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Texte Libre

Gilles Deleuze

"Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase: on va discuter un peu."
(Qu'est-ce que la philosophie ?)

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 22:34

 

moi.jpg

 

La Vérité et moi  (je suis à gauche)

 

 

 

 

 

« Tout passe, rien ne reste ».

Et il en ira de même pour mes vœux (de bonheur, santé, prospérité...).

Par essence, les choses, les gens, les sentiments sont évanescents.

Alors, en ce début d'année, je voudrais, à la suite d'Héraclite, vous souhaiter d'être lucide, et de le rester...

Être lucide, c'est voir les choses en face, sans fard, sans préjugés, sans honte et sans regrets. En somme, être conscient; la conscience étant le contraire de la léthargie, nous voilà en accord avec cet admirable mot grec:alètheia (hors de la léthargie) qui signifie « vérité ».

Le mot est dit: vérité. Non pas notre vérité à nous, celle qui nous conforte dans nos petites certitudes, nous fait voir la vie en rose, et nous donne cet air béat et satisfait dont certains font leurs choux gras.

Non ! La vérité avec un grand « v », celle qui réveille la nuit, hante nos jours, se dérobe quand on l'approche, et pareille à une jolie femme, ne se révèle qu'au bout d'interminables joutes amoureuses (toutes les mêmes !).

Et pourtant, nous ne nous lasserons jamais de la chercher, fut-ce au prix cher, à commencer par notre train-train quotidien...

Et nous devrons, vous devrez mes bons amis, la chercher seul ! Fuyez les mages numérologues, les diseuses de bonne aventure, les charlatans cupides, les sectaires ignares et ces cinglées qui se croient à nulles autres pareilles...

C'est tout seul que vous gravirez ces monts escarpés où chaque tour et détour n'est que piège et déception, et si vous parvenez au but, tout là haut, eh bien, vous ne descendrez pas, vous y resterez !

Pourquoi retourner patauger dans la boue noire des préjugés stupides, des croyances débiles et retrouver des rigolos qui se foutent pas mal de ce que vous leur rapporterez, et de toutes manières, ne vous croiront pas ?

Vous ne serez pas entendu, et bienheureux s'ils ne vous crucifient, ces psychopathes !

Et pourtant vous descendrez, parce que celui qui a la vérité est un héros (et même parfois une héroïne) et que la mort n'a plus de prise sur lui

Passez cette année qui vient avec cette douce détermination d'en finir avec les illusions.
Regardez-vous dans la glace, et puis baste ! Soyez-vous-mêmes, écoutez-vous, je suis sûr que vous vous dites des choses très intéressantes. Si vous le pouvez, cessez de parler à tort et à travers (chères amies...), mieux même: devenez silencieux. Les musulmans disent que les prophètes silencieux se font massacrer après les autres. C'est déjà ça !

Sachez vous juger, c'est très difficile, personnellement nous n'y sommes jamais arrivé, mais ce n'est pas une raison pour que vous vous débiniez.

Et, une fois jugé, ne soyez pas indulgent. Ni envers vous, et encore moins envers les autres !

Posez vous-même la tête sur le billot et attendez la suite.

L'ennui, c'est que vous ne nous la raconterez pas.

Dommage...

Allez, bonne année quand même !

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 15:25

 

de Romilly

Madame de Romilly, de l'Académie Française

 

 

 

Une grande dame s'en est allée aux Champs Elysées où l'attendait une foule d'illustres personnages d'antan et de maintenant. Sans elle, nous voilà plus pauvres...

Elle s'est battue pour une cause bien noble, tellement, qu'il ne faudrait même pas se battre pour elle; le grec ancien ! Mais voilà, les temps étant ce qu'ils sont, et la paresse des hommes ce qu'elle a toujours été, à l'école on préfère l'ordinateur à Sophocle, la reproduction des lapins au datif instrumental, l'anglais d'aéroport au vocabulaire de Thucydide ou Xénophon !

Et puis, à quoi sert le grec ? Et tant qu'à faire, le latin ?

D'abord à pratiquer une bonne gymnastique du cerveau, ensuite à retrouver les racines de votre langue, la française, mais aussi l'anglaise ou l'allemande, et puis connaître les auteurs grecs, les premiers à avoir écrit sur l'homme en tant que citoyen, et non pas créature de divinité jalouses et tyranniques.

Et puis, vous parlez grec sans le savoir.

Catastrophe, thermos , sceptique (de « skopeoo », j'observe), phénomène, fantasme, géographie, germination, genèse, hyper, hypo, etc...

C'est fou ce que vous parlez grec, comme ce monsieur Jourdain qui faisait de la prose et ne le savait pas...

A la faculté de médecine de Montpellier à été inaugurée une initiation au grec pour les étudiants en médecine (les futurs thérapeutes qui nous préserveront des maladies, celles nosocomiales, entre autres), afin qu'il sachent d'où viennent et ce que signifient réellement les termes ou les prépositions grecques de la médecine: dialyse, diarrhée, logorrhée, cathéter, utricule prostatique, prurit..bref, tout un catéchisme pour lequel il ne faut pas forcément être stratège pour le maîtriser. Le néophyte y a aussi sa place.

Seulement voilà, nous nous complaisons dans une culture de la technique, surtout celle de notre confort, et nous l'adulons à un point tel que nous lui sacrifions non pas le superflu, mais l'essentiel.

Nous ne connaissons plus le plaisir de l'étude pour l'étude, ou son exégèse, mais voulons que cette dernière soit profitable directement.

La bonne propédeutique mène à l'utile !

