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Gilles Deleuze

"Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase: on va discuter un peu."
(Qu'est-ce que la philosophie ?)

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 08:55

 

"La France, vous connaissez...", c'est le titre d'une vidéo qui fait le tour de la Toile.
Un "honorable" professeur chinois d'économie politique, du nom de Mehlang Chang, y fait le procès, sans concessions aucunes, de la France. Tous les poncifs y passent: pays de vieux, qui participent à leur propre exploitation, pays de paresseux qui préfèrent importer des produits chinois à bas prix sans se défendre contre cette concurrence, pays qui laisse filer sa monnaie sans contrôle aucun...pays qui ne peut plus se prévaloir des droits de l'homme et des citoyens, et j'en passe, et non des moindres, dans ce catalogue où l'auto-flagellation m'a tout l'air d'être trop flagrante pour être vraie.
En fait, ce Monsieur Mehlang Chang est peut-être "honorable", mais il n'est pas professeur. Inconnu au bataillon. Le journaliste qui l'interroge, de  même.
Nous sommes, devant une mise en scène de deux artistes chinois qui en rajoutent dans les clichés (voyez, par exemple, l'accoutrument du "professeur" qui en rajoute sur la sauce locale).
A qui profite ce "crime" ?
Eh bien, je n'en sais rien...
Autant aux zélateurs du nationalisme le plus étroit qu'aux camarades de l'extrême gauche.
A vous de juger
Et ne vous laissez plus prendre par cette vidéo.
Ni par les autres...
L'esprit critique, scrogneugneu.....................

 

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 16:40

 

 

sectes 2 

 

 

Ma confrontation avec l’esprit réducteur et dogmatique des sectes m’a tout naturellement amené à me poser la question: comment en arrive-t-on là?
Voyez-vous, nous nous imaginons souvent que les gens sont rationnels de nature, alors que rien n'est plus faux. Les publicitaires l'ont compris, les intellectuels ont mis du temps.
Ils sont légion ceux qui, pour toutes sortes de raisons, où se mêlent la peur et la paresse, adoptent, sans plus, les théories les plus fumeuses, les moins rationnelles, pour peu qu'elles satisfassent leur besoin névrotique de trouver, sous emballage cadeau, une vérité prête à l'emploi.
Nous croyons qu'un diplôme universitaire est un gage de sérieux et d'intelligence. Erreur ! Après tout, c'est un docteur en médecine, le criminel  Hammer, qui a propagé le « décodage biologique ».
L'exotisme, le marginal, l'occulté font toujours recette parmi les naïfs et les crédules  en quête d'une vérité révélée, facile à comprendre.
Un livre, écrit par un obscur mexicain, Miguel Ruiz, rapportant, les pseudo valeurs morales d'une pseudo tribu d'Indiens, les « Accords Toltèques », résumées en quatre lignes, a fait de ce bonhomme un milliardaire en moins de deux. Bravo !
On peut aussi avancer qu’il y a l’absence de repères et le délitement des valeurs traditionnelles dans la société occidentale, laquelle, depuis le siècle des Lumières, est en pleine déconstruction sans que pour autant les fondements d’un ordre nouveau aient été posés.
La place primordiale donnée à la raison raisonnante, la distance prise avec la nature, l’homme mis au centre de la création et le déclin du christianisme ont, certes, corrigé bien des erreurs, comblé des vides et réparé des injustices innombrables,  les « bornes anciennes » dont parle l'Ecclésiaste, ont été déplacées et rien n'a été remis à leur place, ce qui fait que pour beaucoup, pas préparés à cette révolution morale, peu désireux d'y adhérer, un vide doit être comblé, et vite...
Nietzsche pouvait avoir raison qui prêchait pour un “surhumain” et un ordre moral nouveau “au-delà du bien et du mal”.
Mais nous n’en sommes pas encore là.
Ces hommes et ces femmes qui composent les sectes présentent des caractéristiques communes:
Leur soif de croire (plutôt que de savoir) les conduit à une adhésion d'où tout sens critique est absent. Ils attendent la « bonne nouvelles », peu importe laquelle et, quand elle arrive, ils l'adoptent, sans plus.
Ils sont obsédés par leur ego, et cette obsession les confortent dans l’idée qu’ils sont un homme (une femme) à nul autre pareil. Supérieurs aux autres grâce à ces révelations réservées aux seuls initiés.
Cette conviction s’accompagne d’une vocation à un prosélytisme militant fruit d’une névrotique pulsion à vouloir “sauver le monde”.
Dès lors que leurs convictions sont remises en question, critiquées, voire moquées, ils se révèlent sourds à tout argument, à toute objection et se coupent brutalement (ils se sectionnent) de leurs contradicteurs.
On l’aura compris, les sectateurs vivent dans leur monde où, sans conflits, ils ne seront jamais malades (décodage biologique),  la mémoire “nettoyée »  (Ho’oponopono), et réconciliés avec les archétypes d’un Jung que, du reste, ils n’ont jamais lu (“therapies constellaires”), ni compris.
Le sectateur est un être qui veut croire, il se refuse à toute etude exhaustive, à tout jugement, à toute comparaison, il est l’anti-intellectuel par excellence.
Et croire le rassure, car cette croyance conforte son bien-être personnel et son sens de la morale qui se résume à “ce qui est bon pour moi, est moral”.

