céliniens de tous poils. La personnalité de Céline, sans doute le plus grand écrivain français de tous les temps, s'y révèle géniale mais complexe et hors normes. J'y reviendrai.

Voici comment comment Robert Denoël, un éditeur de second plan, a réussi là où Gallimard hésitant, faisait lanterner Céline.

 

celine-l-autre.jpg

 

 

En 1932, Robert Denoël a 30 ans, il est Belge et installé à Paris depuis six ans où il a fondé une maison d'éditions « Denoël & Steel », ce dernier est son associé américain, il est aussi juif.

La maison s'enorgueillit du prix Renaudot de 1931, accordé à leur poulain Philippe Heriat et son roman « L'innocent ».

Le manuscrit du « Voyage au bout de la nuit » lui parvient enveloppé dans de vieux journaux et sans nom d'auteur. Dès les premières lignes l'éditeur réalise qu'il est face à un « bouleversant chef-d’œuvre », il passe la nuit à le lire, tout comme sa femme qui l'a rejoint et confirme sa première impression. Mais qui donc en est l'auteur ? Le lendemain, sur une boîte à chaussures qui a servi d'emballage et jetée à la poubelle ils retrouvent le nom et l'adresse d'une femme qui avait présenté un manuscrit à Denoël qui comptait le refuser. Par pneumatique Denoël l'invite à venir le voir, ce qu'elle fait quelques heures après. Elle commence par jurer ses grands dieux qu'elle ne connait pas l'auteur de ce manuscrit, et entretient longuement Denoël, de ses projets littéraire. Puis, au moment où ce dernier, au bout de toutes les patiences, allait renoncer, elle lui dit qu'elle se souvient de l'auteur, un médecin, son voisin, un type un peu fou et qui écrit tellement mal. Ils avaient la même femme de ménage et celle-ci avait laissé traîner chez le médecin cette boîte à chaussures à l'adresse de sa voisine. Il l'avait, sans plus utilisée pour y mettre son manuscrit et vogue la galère...

Bingo !

 

Robert-Denoel-1930.jpgRobert Denoël

 

 

Sur ces entrefaites, Steel, l'associé, est arrivé. Il est très francophile, quasi francisé, fort érudit et enthousiaste. Il y a cependant un hic: la maison d'édition a fait une mauvaise affaire récemment et n'a plus de liquidités. Alors, on fait quoi ?

Steel téléphone à sa mère, une femme riche qui vit quelque part entre New-York et Chicago. On l'imagine expliquer à sa maman qu'ils ont, Denoël et lui, déniché un immense écrivain et qu'il faut quelques dollars pour assurer sa promotion. Elle doit l'aimer, son fils, cette maman, car c'est « yes you can », et l'argent est là qui n'attend plus que l'auteur.

Céline, qui est encore le docteur Destouches, arrive le lendemain. L'homme est méfiant, Gallimard aurait bien publié son roman, mais à conditions de coupes, de révisons, de corrections etc... Et Céline, mauvais caractère, a superbement refusé. Denoël, lui, n'a pas ces réserves. Céline signe..

Et voilà comment le futur pamphlétaire de « Bagatelles pour un massacre » et « L'école des cadavres » a été lancé avec de « l'argent juif » !

Quelques heures plus tard, Gallimard informe Céline qu'il lève toutes ses objections. Mais Céline n'a qu'une parole. Le refus de Céline fut la grand erreur de Gallimard, qui se rattrapera après la guerre et l'assassinat de Robert Denoël.

Céline n'aura pas le prix Goncourt, l'histoire de ce prix manqué est relatée dans tous les détails.

Le roman, sans Goncourt mais avec le Renaudot, fut un immense succès, une révélation littéraire comme il ne s'en voit que quelques unes par millénaire

Gallimard, quelques mois après, aurait proposé à Denoël de racheter sa maison d'édition, et devant le refus du Belge, l'aurait menacé de faillite.

Steel se sépara de Denoël après la parution du pamphlet antisémite « Bagatelles pour un massacre », ce que l'on peut comprendre. Inquiété après la libération, Denoël fut assassiné. On n'a jamais retrouvé son assassin.