Mais foin de prolégomènes ! aux oubliettes le grec ! Vive cet anglais, que l'on apprend en vitesse, pas celui de Shakespeare, l'autre, cet espèce de pidgin que l'on baragouine dans les gares et aéroports.. facile, pas cher et ne menant pas loin !

Il s'est trouvé Madame de Romilly pour dénoncer ce naufrage, faut-il vraiment ne pas espérer pour entreprendre, ni réussir pour persévérer ?

Non, par Zeus !Tout reste encore à faire, et, à la suite de cette grande dame, dénoncer le diktat de ce qui est utile, et lui préférer la beauté, qui, toujours, est acolyte de la vérité.

 

 

Latinam loqui

Graecamque

Tu quoque ?

 

Les mots en italiques dérivent du grec classique

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 09:05

 

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 "La conscience"  par Pierre Mougeaux

 

 

Hier, ce bon Monsieur Duquesne sur France 2 nous a présenté une émission édifiante.

Jugez donc. Voilà un type qui opère avec des instruments invisibles, et jette les déchets opératoires, invisibles eux aussi, dans des poubelles qui, à l'arrivée, sont tout aussi immaculées qu'au départ.
C'est un chirurgien « biomagnétisseur » !

La patiente, une octogénaire qui soufre de problèmes inhérents à son âge et à sa constitution, est ravie ! Elle n'a pas recouvré un poil de souplesse, mais quelqu'un s'occupe d'elle, c'est toujours ça et cela fait plaisir !

Le gourou parisien de cette fumisterie, qui forme à 2.500 euros la semaine, des gogos prêts à perdre leur fric, a déjà été condamné pour exercice illégal de la pharmacie et escroquerie. Qu'à cela ne tienne, il se trouve toujours des naïfs pour lui apporter leurs économies et raconter des salades à leurs patients.

Vous allez me dire que cela a toujours existé: les rebouteux, les diseurs de bonne aventure, les mages, les exorcistes, les..., donc que la vie continue avec son lot habituel de conneries ésotériques.

Après les biomagnétisseurs invisibles, qui « soignent » des scolioses par des tours de passe-passe, viennent les « maîtres » du Feng Shui, ce monument chinois de la superstition la plus crasseuse.

Au moins ce dernier n'est nocif que pour le portefeuille, car les honoraires de ces « maîtres » auto-proclamés sont tout sauf évanescents. Leur discours sur la circulation de l'énergie, que rien de scientifique ne soutient, font illusion auprès de gogos toujours disposés à leur ouvrir grand leur portefeuille.

Suivent les ravages opérés par ces églises peudo-chrétiennes, dites « évangéliques », animées par d'étranges pasteurs auto-proclamés eux aussi, et qui se piquent de soigner tout et n'importe quoi à coup d'alléluia !

Comme en est arrivé là ?

Ou, mieux dit: pourquoi n'évolue-t-on pas ? Nous sommes, paraît-il, des gens de plus en plus instruits (?), mieux éduqués qu'il y a un siècle, plus au faîte des progrès de la sciences que nos parents, mieux informés grâce aux médias, à l'internet, à la télévision... Alors pourquoi ?

Tout simplement parce qu'en nous sommeille toujours la petite fille ou le petit garçon qui crie « maman » quand on la (le) touche...

Parce que nous avons peur de ce qui nous dépasse, de ce qui reste encore inconnu, voire mystérieux et dont la part de mystère nous est de plus en plus insupportable.

Il est insupportable de savoir que nous allons mourir et, sans doute aucun, pourrir en terre en attendant une hypothétique résurrection. Insupportable de savoir que nous souffrons d'une maladie qui échappe aux connaissance des médecins, des vrais..

Insupportable de ne pas toujours se sentir à l'aise, sûr de soi, d'accepter que le bonheur n'est pas un droit, pas plus que le malheur...

Alors on se précipite chez celui qui en « sait plus » que le médecin ordinaire, celui qui pénètre des sphères ignorées ou snobées par la médecine des hôpitaux, et comme on ne demande qu'à croire, on sera servi !

Vous ne vous trouvez pas très bien dans votre maison, vous y dormez mal; c'est sans doute, comme le dit cette « maîtresse Feng Shui », que la plante dans le salon émet de mauvaises ondes, déplacez-là et cela ira mieux. Et, dans la foulée, et pour justifier ses honoraires, la « maîtresse » vous conseillera de vous habiller en bleu ou en rouge, parce que les ondes émises par ces couleurs s'accorderont bien avec votre Chi...

Comme on ne demande qu'à croire...

Le vague à l'âme nous submerge, on se demande pourquoi notre amoureux nous a plaqué, nous, cette « femme à nulle autre pareille », alors on s'en va trouver ce psy hors du commun qui a fait tellement de bien à notre copine Chantal et qui, sur base d'analyses psychogénétiques, nous expliquera que tout cela est la faute de notre mère !

Un chose est certaine: toutes ces élucubrations occupent pas mal de gens, ceux qui les vendent et ceux qui les consomment...

Et cela ne s'arrangera pas, car ces naïfs ne font pas d'ombre à ceux qui, ouvertement, sans se cacher, mènent la société au rythme qui convient à leurs intérêts propres.

Alors, tant qu'à faire, les élucubrations de ces gogos leur laisse le champ libre, et ils laisseront faire.

L'esprit critique, le devoir d'impertinence ne sont pas donnés à tout le monde.

La preuve, hier encore, et en couleur...