Qui sont –ils?
Des hommes et des femmes, souvent diplômés dans des disciplines scientifiques ou techniques.
Mal dans leur peau, ce qui se traduit par une activité cérébrale intense qu'ils prennent pour de l'intelligence.
 Possédant quelques biens (qui permettront de financer leurs coûteuses formations), ne s’intéressant guère à la vie de la Cité, ne lisant pas les journaux.
Divorcés ou célibataires,  et si conjoint il y a, ce dernier partage, “nolens volens”, leurs convictions.
Leur enfance fut souvent perturbée (familles recomposées, conflits avec le père ou la mère).

Le reste du monde, dans la mesure où il s’oppose à leurs idées, leur est indifférent. Mieux, l’idée du martyr est pour eux une émulation.
Leur appétit pour les “connaissances” marginales est insatiable. A la différence des adeptes d’il y a trente ou quarante ans, passivement regroupés autour d’un gourou, ils se précipitent sur tout ce qui est à même de satisfaire leur soif d’ésotérisme marginal.
On les voit adouber  tout ce qui sort de l'ordinaire, cuisiner la psychologie analytique d’un Jung à toutes les sauces, les unes plus indigestes et nocives que les autres, se passionner pour la numérologie, le point enéagrammique, la physique des ultra sons (sic) et autres escroqueries mentales.
Mais s’ils sont naïfs et crédules, ils n’en restent pas moins dangereux, car, de même qu’il n’y a pas de prostitution sans clients, il n’y a pas de secte sans sectateurs.
La secte, c’est eux !
La législation actuelle, même si depuis le mois de mai dernier elle encadre quelque peu le titre de “psychothérapeute”, est encore trop laxiste, il est important de la renforcer particulièrement dans le contrôle des titres délivrés hors de nos systèmes officiels d'enseignement.
Il est indispensable de surveiller ces pseudo-formations à telle ou telle discipline, l'une plus suspecte que l'autre, et qui ne sont que prétexte à faire payer cher un bout de papier sans valeur aucune.
Ces séminaires  marginaux, ces conférences étranges où un guitariste au chômage parle d'analyse des rêves sans autres références que sa clé de sol, doivent-elles être encore tolérées ?
Les sectes menacent notre liberté, menacons la leur !.
Il y en aura  toujours pour qui le rationnel est suspect a-priori, qui se réfèrent à des facteurs prédéterminés pour fonder leurs croyances et conforter leur goût morbide pour l'inexpliqué, qui fuient la connaissance car cette dernière ne s'offre pas pour rien, et ne s'impose que graduellement au bout d'efforts et de travaux dont, par paresse, ils se soustraient.
La vie n'est pas un long fleuve tranquille. Elle se termine dramatiquement par la mort, précédée ou non, de maladie, de solitude ou d'amertume. C'est comme ça, c'est notre lot à tous. Le bonheur, pas plus que le malheur est un droit. Il faut savoir l'affronter lucidement, ce qui n'est pas donné tout le monde, bien que cela soit à la portée de tous.
La philosophie, cet admirable concept qui veut que l'adepte ne soit pas le détenteur, mais “l'ami”, de la sagessse, doit être enseignée plus tôt et plus longtemps dans nos réseaux d'enseignement, elle est l'antidote par excellence à ce galimatias empoisonné qui menace notre santé mentale.
Outre ce que j'ai préconisé dans mon dernier papier, la lutte contre les sectes et les sectateurs passe par le renforcement de la place de la philosophie dans notre système scolaire. Je ne vois rien de meilleur pour le moment.