 

 

celine-et-arletty-a-meudon-jpg.jpg

 1958, Céline et Arletty à Meudon.

Cette dernière fut accusée d'avoir eu un amant allemand durant l'occupation.

A  son procès elle déclara: monsieur le Président, mon coeur est français, mais mon cul international !

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 09:35

gueant.jpg

 

 

 

 

Monsieur Claude Guéant est ministre de l'intérieur, chargé du culte. C'est un acteur important dans l'exécutif de notre République.

Or voilà que cet homme, qui a notre sécurité dans ses pouvoirs, se permet de déclarer: « la hausse du nombre de musulmans pose problème ».

Qu'il y ait des problèmes en France, nul ne le contestera. Mais est-ce à un ministre de diagnostiquer que ces problèmes sont liés à la religion d'un certain nombre de nos compatriotes ?

Monsieur Guéant, ministre de la République dont l'article 1 de la Constitution stipule clairement que « la République est laïque » verse, par ses propos, dans un communautarisme que, précisément, notre Constitution prohibe.

Il n'y a en France que des Français, tous laïques, tant il est vrai que nous ne reconnaissons que des citoyens vivant en tant que tels dans nos cités, indépendamment de leur religion, philosophie ou origines sociales et ethniques.

Ce disant, monsieur le Ministre contrevient au principe de laïcité qui gouverne notre État et dont il devrait être le garant.

Si ces propos avaient été tenus par le premier ministre du Royaume-Uni, pays qui ne s’embarrasse

guère de laïcité, eut été compréhensible, mais cela ne s'est jamais produit.

Monsieur Guéant a en charge notre sécurité. Que cette dernière soit menacée par de la racaille, des bandits, des escrocs, des psychopathes est une constante qu'il importe, pour chaque ministre en charge, de prendre en compte en tant que telle. Il n'y a pas de délinquance spécifiquement musulmane, il n'y a que de la racaille, avec ou sans col blanc. Point !

Reste le problème du culte musulman qui s'est développé en France à la suite du nombre croissant d'immigrés qui, à notre propre demande, sont venus s'y installer pour travailler.

Que la loi de 1905 n'ait pas pris en compte les musulmans, est normal, il n'y en avait pas ou si peu. Dès lors, il faut revoir la loi de manière à ce que ce culte soit pleinement intégré dans nos institutions, et cela ne peut se faire qu'en retoquant la copie initiale; il n'y a aucun sacrilège à le faire, la loi de 1905 n'est pas un dogme quand même, elle est comme tous les textes législatifs révisable ad nutum.

Ce que monsieur le ministre ne semble pas vouloir comprendre, ou plutôt feint de ne le vouloir.

Car, avant d'être ministre, monsieur Guéant est un aboyeur du Président Sarkozy, il dit tout haut ce que son maître pense tout bas, et si ce dernier pense, ce n'est pas pour l'émulation de sa fonction, mais la préparation de sa réélection. Et cette dernière le pousse à rejoindre les thèmes les plus extrêmes qui plaisent, croit-il, au plus grand nombre, celles de la xénophobie primaire, de l'islamophobie, du rejet et de l'exclusion..

Un ministre de l'Intérieur est garant de notre sécurité, pense-t-il vraiment la garantir de cette manière, ne trahit-il pas sa fonction ? Ne jette-t-il pas de l'huile sur le feu ?

Un ministre qui trahit sa fonction, cela s'appelle, en droit, la forfaiture !

Avec de pareils propos, l'amalgame est vite fait entre insécurité et musulmans et permet, ce faisant, au ministre de se dédouaner: l'insécurité est le fait d'une communauté religieuse, point final !

Mais monsieur Guéant, ne nous y trompons pas, n'est que ministre pour la forme. C'est un exécuteur, avec ce fond cruel, vexatoire et réducteur: le musulman est le problème.

Comme le juif l'était avant la guerre.

Monsieur Guéant a un problème avec les musulmans.

La France a un problème avec lui !

 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 14:00

Sur la palette des théories psychologiques marginales, on trouve l'énnéagramme. Soit, traduit du grec : (ennea voulant dire « neuf » et gramme « point »), neuf points.