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 19:13

 

 

 

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Anne-Marie Schwarzenbach (fumant) avec Erika Mann

 

 

 

 

Le quinze novembre 1942 disparaissait Anne-Marie Schwarzenbach, la "Divine Suissesse".
Ange égaré sur terre, écartelée dans un monde en furie, cette fille de "grands bourgeois" de Zurich, aux sympathies nazies, tomba dans l'oubli et ne revint dans nos mémoires que fort récemment.

Ecrivaine, photographe, grande voyageuse, militante anti-fasciste, héroïnomane et homosexuelle, elle laisse l'empreinte d'un destin tragique, quasiment grec dans sa déclinaison.
Tous ceux qui l'ont connue n'ont jamais oublié sa troublante silhouette androgyne, son "beau visage d'ange inconsolable" (Martin du Gard) et sa beauté intemporelle.
Ils en furent tous, consciemment ou non, amoureux...
Les autres aussi...

 

 

"Tous les chemins que j'ai suivis, tous les chemins dont je me suis détournée, ont abouti ici, dans cette "Vallée heureuse" d'où il n'y a plus d'issue, et qui, pour cette raison, doit être déjà semblable à un lieu de mort" (juillet 1935)

 

anne-marie-S4.jpg

 

 

  "Une fois qu'on est en route, on oublie toute envie de savoir, on ne connait ni adieu ni regret, on ne se souvient ni du point de départ, ni de la destination."

 

 

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Autre complice, autre amante: la romancière américaine, Carson Mc Cullers 

Anne-Marie aurait souscrit à ce papier que, dans la foulée de mes deux articles consacrés aux sectes, je consacre à la position de Max Planck sur la liberté et le déterminisme. Et, in fine, le papier sur les sectes "Voyage au bout des sectes" a été enrichi de liens critiques sur les mouvements sectaires, voyez:
 
Max Planck, créateur de la théorie des quanta, a élaboré un argument intéressant montrant que même si nos choix étaient scientifiquement prévisibles, ils ne sauraient l’être pour l’agent lui-même; ce fait étant suffisant pour garantir la notion de choix.
Supposons qu’un individu disposant d’une information complète tant sur lui-même que sur le monde et connaissant les lois du psychisme, prédise son choix dans une circonstance donnée. Cette prédiction modifie l’état cognitif de la personne (elle sait à présent une chose de plus qu’avant). Supposons ensuite qu’elle passe à l’acte. Cet acte correspondra à ce qui était prévu ou n’y corespondra pas. S’il n’y correspond pas, cela signifie que l’agent a la capacité d’agir contrairement à ce qu’il avait prévu de façon certaine, et cela ruine la posibilité de principe de prévoir ses propres actes.
Or cette conclusion vaut  également dans le cas où l’acte est bien conforme à la prévision. En effet, cette conformité n’est qu’apparente car, entre la prévision et le passage à l’acte, l’état mental du sujet s’est modifié : l’agent connaît le choix prévu. Dès lors, s’il accomplit l’acte prévu, c’est parce qu’il a décidé de l’accomplir tel que prévu. Or cette décision n’était pas prévue.

Et ce raisonnement peut être réitéré au cas où l’on soutiendrait que l’agent aurait également pu prévoir sa décision de s’en tenir à sa première prévision. On aurait alors une nouvelle prévision, s’ajoutant à l’état cognitif de l’agent. Mais là encore, s’il s’en tient à cette seconde prévision, ce sera en vertu d’une décision, non prévue de s’en tenir à la prévision, et ainsi de suite. Autrement dit, la connaissance ne parvient pas à rattraper la volonté, qui garde toujours un pas d’avance, et cela suffit pour assurer un sens à la notion de choix.
 
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 Max Planck
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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 08:45

Je n'aime pas ce type, son cynisme, son regard désabusé, ses manières de zombie et ses déclarations ubuesques.

Etr je me demandais quoi écrire pour exprimer ce dégoût qui me prend dès que je feuillette un de ses livres.

C'est l'article de Hicham Hanza, publié sur Oumma.com, qui reflète le mieux ma pensée.

Voilà pourquoi je boycotte Michel Houellebecq auquel, du reste, je ne reconnais qu'un petit talent, bien représentatif de notre époque où la facilité du paraître et d'éblouir est le critère le plus impératif pour tenir le haut de la scène.

 

 

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Prix Goncourt: Michel Houellebecq ou le triomphe de la corruption

Consacré. Lundi, sans surprise, l’écrivain Michel Houellebecq a obtenu le prix Goncourt pour son dernier roman, «La Carte et le Territoire». L’occasion pour Oumma de se joindre à la célébration unanime de l’auteur en rappelant ici sa «haine de l’islam» ou ses anciens propos relatifs aux jurés de l’Académie Goncourt, ces notables que l’on doit «acheter».

«Je ne participe jamais à ce qui m’entoure, je ne suis nulle part à ma place». Cette citation du grand écrivain américain Howard Phillips Lovecraft semble, à première vue, convenir à celui qui lui consacra une biographie: Michel Houellebecq. Les deux hommes partagent le même regard, cynique et désabusé, sur leur époque et tous deux ont longtemps été en marge des canons littéraires. A une différence près: pour Michel Houellebecq, cette posture est une imposture. Loin de rejeter son époque, le romancier français en adopte au contraire les pires travers. A l’inverse du fabuleux Lovecraft, Houellebecq est dans l’air du temps. Mieux encore, cet admirateur déclaré de Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Pernaut, également coauteur d’une correspondance avec Bernard-Henri Lévy, devance la tendance.