Et vous ?

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 14:05

 

 

Quatre mois parmi les sectes, et toujours intact ! Mais il s'en est fallu de peu...
Qu'importe que je vous dise comment je me suis retrouvé dans ce maelström, c'est mon jardin secret, toujours est-il qu'au terme de cette péripétie c'est avec effroi que je réalise les ravages qu'opèrent sous nos yeux, et dans la plus parfaite impunité, les mouvements sectaires.
Aujourd'hui les sectes ne se présentent plus comme des  réunions d'illuminés qui, autour d'un gourou charismatique, attendent le retour des extra-terrestres, la fin du monde ou l'avènement de l'âge d'or.
Plus pernicieuses que jamais, elles s'intéressent au développement personnel, à votre psyché, au bien-être auquel, bien entendu, vous avez droit et, à tous les coups, à l'optimisation de vos ressources latentes dont vous ne soupçonniez même pas l'existence.
Tout cela coûte cher, très cher même, mais c'est le but des sectes de vous faire payer un maximum...rien n'est trop onéreux dès qu'il y va de votre petite personne, n'est-il pas ?
Leurs cibles ? Des hommes et des femmes (beaucoup de femmes), qui ont perdu leurs repères dans leur vie professionnelle et familiale et qui recherchent, désespérément, une formule simple à même d'éclairer une fois pour toutes les complexités inhérentes à leur existence ou...soigner leur névrose

 

Commençons par les adeptes du décodage biologique du Dr. Geerd Hammer.

 

Considérée comme « secte nuisible » par la Miviludes (Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) elle véhicule la doctrine de l'ex-médecin allemand Hammer qui fut emprisonné en France et en Allemagne, et est radié à vie de l'ordre des médecins.
Pour lui, toute maladie a pour origine un conflit, et la reconnaissance de ce conflit conduit à elle seule à la guérison.
C'est aussi simple que ça !


 4540h

 

L'ex-medecin Athias


Son disciple français, l'ex-médecin Gérard Athias, surenchère: « le mal a dit »  déclare-t-il dans du mauvais Lacan, si le « mal » est écouté, le conflit se résorbe et la « maladie » disparaît .
Vite dit ! Ainsi, un mal au genou est la traduction d'un conflit entre le « je » et le « nous (pour les francophones s'entend, car en allemand « genou » se dit « knie » qui n'a rien à voir avec le « je » et
le « nous »). Mieux: la varicelle traduit la peur d'être déçu par la mère, car elle est
« celle qui varie »...je n'invente rien. La toxoplasmose, dans cette optique, illustre un conflit dans lequel le patient craint que son père ne soit pas son père, ou que sa mère l'ait conçu sans amour pour son géniteur. Allez donc expliquer cela au patient, histoire de rajouter à l'angoisse qui l'étreint.
Le cancer du sein droit chez une femme droitière ? Un conflit entre la mère et sa descendance.
Pourquoi le sein droit: parce qu'une droitière tend le sein droit à son enfant...élémentaire !
Faut-il en rire ? Non ! Car de braves gens, naïfs et crédules, ont arrêté tout traitement sur base de ces inepties et se sont retrouvés à la morgue.
Athias, qui ne craint pas le ridicule, ajoute aux théories de Hammer des considérations sur la numérologie et la kabbale. Pour lui, rien n'est dû au hasard (« tout est écrit », en quelque sorte).