 

 

enneagramme, psychologie, Helen Palmer, Gurdjieff,

 


Sur ces neuf points seraient concentrés la totalité des caractères psychologiques humains, ainsi que leurs différentes déclinaisons selon que le sujet est ou non en période d'anxiété.

Ce qui nous interpelle dès l'abord, c'est la découverte de cette théorie.

Elle serait d'origine soufi (secte mystique musulmane), tenue quasi secrète, découverte par Gurdjieff (un « gourou » théosophe de la fin du XIXem siècle) et amplifiée par des « psychologues » sud-américains d'origine inca.

Que voilà un étrange cheminement où se mêlent le mystique, un antique empire et la résurgence de cette théorie dont personne n'avait entendu quoi que ce soit auparavant. Bizarre...

C'est un classique que de vouloir ancrer du neuf dans du vieux, voire de l'antique, cela donne à cette théorie des origines vénérables, gage supposé de leur authenticité, sinon de leur efficience.

Se méfier, donc, de cette « histoire ».

D'après cette théorie, nous serions tous, sans exception, épinglés sur un point de l'énnéagramme. Ainsi le 1 traduit notre désir obsessionnel de perfection, le 5 celui de notre soif de savoir, Le 4 notre personnalité artistique et ainsi de suite. Épinglés, sommes-nous une fois pour toute, et pour toute la vie.

Il y a cependant des variantes. Ainsi le 1 peut être proche du 9, il sera exigeant sur le plan de la perfection, mais compassionnel (le cas d'une mère Therèsa, par exemple), le 5 peut être un savant plutôt atypique et artiste, il tend donc vers le 4 (Einstein...), ou le 6 qui le verra maniaque, sévère et intransigeant.

De plus, d'après son état psychique, un 5 en stress se montrera violent (il filera vers le 8), et, serein, respirera l'optimisme (le 7).

Tout cela est tracé par des lignes incontournables qui unissent les points les uns aux autres, d'une manière définitivement cristallisée.

Ainsi, un 9 anxieux ou non, ne se rapprochera jamais d'un 5 ou d'un 4, mais bien d'un 6 (en période de stress) ou d'un 3 quand il respire l'optimisme.

Et c'est là que le bât blesse. Cette réduction de nos états psychologiques à des points sur un cercle et qui ne communiquent entre eux que d'une façon purement réductrice.

Nous ne pensons pas que l'être humain dans ses différents affects puisse être réduit de cette façon. Notre personnalité est unique, et même si on peut la figer cela ne peut se faire que pour un moment bien déterminé de notre existence. Le devenir de notre évolution psychologique, on peut le subodorer, mais rien ne nous permet de l'affirmer une fois pour toutes !

De plus, la difficulté principale de cette théorie est précisément de placer l'individu sur un point de l'énnénagramme. Faites un essai en interrogeant les sites qui vous le proposent (gratuitement, bien sûr !), vous serez surpris d'être un 4 pour l'un, un 6 pour l'autre, ou un 9 dans un troisième.

On imagine les dégâts que peut commettre un « psychologue » vous plaçant sur un point qui n'est pas le vôtre...

Mais, dans le fond, que vaut cette théorie ?

Une psychologue américaine, Madame Helen Palmer, s'est penchée sur la question et en a produit un ouvrage fort documenté. C'est un outil, écrit madame Palmer, ce n'est pas un état.

L'ennui, c'est qu'à la suite de cette psychologue, d'autres, plus ou moins recommandables, placent leurs clients directement sur un point, et vogue la galère ! Attitude sectaire, s'il en est...

Vous êtes nerveux et irritable, vous êtes un 8, névrosé et perfectionniste, un 1, candide et altruiste, un 9, artiste et jaloux, un 4, etc...

Et donc, vous êtes comme ça, une fois pour toute. Prenez-en votre parti !

Un peu trop facile...

Revenons aux fondamentaux, voulez-vous ?

Vous êtes unique. C'est comme ça ! Personne ne vous ressemble à cent pour cent. Votre devoir, c'est de cultiver votre différence et d'en enrichir la communauté des vivants.

C'est plus difficile que de vous cantonner sur un point quelconque d'un cercle qui sans doute n'a vu le jour que dans l'esprit réducteur de psychologues de pacotille.