1er Septembre 2001: alors que certains s’apprêtent, dans dix jours à peine, à lancer avec brio le concept du choc des civilisations, le magazine Lire publie une longue interview de Michel Houellebecq à l’occasion de la sortie de son roman intitulé «Plateforme», ou l’histoire d’une romance anéantie dans un attentat islamiste. Extraits non tronqués:
- Pour l’Islam, ce n’est plus du mépris que vous exprimez, mais de la haine?
- M.H. Oui, oui, on peut parler de haine.

- Est-ce lié au fait que votre mère s’est convertie à l’islam?
- M.H. Pas tant que ça, parce que je ne l’ai jamais prise au sérieux. C’était le dernier moyen qu’elle avait trouvé pour emmerder le monde après une série d’expériences tout aussi ridicules. Non, j’ai eu une espèce de révélation négative dans le Sinaï, là où Moïse a reçu les Dix Commandements... subitement j’ai éprouvé un rejet total pour les monothéismes. Dans ce paysage très minéral, très inspirant, je me suis dit que le fait de croire à un seul Dieu était le fait d’un crétin, je ne trouvais pas d’autre mot. Et la religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré! La Bible, au moins, c’est très beau, parce que les juifs ont un sacré talent littéraire... ce qui peut excuser beaucoup de choses. Du coup, j’ai une sympathie résiduelle pour le catholicisme, à cause de son aspect polythéiste. Et puis il y a toutes ces églises, ces vitraux, ces peintures, ces sculptures...

- Votre personnage principal en arrive à prononcer cette phrase: «Chaque fois que j’apprenais qu’un terroriste palestinien, ou un enfant palestinien ou une femme enceinte palestinienne, avait été abattu par balles dans la bande de Gaza, j’éprouvais un tressaillement d’enthousiasme...»
- M.H. La vengeance est un sentiment que je n’ai jamais eu l’occasion d’éprouver. Mais dans la situation où il se trouve, il est normal que Michel ait envie qu’on tue le plus de musulmans possible... Oui... oui, ça existe, la vengeance. L’islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition. Heureusement, il est condamné. D’une part, parce que Dieu n’existe pas, et que même si on est con, on finit par s’en rendre compte. A long terme, la vérité triomphe. D’autre part, l’Islam est miné de l’intérieur par le capitalisme. Tout ce qu’on peut souhaiter, c’est qu’il triomphe rapidement. Le matérialisme est un moindre mal. Ses valeurs sont méprisables, mais quand même moins destructrices, moins cruelles que celles de l’islam.

Quant aux propos qu’il fait tenir au narrateur de «Plateforme», ils sont du même tonneau: «L’islam ne pouvait naître que dans un désert stupide, au milieu de bédouins crasseux qui n’avaient rien d’autre à faire – pardonnez-moi – que d’enculer leurs chameaux(…). Le soir tombait : quelques moutons terminaient leur journée. Eux aussi étaient stupides, peut-être encore plus que le frère d’Aïcha ; mais aucune réaction violente n’était programmée dans leurs gènes.»

Poursuivi en justice par des associations musulmanes pour injure raciale et incitation à la haine religieuse, Michel Houellebecq sera finalement relaxé. Invités le 8 septembre 2001 dans l’émission «Tout le monde en parle» de Thierry Ardisson, l’actrice Lubna Azabal et le comédien Daniel Prévost, tous deux d’origine arabe ou berbère, ont réagi avec indignation aux propos du romancier.


Un an plus tôt, c’est encore chez Thierry Ardisson qu’un aveu inattendu de la part d’un invité se produit. Interrogé sur un prix Goncourt manqué de peu, Michel Houellebecq révèle tout haut ce qui apparaît alors comme un secret de polichinelle: il ne pouvait pas obtenir le prestigieux prix car sa maison d’édition, Flammarion, n’avait «pas de ligne budgétaire pour acheter les jurés». Dix ans plus tard, l’auteur est revenu dans le même groupe éditorial. Sa consécration, ce lundi 8 novembre, serait donc le signe d’une corruption enfin réalisable et brillamment parachevée, du moins si l’on en croit ses propos antérieurs. Cette fois-ci, Michel Houellebecq, qui s’estime aujourd’hui «profondément heureux», a bel et bien mérité son prix.

Dans la figure du paria qu’il a choisi d’incarner, son collègue, rival, et ancien voisin d’immeuble, Marc-Edouard Nabe, peut aujourd’hui se remémorer la phrase prononcée jadis par le nouveau lauréat et rapportée dans son roman, «Le Vingt-Septième livre», paru en 2009: «Si tu veux avoir des lecteurs, mets-toi à leur niveau! Fais de toi un personnage aussi plat, flou, médiocre, moche et honteux que lui. C’est le secret, Marc-Édouard. Toi, tu veux trop soulever le lecteur de terre, l’emporter dans les cieux de ton fol amour de la vie et des hommes!... Ça le complexe, ça l’hu­milie, et donc il te néglige, il te rejette, puis il finit par te mépriser et te haïr»... Michel avait raison. Un best-seller a toujours raison.

Chantre de la médiocrité, faux lunaire et clown triste de l’islamophobie, Michel Houellebecq est désormais consacré par le système qu’il prétend abhorrer. Le couronnement d’une stratégie bien rôdée, basée sur le talent d’un communicant drapé en dépressif perpétuel. «Mabrouk!», aurait pu s’exclamer sa mère pied-noir, ancienne militante au Parti communiste algérien et nullement convertie à l’islam, s’ils n’avaient pas rompu tout contact pour un motif ô combien révélateur. Comme elle l’a raconté au journaliste Denis Demonpion, auteur d’une biographie non autorisée sur Houellebecq, son fils lui a fait une terrible scène, en 1991 dans un McDo, quand il a appris qu’elle souhaitait se faire enterrer à Alger. Michel Houellebecq aurait alors tenu des propos violemment racistes pour tenter de la dissuader. Quand il s’agit de dévoiler les secrets les plus noirs de leur progéniture, les mères rejetées sont impitoyables.