Dès le départ la numérologie du prénom et du patronyme enferment le sujet dans son destin personnel
auquel la kabbale ajoute son grain de sel.
La liberté (et donc la responsabilité) dans ce raisonnement est un leurre, nous sommes prédéterminés.

C'est avec des idées pareilles que fonctionnent les totalitarismes qui sont la marque des mouvements sectaires et dogmatiques.
Bien entendu, aucune référence scientifique n'étaie ces thèses dont les tenants forment une étrange franc-maçonnerie avec ses codes, ses mots, son vocabulaire et le sentiment d'être
« de ceux qui savent » et qui propagent la « bonne parole » aux « profanes ».
Athias et son compère Sabbagh (encore un ex-médecin), organisent en France et en Europe francophone des séminaires de formation à leurs doctrines. Coûteuses formations, réservées, disent-ils, à une élite choisie. Des médecins généralistes aussi y viennent pour augmenter leurs honoraires et des psychothérapeutes auto-déclarés s'y concoctent des références aussi prétentieuses qu'ineptes.
Seuls trinquent les malades, les vrais !

 

Ho'oponopono ou la transcendance du pop-corn.


Avec un nom pareil, qui fleure bon l'exotisme, vous me croirez quand je vous dirai qu'il y va d'une secte de doux dingues tout juste nocive pour le portefeuille. Encore que...
Ce mouvement qui s'inscrit dans la mouvance « new age » extatique, vient d'Hawaï et se propose de
« nettoyer les mémoires » (comme si nos mémoires étaient sales !).


 ho'oponoponocleaningtool

"mantra" ho'oponopono

 

Curieux concept que celui de "nettoyer les mémoires". La secte est très floue la dessus, si je comprends bien, il y va d'une forme de purification du conscient de manière à ce que seul le vide subsiste, ce vide qui est la marque du divin. Pour en savoir plus, il faut assister à un séminaire de
deux jours, dont coût 485 euros (hors voyage et hébergement... et avec une clause particulièrement léonine, voyez: http://hooponoponofrance.org/f/index.html, qui signifie concrètement que tout ce que vous aurez "appris" lors de votre stage ne vous appartiendra pas; pour le diffuser il vous faudra l'accord de l'organisation, un peu comme si, en achetant une voiture, vous ne seriez autorisé qu'à la conduire vous seul !
Malins, ces gens là !
Au cours de ce stage, l'adepte recevra des '"outils. Il ne pourra pas les partager car ils sont protégés par  des
"barrières psycho-magiques" (sic) Les pires tourments sont réservés à ceux qui enfreignent la règle. J'ai donc décidé de vivre dangereusement et de vous vous en donner un aperçu.
Les mémoires se nettoient en récitant un mantra:
 