Et d'expliquer vos états psychologiques par une interaction positive ou non entre les liens qui unissent votre point à certains et pas aux autres..

L'héroïsme est la griffe de notre existence, les Grecs le savaient déjà.

Mais qui donc veut encore être un héros ?

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 09:13

Pour Heidegger le tournant platonicien prend forme à partir de l'interprétation de "phusis" (nature) et "alètheia" (vérité).

Heidegger analyse comme suit les méandres de cette rupture avec la logique ambivalente.
Phusis est pour notre philosophe l'éclosion et alètheia le dévoilement, et il insistera sur la connection naturelle entre la déclosion et le fait de se cacher (kruptesthai). Au coeur de tout dévoilement d'étant il y a aussi et d'une manière inséparable la présence du voilement.
Si on ne voit plus dans phusis (comme c'est le cas du platonisme) que l'ouvert et non plus l'acte d'ouverture, que l'étant présent et non pas son acte d'être en présence (c'est à dire son être), il y a, selon Heidegger, déclin de l'originalité de la pensée.

La phusis, comme ouverture du visible, donne au visible d'être visible, c'est elle qui permet à chaque étant de se dresser dans la limite de son apparence, de son "idea".
A partir de Platon l'Idea sera mise en exergue et, ce faisant, l'être en tant que tel est oublié au profit de ce à quoi il donne présence.
Platon va, ainsi, consolider la tendance du Soi à se refugier vers ce qui lui est le plus visible, dressant de ce fait une théorie de l'Idea comme source de tout étant.
Or, si l'Idea reste condition de possibilité du phénomène, il faut retenir que étant et Idea sont dans le même phénomène. Il y a un seul et unique jaillissement sans césure et cette inséparabilité est le phénomène lui-même.
Idea, c'est ce que Heidegger souligne, appartient au domaine de l'ouvert, ce domaine necéssite un acte d'ouverture que Platon ne prend plus en considération.
Loin de nier l'idéalisme, Heidegger entend rendre la hiérarchie des degrés d'être à la racine de son déploiement.
A partir d'alètheia il y a deux axes: soit l'action même de se découvrir, soit la valorisation du résultat du découvrement, du visible, de l'étant.
Platon s'en tient au deuxième axe et met fin par là à la contradiction interne de la pensée grecque entre, d'une part ce qu'ils souhaitent (victoire sur la lèthè, le retrait), et de l'autre, ce qu'ils pensent (domination d'alètheia).
C'est avec Platon que la philosophie grecque entre dans la méta-physique et dans l'occultation de cette nuit d'être en quoi tout épanouissement d'être plonge ses racines.

 

 

Allez, une petite illustration coquine après cette prose si sérieuse...

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 09:47

Messieurs Sarkozy et Mitterand ont cru bon de retirer le nom de Louis-Ferdinand Céline de la liste des Français dont on rappelle la mémoire cette année.
Cela ne nous empêchera pas de le faire à titre privé et de nous retrouver à Meudon, au cimetière, le jour anniversaire de la mort du plus grand écrivain français du siècle dernier.

 

 

* " Je me vois plutôt très Vallès, aussi avec un côté légendaire très celte, légende d'abord, pour ainsi dire Barde. Barde à la con ! Et con de barde ! La preuve ! Ah, mille fois plus communiste qu'Aragon et Thorez, communiste naturellement, d'âme si j'ose dire, va de soi. Ma devise, j'en parle même pas, tout donner, merde ! Le "Voyage" est le seul roman communiste d'âme paru, Trosky l'avait parfaitement compris, d'où je crois le très fond de haine de ce côté-là, dont j'écope." (LPM).


 

* " J'ai vu pourtant bien des naufrages...des êtres...des choses...innombrables...qui tombaient dans le grand limon...qui ne se débattaient même plus...que la misère et la crasse emportaient au noir sans férir...Mais je n'ai jamais senti d'étouffoir plus dégradant, plus écrasant, que cette abominable misère russe...cet épileptisme policier, cette hantise du bouton de porte, cette détresse, cette rage, ce gémissement de chaussure qui prend l'eau, qui prendra l'eau éternellement, amplifié cosmique..." (BM).