Hicham Hanza

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 09:29

 

 

 

 

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 "Squally you !" acrylique sur toile de Dim's

 

 

 

M’inspire aujourd’hui l’histoire de ce pauvre type qui souffre de la maladie de Parkinson, se soigne et devient, à cause des médicaments qu’il consomme, accroc aux jeux. C’est du moins ce qu’il prétend et que corrobore une étude canadienne en la matière.

Il n’avait jamais joué et voilà qu’il dilapide en quelques mois plus de cent-soixante mille euros. Comme quoi, la chimie a de ces dégâts collatéraux…

Si le Tribunal appréciera les accusations du plaignant, on peut frémir quand on sait à quoi tient notre intellect et notre volonté.

J’en ai connu qui, bouffeurs de curés, sont morts en odeur de sainteté et réconfortés par la bénédiction « in articulo mortis ». Chimie ou peur de la mort ?

Je revois Aragon, chantre des yeux d’Elsa, qui termine sa vie entouré de gitons…

Il faut peu de choses pour changer l’alchimie subtile qui gouverne nos désirs, nos pulsions, notre manière de voir, d’entendre, de réagir. Survient un facteur étranger, une molécule et hop ! on dévie d’une ligne que l’on croyait immuable, coulée en force de chose jugée, une fois pour toute, à l’aune d’une intelligence soi-disant maîtrisée.

La liberté peut être définie comme l’état d’un être qui ne subit pas de contrainte et agit conformément à sa volonté, à sa nature.

Mais, nous dicte le positivisme, en physique, quand un corps tombe, il manifeste sa liberté en cheminant, selon sa nature, vers le centre de la Terre avec un vitesse proportionnelle au temps. Dans l’ordre vital, chaque fonction végétale ou animale est déclarée libre si elle s’accomplit conformément aux lois correspondantes, sans empêchement intérieur ou extérieur.

Dangereux, ce qui précèce ! Car si la liberté de la pomme qui tombe de l’arbre est de se diriger vers le centre de la terre, la liberté du malade sous molécules est de réagir conformément aux interactions que déclenchent ces molécules dans son organisme. Dans l’exemple ci-dessus, le plaignant a tort de se plaindre. Il est devenu accroc aux jeux puiqu’il a réagi conformément à la procédure induite par la prise des médicaments ad hoc.

Encore aurait-il fallu qu’il connaisse les effets pervers de ces derniers. Là gît tout le problème. Dans l’affirmative, il aurait été libre de les risquer ou de ne pas prendre la médication prescrite.

Tant il est vrai que la liberté, comme Spinoza la décrivait, est l’état de l’être humain qui réalise dans ses actes sa vraie nature, considérée comme essentiellement caractérisée par la raison et la moralité.

Oui mais, la raison comment la définir ?

Et la morale ?

Il reste du pain sur la planche.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 17:57

 

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Obama: où reste l'espoir ?

 

Obama n'a pas vraiment perdu, même s'il n'a pas gagné. Il conserve la majorité au Sénat, ce qui est le plus important. Mais il n'y a pas de quoi pavoiser.

Nous l'écrivions lors de sa victoire de 2008: la campagne d'Obama a coûté si cher, qu'il lui a bien fallu renvoyer l'ascenseur à ses mécènes. D'où le généreux plan de sauvetage des banques et l'absence de mesures drastiques limitant leurs activités, l'approche timide d'un retrait de l'Afghanistan, le  "maquillage" de la défaite en Irak, et, last but not least, la gestion tellement discrète du conflit du Moyen-Orient.

Il a imposé un système de santé à tous ses concitoyens, ce faisant de sérieux ennemis dans le monde de l'assurance. Seulement voilà, ceux-là même à qui devrait profiter cette juste mesure, et qui, pour nous Européens va de soi, ne la comprennent pas, voire la combattent. L'éducation est aussi un droit que le peuple devrait saisir...

Quant aux effets secondaires de la crise, les juguler revient à mener un travail de Titan face aux monstrueux lobbies qui dictent leurs revendications dans les couloirs de Washington.

Il n'est donc pas surprenant que l'économie états-unienne reste telle qu'elle était et dans la perspective de rester inchangée à l'avenir.

Pour comprendre la politique états-unienne, il nous faut saisir la mentalité de ses habitants et réaliser, une fois pour toute, qu'un Etats-Unien n'est pas un Européen qui a traversé l'Atlantique. Un monde nous sépare de ce peuple si différent de ceux de notre vieux continent. Les Etats-Uniens sont épris de liberté dans le sens le plus large du terme, droit que matérialise celui de posséder librement l'arme qui en est le symbole. Nous ne pouvons pas le comprendre, nous, en Europe.

Pour les Etats-Uniens, la liberté est conçue de manière individuelle, l'Etat, c'est-à-dire la collectivité, est comprise comme un frein à l'exercice individuel de son exercice. L'Etat doit, dans cette optique, gérer la sécurité des habitants, les relations avec les autres nations et ne pas se mêler de ce que les citoyens font entre eux: leurs relations commerciales, financières, familiales etc...