"je t'aime, je suis désolé(e), pardonne-moi, merci".
Comme on ne peut le prononcer toute la (sainte) journée, l'absorption de confiture de fraise fera office de multiplicateur. Pourquoi de la confiture de fraise ? Réponse:
parce que des hommes habilités sur terre en ont décidé ainsi ! (resic).
A défaut de confiture de fraise, on peut manger de la guimauve ou des myrtilles.
Le pop-corn, généreusement étalé dans un récipient ad hoc est un gage d'harmonie au foyer.
Pourquoi du pop-corn ? Mystère. Payez et vous saurez...
J'oubliais ! Laissez traîner chez vous des crayons à bout gomme. La gomme, vous le savez est censée effacer. Quoi ? Les mémoires, pardi !
Secte de doux dingues ? Oui, mais nocive quand même.
Pour Ho'oponopono, l'homme crée sa propre réalité; ce qui, en fait, l'amène à nier la réalité vraie pour se limiter à la sienne. Et à ne considérer la sienne comme réelle. Vous imaginez d'ici les dégâts...
Il est donc
"sectionné" de l'ensemble des vivants, ce qui est la marque de la secte. Cette abstraction du réel conduit l'adepte à un nombrilisme égoïste,  réducteur et stérile.

Ho'oponopono n'a pas un succès énorme en France pour le moment. Les Français ne sont pas tous des imbéciles.

Pas tous...

 

La programmation neuro-linguistique (PNL) ou l'école de la manipulation.


Là où il y a secte, il y a PNL. Et la PNL est une secte elle-même.
Se targuant de références aussi illustres (Noam Chomsky p.ex) que fausses et de prétentions scientifiques non prouvées, la PNL se présente comme une excellence de la communication. En fait de sa propre communication au détriment de celle de l'autre. Elle est l'école de la manipulation mentale par son souci de faire en sorte que le message de l'adepte, par un jeu de règles sémantiques s'impose dans l'esprit de son interlocuteur.
Pas étonnant que la PNL, dès les années soixante, ait été adoptée par les publicitaires, les financiers, les services secrets et... les sectes.
Elle est secte elle-même en compartimentant la société (en « tactiles », « auditifs » et « visionnels ), en théorisant, en dehors de toute base scientifique, sur les potentialités du
« cerveau biologique »,
en prétendant, elle aussi, qu'il n'y a pas de hasard, que tout arrive conformément à un plan préétabli.
La PNL prétend que le "cerveau biologique" ne connait pas la négation. Ainsi, il ne faut pas dire "n'est-cepas ?", car le cerveau de l'interlocuteur ne retiendra que le "pas"; au contraire, il faut dire "d'accord ?", et là, le cerveau aura tout compris.

Nous aussi...

 « Secte manipulatrice » pour la Miviludes, les services publics ont reçu, cette année comme la précédente, des instructions pour ne pas donner suite aux offres de formation de leurs fonctionnaires à la PNL.
Pour en savoir plus, voyez:
 

 

http://pseudo-sciences.org/spip.php?article153

et:

http://www.charlatans.info/pnl.shtml

 

 

Les thérapies "alternatives", source d'addiction.


Les mouvements sectaires, on l'aura compris, ont choisi comme terrain d'opération les médecines douces, les psychothérapies alternatives et des méthodes hétérodoxes de développement personnel.
Elles ont parfaitement assimilé que ce qui motive leurs adeptes n'est pas l'état du monde et son perfectionnement, ni même celui de leur propre famille, mais leur petite personne à eux autour de laquelle se meut tout l'univers.
Parmi ces méthodes, nous trouvons en vrac des déviances de la psychologie analytique d'un Carl G.Jung, des variantes dogmatiques de l'ennéagramme, des
« tentatives d'identification de troubles  psycho-sensoriels » (tipis), des déclinaisons curieuses du Reiki japonais, j'en passe et des myriades dont les publicités encombrent les magasins bio.