 

 

* " Faut dire...je serais d'une Cellule, d'une Synagogue, d'une Loge, d'un Parti, d'un Bénitier, d'une Police...n'importe laquelle !...je sortirais des plis de n'importe quel "Rideau de fer"...tout s'arrangerait ! sûr ! dur ! pur ! ...d'un Cirque quelconque !...comme ça que tiennent Maurois, Mauriac, Thorez, Tartre, Claudel !...et la suite !...l'abbé Pierre...Schweitzer...Barnum !...aucune honte !...et pas d'âge ! Nobel et Grand Croix garantis ! " (CA).

 

 

 

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 09:20

 

connoisseur-by-norman-rockwell.jpg

 

"Connoisseur" par Norman Rockwell

 

 

Ce n’est pas toujours facile d’aborder le terrain du « sacré » et encore moins celui du texte sacré.
D’autant plus que la tendance actuelle chez certains secateurs religieux, est de s’en tenir au « Livre Saint » sans aucune référence extérieure et en niant la valeur de l’exégèse. On est loin des kabbalistes qui passaient leur vie à décortiquer la moindre lettre de la Torah, loin des exégètes shî’ites qui traquent le sens ésotérique du Coran.
Aujourd’hui, c’est plutôt le télé-évangéliste qui vous assène à la manière d’un coup de massue que : « La Bible a réponse à tout !»
Alors, c’est quoi un « texte sacré » ?
C’est d’abord un texte, c’est-à-dire la retranscription par la main de l’homme, d’une parole.
Un texte est composé de mots. Ces mots sont écrits par des mortels qui, par définition, ne sont pas parfaits. Comment peuvent-ils, sans plus, retranscrire une parole considérée comme divine, c’est-à-dire parfaite ?
Cela signifie que les mots d’un texte, même sacré, doivent être approfondis.
Et que cet approfondissement du mot ne peut aboutir qu’au bout d’une révélation personnelle.
Cette révélation, ce n’est pas un éclair fulgurant qui, tout d’une coup et par la magie de je ne sais quel sortilège, illumine le mot. C’est, au contraire, un long mûrissement opéré au terme d’une étude et d’une coexistence avec le mot. Et en fin de terme, le mot peut se muer en parole. Cette parole qui est l’expression du mot.
Ce processus peut se faire tout seul, il peut aussi se faire avec l’aide de maîtres, d’exégètes qui font « souffler l’esprit ».
Car tout notre propos est là : qu’importe le mot, c’est l’esprit qui compte !
Il faut souvent plus d’une vie pour pénétrer le mot et en extraire la sublime quintessence. Parfois, le mot reste désespérement stérile.
La tentation est grande alors de prendre le mot « à la lettre ». C’est ce que font les fondamentalistes. Tous les fondamentalistes.
Ce sont eux qui font d’une croyance un code social, politique, moral et rien d’autre…
Quel dommage, quelle erreur !
L’essence d’un mot, c’est l’étude qui peut la trouver, mais aussi la méditation, la remise en cause, jour après jour, de ce que l’on croyait acquis une fois pour toute.
Belle leçon d’humilité.
Plaignons tous ceux qui, aveuglés par le texte, ignorent l’esprit qui l’anime, ils sont semblables à un figuier stérile.
Et méditons sur la grâce qu’apporte la Parole à travers le mot.

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 09:29

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"L'intérieur du harem" de Leon-Auguste-Adolphe Belly

 

 

 