Cette vision ultra individualiste est tempérée par une morale citoyenne dont nous ferions bien de prendre de la graine. Aux Etats-Unis, pas question de se vanter d'avoir floué le fisc, pas de silences entendus sur la vie privée, parfois chahutée, des politiciens ou des responsables de sociétés multinationales. Une affaire « Woerth-Bettancourt », telle que nous en vivons les épisodes en France, serait inimaginable là-bas. Le ministre aurait démissionné depuis longtemps, et la dame en question serait sous les feux aveuglants de la justice et de la presse.

Les Etats-Uniens ne sont pas impérialistes par vocation, mais par nécessité (ce qui n'est pas une excuse en soi...). Le peuple, si on l'écoutait, retirerait toutes ses troupes de partout où elles se trouvent. Pour la raison toute simple que cette armada expatriée coûte trop cher au contribuable. Nous sommes face à un peuple pragmatique, pour qui la vérité doit être en adéquation avec ce qui est utile. Un peuple qui s'en tient aux faits bruts et se méfie des théories intellectuelles que n'étayent point des résultats pratiques. C'est du bon sens à l'état pur.

Mais aussi un peuple sans conscience politique, ni de classe (tout le monde veut devenir riche, et tant qu'à faire, rester jeune et beau), un peuple dans son immense majorité inculte, assommé par d'incessantes campagnes publicitaires, l'absence de journaux critiques et pour qui la politique se résume à l'organisation de la collecte des détritus.

Les Etats-Unis, c'est George Bush, c'est aussi Obama qui, venu de rien, et même moins que rien... Vous imaginez, en France, un métis, au nom imprononçable, flanqué de prénoms musulmans devenir Président de la République ? Là, c'est possible, sachons le reconnaître.

Les Etats-Unis c'est Mickey, Disneyland, Hollywood, « Desperate Housewives », les télévangélistes et leurs églises à fric. C'est aussi une pléiade d'intellectuels pointus, d'université (privées) uniques au monde. C'est le diable et le bon dieu...

Vous l'aurez remarqué, ce papier n'est pas d'un anti-américanisme primaire.

Qu'ils vivent leur vie.

Vivons la nôtre, nous, Européens...

But that's another story !

 

 

 

Et en plus, ils ont de la bonne musique. Ecoutez cette star de la "country", Lucinda Williams, chanter son coin natal, Lake Charles...

 

 

 

 

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 10:20

 

 

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Les grèves s'essouflent, la contestation envahit moins les rues, les étudiants vont, sans doute, regagner leurs universités et lycées, et les ouvriers leurs usines. Les choses reprendront ce cours dit "normal" quand il conforte l'ordre bourgeois.

Et alors ?

Ben, rien... c'était prévu que ça se terminerait comme ça...

Une bonne gueulante, quelques perturbations, et puis pchiiit... la baudruche se dégonfle.

Les révolutions ne commencent que rarement par des grèves.

Surtout pas dans une société de consommation où, à la fin du mois, il faut payer l'apart, le pavillon, l'écran plasma, la voiture, les vacances et Auchan...

Alors, retour à la case départ.

Un jour ça pètera, c'est sûr et même qu'on aura le choix: ou bien c'est nous qui décidons que les choses changent, ou bien c'est les autres. Une chose est sûre, cela ne peut plus durer ainsi.

Avec une démographie négative de l'Ecosse à la Sibérie et de la Norvège à la Grèce, avec, en 2050, 18 % de la popuation (en France) de plus de soixante-dix ans, avec, à la fin du siècle, une perte de cent millions d'habitants dans l'Europe des vingt-sept et d'envirion cent-cinquante millions en Russie (on ne connait pas les chiffres officiels, ils sont classé "top secret"), comment voulez-vous que des actifs continuent à cotiser pour tant de non-actifs ?

Comment voulez-vous réguler l'immigration ? On en a trop besoin...

On pourrait taxer davantage le capital, mais vous voyez un gouvernement, un seul, socialiste ou pas, oser y toucher  ?

On pourrait nationaliser les flux d'argent (banques et assurances), et les flux d'énergie... On l'a fait il y a trente ans. Las, la pression internationale a été plus forte, et vous savez comment cela s'est terminé.

On pourrait changer la donne, revoir les règles, les mentalités... cela s'appelle: faire la révolution !

Mais en attendant, comment voulez-vous que la sécurité sociale, cette grande victoire de l'après-guerre, soit encore financée ?

Impossible !

Donc, logiquement, le règne du chacun pour soi est le seul qui puisse encore se concevoir, que cela nous plaise ou non.

Reste un retournement complet: une révolution.

Une révolution, n'est rien d'autre que remettre les choses à l'endroit. Une révolution peut se faire avec un tout petit nombre d'hommes et de femmes décidés d'en finir avec l'ordre ambiant. Une révolution, quand elle survient au moment voulu, à l'endroit voulu, reçoit l'assentiment populaire qui la consacre.

Il ne faut pas se faire d'illusions, mes chers amis. Le continent européen est en pleine déperdition "civilisationnelle" et démographique. La suprématie de "l'homme blanc" ne sera bientôt qu'un souvenir.

Très bien , mais quand le système de "l'homme blanc" sera en pièces, on le remplacera par quoi ?

Un islam cristalisé dans ses dogmatismes réducteurs et stériles ?

Ou ce qui restera du Disneyland nord-américain ?

Une révolution n'est pas que politique ou économique, elle doit, si elle veut réussir, être culturelle. Il nous faut, mes amis, théoriser un "ordre nouveau", mobilisant l'ensemble des citoyens sur des valeurs propres à en finir avec le délitement "civilisationnel" du continent européen.

Il y va non seulement de notre salut à nous, mais aussi de celui des autres peuples, et nous pensons tout spécialement à cette Afrique dont le sort, par nous trop souvent scellé, nous importe particulièrement.