 

georges-didier.jpg

 

Georges Didier, "thérapeute constellaire"


Les psychothérapies dites « constellations » (archétypales, familiales, professionnells) sont particulièrement dans la mire de la Miviludes qui estime que trente pour cent des psychothérapeutes engagés dans cette « thérapie » sont de la mouvance sectaire. Elle sont une mise en application de la théorie des « constellations » de Jung, et consistent à réunir autour du « psychothérapeute » des personnes désireuses d'extirper des traumatismes de leur inconscient.
Exemple: Ainsi, une quadragénaire, violée par son père durant son enfance, sera priée de désigner dans l'assistance un homme qui représentera son violeur de père, un autre homme personnifiera l'archétype du Père (bon, législateur, protecteur, éducateur etc...). Le but est que cette femme se réconcilie avec l'archétype en extirpant de sa conscience et de son inconscient l'image négative qu'elle a du père. La mise en scène de la confrontation entre cette femme et celui qui représente son violeur se termine généralement par des crises de larmes ou de nerfs et la remise à vif d'une plaie à peine cicatricée. Beau résultat !

 

Voyez à ce propos:

http://www.psyvig.com/default_page.php?menu=40&page=11

 

 

 

 

Que faire ?

Inutile, mes amis, de vouloir « convertir » un(e) adepte des sectes.
A l'instar des alcooliques ou des drogués, seule une prise de conscience amènera ce dernier à s'interroger sur le bien-fondé de son addiction.
Alors, que fait la police ?
Pas grand chose, ce qui est normal dans la mesure où la liberté de penser et de croire est la marque de notre République.
Mais la liberté de penser s'arrête là où il y va de la liberté de penser de l'autre, et les sectes vous le savez, nient notre liberté. Pour elles,  l'homme est déterminé par tout un ensemble de facteurs dont il est inutile de vouloir s'affranchir.
Inutile de vouloir interdire les sectes, par contre, l'arme absolue contre elles est la privation de leurs moyens financiers.
Il faut multiplier les contrôles fiscaux chez les gourous des sectes et chez leurs adeptes. Après tout si ces derniers ont les moyens de se payer de coûteuses formations, autant s’intéresser à eux et à leurs mentors.
Il faut accroître l'information sur les mouvements sectaires dans nos réseaux d'enseignements.
Quant aux adeptes des sectes, ils ne sont pas que des victimes, ils sont vampirisés et se croient investis de la mission de sauver le monde. 
Le cancer est la secte dont ils sont les métastases.
Ces hommes et ces femmes, souvent diplômés, mais perdus dans les méandres de leurs psychoses, se transforment vite en brutes dogmatiques et réductrices désireuses de soumettre le monde à l'aune de leurs propres limitations.
Ils parlent « amour », mais c'est du leur qu'il s'agit; ils disent ne plus avoir d'ego alors qu'il atteint des dimensions cosmiques.
Sachons les soumettre au bon sens de la raison !

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 12:15

onfray.jpg

Michel Onfray

 

M.Onfray est un très bon vulgarisateur doublé d'un pédagogue hors pair. Ce philosophe nietzschéen, tendance hédoniste, est avant tout un grand bosseur, un auteur prolifique et un homme qui défend bec et ongles ses convictions.

On les connaît: athéisme, anti idéalisme platonicien, remise en cause de l'essentialisme, restauration du matérialisme, des philosophes pré-socratiques, et de penseurs perdus dans les oubliettes de l'Histoire ou de l'Inquisition. 

M. Onfray en plus, anime, à Caen, l'Université Populaire dont il est le fondateur et professeur référent. C'est une excellente initiative pour que la culture et la pensée ne soient plus réservées à quelques cénacles de gens choisis qui se comprennent seulement entre eux

Bref, M. Onfray, en bon disciple du Maître de Weimar, est un dé-constructeur postanarchique zélé, qui n'a pas peur de se faire taxer de provocateur, dès lors, qu'armé d'un marteau et d'un burin, il s'attaque aux idoles.

Il s'était frotté à Dieu dans son « Traité d'athéologie », mais Dieu est trop malin, il se cache derrière les hommes, et si Onfray a fait exploser plus d'une pléiade de prélats romain, d'ayatollahs bornés ou de gourous de province, Dieu est demeuré hors de sa portée. Beau succès de librairie donc, mais flop sur la cible.