La polygamie est un fait sociétal universel. Les hommes meurent à la guerre, les femmes en couche, mais,  au bout du compte, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. S’ajoute l’exacerbation de l’instinct de procréation qui veut qu’un nombre élevé de mâles soit image de puissance masculine, la fille n’étant qu’un pis aller.
Les religions païennes et monothéïstes ont toutes légiféré sur la vie sexuelle et conjugale de leurs zélateurs. Nous ne trouvons des formes de polyandrie que dans certaines tribus africaines ou océaniennes régies par un système matriarcal où le lien entre la sexualité et la procréation n’est pas établi.
La polygamie est la règle, la monogamie l’exception.
La polygamie garantit pour chaque femme une potentialité de fécondité. Souvent elle conforte, par l’endogamie, la perennité et l’originalité du corpus social.
La monogamie est le fait des moins favorisés quant au célibat il est proscrit quand il n’est pas une sanction sociale.
Sur le plan sexuel, la polygamie accorde au mâle une excitation de la libido que la monogamie, vu les grossesses sucessives, les allaitements et la fatigue corporelle de la mère mettaient en sourdine.
Les religions légiférèrent donc à qui mieux-mieux. Interdiction de l’adultère (en fait, la confirmation du mâle dominant), répudiation de la femme stérile, statut du gynécée et des courtisanes.
La Bible nous apprend ainsi que Roboam eut 18 femmes et 60 concubines, Abia, Roi,de Juda 14 seulement. Dans le Lévitique nous lisons : n’introduis pas dans le harem la femme de ton fils. Ailleurs, le Deutéronome, prudemment conseille au roi de ne pas multiplier le nombre de ses femmes (le mieux nuit au bien !). Et le Qohelet nous vante les délices des hommes : les servantes ! (du harem). (Qo.2. 8)
La femme, repos du guerrier, délice en temps de paix, servante et courtisane.
Pas étonnant, dès lors, que la monogamie quasi névrotique des chrétiens, leur attitude suspicieuse et hostile face à la sexualité, ait amusé d’abord, choqué et scandalisé ensuite les juifs et les païens.
Qu’en est-il aujourd’hui ? 
Ne pas se leurrer. La polygamie existe toujours, elle revêt, en Occident,  des formes plus discrètes. La maîtresse de l’homme marié, la coutisane de passage rencontrée dans les endroits ad hoc. La pratique d’une sexualité soi-disant libérée qui se manifeste à travers des moeurs débridées qu’on ne peut que condamner.
L’islam est très très clair sur tous ces sujets.
La règle est la monogamie. L’exception la polygamie. Cette dernière est permise dans les limites suivantes : « Si vous craignez d’être injustes pour les orphelins, épousez des femmes qui vous plaisent. Ayez-en deux, trois, quatre, mais si vous craignez d’être injustes, une seule ou bien des esclaves. »  (Cor.4,3). Avoir jusqu’à quatre femmes est permis pour autant que l’on ne soit pas injuste.
Envers les orphelins : les enfants que ces femmes ont pu avoir de père décédé, il faut les traiter comme ses propres enfants.
Envers les femmes non plus: chaque épouse, en traitement et entretien, est égale aux autres. Elle doit avoir sa propre habitation et le mari ne peut vivre plus chez l’une que chez l’autre. En outre, il est obligé d’honorer (d’avoir des relations sexuelles) avec chaque femme, il ne peut, sur ce plan, n’en négliger aucune. Mieux : il doit donner du plaisir à chacune de ses femmes. Exit l’égoïsme sexuel. Nous sommes loin de la prescription biblique : tes désirs (femme !) se porteront vers ton mari (Gn.3.16)
Houlà ! Ce n’est pas une sinécure. D’autant que la femme négligée peut demander le divorce en sa faveur. Il vaut donc mieux réfléchir à deux fois avant de s’engager dans l’aventure polygamique. Les biens et les droits des orphelins sont strictement inventoriés et protégés.
L’islam en faisant de la polygamie un remède démographique et une protection des orphelins tempère le machisme inhérent à cette pratique et encadre (sans plus) le désir mâle de pluralité de partenaire.
Le christianisme paulien, faisant fi de la prescription de l’Ecclésiaste – jouis de la vie avec la femme que tu aimes  (Qo.9.9) -  fait du mariage un remède à la concupiscence : il vaut mieux se marier que de brûler (1Co. 7.1.8). Conception qui reste encore (chez les catholiques et les orthodoxes) d’une actualité pusillanime mais actuelle.
L’épanouissement sexuel – en dehors ou dans sa forme procréationnelle – est un droit pour chaque homme et chaque femme. L’institution religieuse devrait, sur ce chapitre, se montrer aussi discrète que possible. La religion ne peut pas tout encadrer. Devant une relation aussi intime que la sexuelle, seul le Créateur, mieux que personne, sait ce que fait et veut Sa créature

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