Qu'ils ne se réjouissent pas trop vite, ceux qui souhaitent, et vite ! la mort de l'Europe et de sa civilisation. Elle mourra peut-être, la vieille dame indigne, mais son agonie secouera le monde entier, et je crains, qu'à son enterrement, il n'y a ait pas grand monde à pouvoir encore se déplacer.

Une révolution, pour changer le cours de la démographie, juguler le capital, rendre au travail sa valeur, et protéger ce continent des concurrences étrangères.

Et puis, et surtout, remettre la vertu à sa place,  la première.  !

C'est cette absence de vertu qui nous a tué, il n'y a plus, ou si peu "d'hommes nobles"...

Travail de Titan, me direz-vous...

Qu'attendez-vous pour vous mettre à la tâche ?

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 09:53

Son éditeur n'en revient pas: plus de 20 000 exemplaires écoulés, des libraires enthousiastes et des lecteurs qui d'habitude n'ouvrent jamais un livre de philo. Alain Badiou, vieux mao sur le retour, a tapé juste.

En 155 pages, son pamphlet, "De quoi Sarkozy est-il le nom?", aussi brutal que bien écrit, étrille sans concession celui qu'il surnomme "l'Homme aux rats" -allusion à la fable du "Joueur de flûte de Hamelin", et au titre de l'une des "Cinq psychanalyses" de Freud, qui présente un personnage obsessionnel.

Sarkozy et sa "rupture" sont le produit, dit-il, d'un "pétainisme" transcendental de la France, qui se nourrit de peurs. De même que la Restauration voulait effacer la Révolution française et Pétain, le Front populaire, Sarkozy, lui, veut "liquider" Mai 68.

Comme il l'avait fait dans "Circonstances 1", Badiou fustige au passage la "démocratie électorale" (autrefois il aurait écrit "bourgeoise") qu'il considère comme une imposture:

"Le suffrage universel serait la seule chose qu’on aurait à respecter indépendamment de ce qu’il produit? Et pourquoi donc?"

Le succès de son petit livre, et l'antiparlementarisme qu'il véhicule, a soulevé de nombreux haut-le-coeur, notamment chez les intellectuels "antitotalitaires". Alain Finkielkraut, abasourdi par le retour à la mode de Badiou, a ainsi déploré ce "symptôme du retour de la radicalité et de l'effondrement de l'antitotalitarisme".

A 70 ans, il se définit toujours comme un "ultragauchiste"

Vénérable mandarin de l'Ecole normale supérieure (ENS), où les étudiants font la queue pour suivre son séminaire annuel (cette année consacré à Platon), Alain Badiou est, après Jacques Derrida, l'un des philosophes français les plus connus au monde. Très estimé par ses collègues, il a bâti un univers conceptuel cohérent, mélange néo-platonicien et marxiste pur et dur. Il est réputé pour sa capacité à synthétiser l'histoire des idées.

Aujourd'hui, il se définit encore comme "ultragauchiste". En publiant ce quatrième volume de la série "Circonstances", cet ami de Louis Althusser entend faire acte de militance.

Et s'il défend bec et ongles "l'hypothèse communiste" c'est parce qu'il n'y en a "pas d'autres", juge-t-il. Le communisme est une idée, au sens platonicien, indestructible. Le fait même de renoncer à l'utopie d'une société égalitaire, collective, débarrassée de l'Etat, est impensable, sauf à se faire complice des violences inégalitaires du système capitalisme.

Quelle forme prendra le communisme? Certainement pas celle d'un parti discipliné, modèle qui a échoué. La réponse est à chercher, selon lui, dans les initiatives "expérimentales" actuelles. (Voir la vidéo.)



Les "huit points praticables" pour refonder une pensée de gauche

Au troisième chapitre de son essai, Badiou dresse une liste de "huit points praticables", sorte de piliers sur lesquels appuyer une refondation conceptuelle de la gauche. Des ouvriers au monde, en passant par l'art, les malades ou l'amour...

"Point 4. L'amour doit être réinventé (point dit 'de Rimbaud'), mais aussi tout simplement défendu.

Point 7. Un journal qui appartient à de riches managers n’a pas à être lu par quelqu’un qui n’est ni manager ni riche."

Le philosophe défend aussi la nécessité de penser l'unicité du monde, dans des univers de plus en plus éclatés.

La politique? A 70 ans, l'ancien militant de l'UCMLF, scission du PC-MLF (le Parti communiste marxiste-léniniste de France, groupe maoïste), fait mine de ne pas s'intéresser au jeu politique classique. Besancenot et sa tentative de créer un parti anticapitaliste? Son approche est trop traditionnelle à ses yeux. Le débat sur la "politique de civilisation"? Foutaise sans intérêt, selon lui: "Sarkozy peut se réclamer de tout finalement, sauf de la civilisation. A mes yeux, c'est un barbare..."

 


Reste Mai 68, auquel Badiou reste fidèle. Il y voit quatre dimensions: une révolte de la jeunesse, une grève ouvrière, un mouvement libertaire, et, de façon moins visible, une recherche de figures politiques novatrices. Mais il se méfie de la commémoration des "événements", quarante ans après.  



Pascal Riché et David Servenay

"De quoi Sarkozy est-il le nom?, Circonstances 4" d'Alain Badiou - Nouvelles éditions lignes - 155 pages - 14 euros.

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 11:08

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C’est Nietzsche qui l’écrit dans « Généalogie de la morale » : « L’homme est méchant, mais la femme est mauvaise », pour conclure quelques pages plus tard : « L’homme est quelque chose qu’il faut surmonter ».
Il se pose aussi la question du mal : pourquoi ressent-on, le mal ? parce qu’il véhicule un sentiment de culpabilité et de honte, générateurs de « mauvaise conscience ». Et le philosophe de conclure : surmontons ces sentiments !
Nietzsche est le premier des déconstructionistes, il va décortiquer le pourquoi du bien et du mal, pour tenter d’aller « au-delà du bien et du mal ». Il y a bien, parce qu’il y a « bonne conscience », mais pourquoi y-a-t-il bonne conscience ? Parce que l’autorité nous conforte dans cette conscience qui n’est, somme toute, qu’une impression ou, mieux dit encore par Foucault, un « nihil obstat » du pouvoir. Bien et mal ne seraient, en définitive que contingent au pouvoir et à sa domination.
Mais laissons de côté les philosphes et penchons-nous sur la Genèse. On y lit (dans ce texte assez obscur, fait de la conjonction de deux ou trois écrits inspirés, sans doute aucun, par un quatrième d’origine mésopotamienne : « L’épopée de Gilgamesh »), que Dieu interdit à Adam et Eve de goûter aux fruits de l’arbre de la connaissace. Ils passent outre, et ils sont chassés du Paradis. Tout le monde connaît l’histoire.
Ce qui se passe après est révélateur. Dieu ne coupe pas le contact. Il va jusqu'à leur confectionner lui-même des vêtements de peaux pour cacher leur nudité. Plus loin, lors du meurtre d’Abel par son frère Caïn, à ce dernier qui craint d’être tué en représailles, Dieu l’assure que ceux qui lui feraient du mal seraient maudits durant sept génération. Curieuse protection.
En fait, la donne change dès le départ du jardin d’Eden. Dieu et ses créatures ne sont plus sur un plan vertical mais bien horizontal. L’homme qui a goûté au fruit défendu est bien, comme le lui promettait le serpent, l’égal (ou presque, il n’a pas goûté à « l’arbre de vie ») de Dieu. Ils communiquent, l’un et l’autre, sur le même plan. Dieu est un référent et rien d’autre. Il le comprend parfaitement et l’admet. Les kabbalistes diront, plus tard, qu’il s’est retiré, ne laissant plus au monde que sa fragrance, comme un vase brisé retient dans ses débris l’odeur du parfum qu’il a contenu. Belle image !
D’où la relativité de la morale, la frontière parfois ténue entre le bien et le mal. L’ordonnateur de la morale est l’homme lui-même, et cette dernière il va la faire reposer sur des « commandements » divins. Dieu n’est qu’une référence.
Mais quelle référence ! Il est l’Ordonnateur suprême, l’Omniscient, le Tout puissant. Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer rien que pour remplir ce rôle.
Dans un remarquable livre intitulé « Dieu, une biographie », l’Américain Jack Miles (un spécialiste des langues anciennes) se livre à ce qui est une première analyse littéraire du corpus biblique et la conclusion qui s’impose au bout de cette étude est que Dieu, en fait, ne sait pas ce qu’il veut, ni ce ce que l’homme peut vraiment. Les relations entre les deux sont confuses, faites de quiproquos et de malentendus. Le comble est atteint dans le Livre de Job, véritable entrelacs de mauvaise foi quasi sadique entre Job et Dieu.
En fait, Dieu voit en l’homme un miroir (« Il le fit à son image ») mais un miroir déformé par le péché originel lequel, loin de déchoir l’homme, lui donne sa véritable identité, ce que Dieu n’admet pas de gaîté de coeur.
L’homme, par le péché n’est pas déchu, mais promu au rang de « respons-able », celui qui peut donner une réponse. Il n’y a plus de mono-logue paradisiaque, mais un dia-logue où s’affrontent la volonté de l’un et celle de l’autre.
Les chrétiens vont résoudre cette dualité en faisant de Dieu un homme dans la personne du Christ, ce faisant ils en arrivent à une schizophrénie absolue, déchirés qu’ils sont et restent entre l’Absolu et le relatif auquel ils savent pertinement qu’ils sont partie mais aussi genèse. Sans l’homme, goûteur du fruit défendu, pas de relatif ! Dieu est l’Absolu, l’homme est créateur du relatif !
Restons-en là, voulez-vous. Que conclure de ce qui précède, sinon qu’aucune morale, aucun commandement n’est absolu. Seule compte l’adéquation de notre conscience à nos actes. Sans tomber dans un relativisme total, générateur d’excès parfois criminels (Un Fourniret pourrait parfaitement plaider l’adéquation de ses actes à sa conscience, comprise dans le sens de savoir ce qu’il fait), relevons que ce n’est pas l’adéquation des actes à une morale, toujours contingente, qui fait l’homme, ce n’est pas non plus la fidélité à des principes dont la genèse est souvent psychologique et inspirée par le pouvoir dominant, l’homme n’a de morale vraie que celle qu’il se donne au sein de la communion des vivants.
Très difficile à mettre en pratique, car supposant un ego pensant et pensant sans cesse.
D’où la tentation de s’en remettre à l’autre. Le « Grand Autre », comme l’appelle Lacan.
Seulement voilà, il n’y a pas de « Grand Autre », car ce dernier ne souhaite plus l’être. Reste l’homme dans cette misérable relativité qui fait, sans qu’il s’en rende compte, sa grandeur intime.
Et si Nietzsche avait raison ?
L’homme est quelque chose qui doit être surmonté !

 

 

 

photo: copyright Alexis Mélissas (alexismelissas.com)

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