Son dernier opus nous propose de remettre la psychanalyse et son papa, Sigmund Freud, à la place qu'ils méritent, et les faire descendre tous les deux de cet autel sacrificatoire où de pieux disciples  accourent en masse déposer les offrandes que leurs dieux exigent.

M. Onfray nous dit avoir lu tout Freud, ses biographes autorisés comme les autres, sa correspondance, les critiques et les encensements sur son œuvre.

Il nous revient avec un brûlot fort bien structuré, très didactique, où toute critique a pour genèse l’œuvre même du maître et se décline à l'intérieur du processus psychanalytique.

Ses conclusions sont sans appel: la psychanalyse n'est pas une science, tout juste une méthode d'introspection subjective qui ne peut avoir aucune portée universelle.

Bref, la psychanalyse fut très bonne pour... Sigmund Freud himself !

Et M. Onfray de dénoncer la prétention de Freud a vouloir extrapoler, au départ d'une expérience subjective, une loi universelle.

Ainsi le complexe d’œdipe,  que Freud découvre lors d'une « auto-analyse » et qu'il transforme aussi sec en complexe général touchant tous les mâles.

Même processus pour le « meurtre du père », que Freud décèle en lui, et qu'il étend, sans plus, à l'humanité entière.

Et cette prétention à l'universel se fait eo ipso, sans expérience, sans démonstration, sans contradiction, par le seul fait de la « voix  et la volonté du maître ».

« Caricatures » crient les freudiens purs et durs qui dénoncent la simplification opérée par Onfray, et le taxent, comme Madame Roudinesco, d'antisémite (nous y voilà !!) et d'apologue de l'extrême droite (?!!?).

En somme, à ce qu'ils appellent une « caricature », ils répliquent par l'insulte.

Ce livre sera, est déjà, un succès.

Je m'en réjouis, dans la mesure où je jubile quand des idoles vacillent sur leur socle. Que Freud en soit une, personne ne le contestera.

J'attends, avec impatience, une réponse claire, structurée, intelligente et honnête, à cet opus qui me paraît bétonné sur le plan de l'information freudienne.

La psychanalyse, si psychanalyse il y a, est une chose trop sérieuse pour qu'elle soit le domaine réservé de quelques initiés qui, dans des cénacles feutrés, se congratulent les uns les autres et jettent l'anathème sur qui vient troubler leur superbe.

M. Onfray est celui qui, à tort ou a raison, nous dit que le Roi est nu...

L'occasion pour nous de le constater ou non de visu.

 

Michel Onfray: "Le crépuscule d'une étoile. L'affabulation freudienne". Grasset éditeur

 

 

 


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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 16:42

 

lhommequiarretadecrire-400.jpg

 


L'écrivain le plus détesté de cette génération. Et le plus occulté aussi. Il y a de quoi !

Son dernier opus, « L'homme qui arrêta d'écrire », il l'a publié tout seul, sans éditeur, attaché de presse, dir de com, et promo à la télé.

Et tout y passe: l'internet, les jeux vidéos, l'art contemporain, ce qui reste de littérature, le théâtre des metteurs en scène qui s'imaginent le faire, les journaleux qui écrivent sous dictée, les asexués obsédés de sexe et qui ne baisent plus, ces filles qui « portent des mini-jupes mais ont une burqa dans la tête », le rock, le rap, le...tout...

Un peu comme « Les Décombres » de Lucien Rebatet, paru en 1941, et dont Nabe est un admirateur.

Au bout de ces sept-cents pages, on ressort sonné, titubant comme un boxeur revenu des filets, les idées vides et le goût amer de celui qui pense s'être totalement gourré.

Le style est direct, prestissimo comme une balle qui s'arrache du barillet et touche la cible, vous, moi, les lecteurs, tout ce bon monde abonné à l'occidentalisme de bon aloi, au conformisme petit bourgeois engoncé dans ses certitudes de passage, et que la mode façonne au gré de quelques bateleurs médiatisés.

Pas très agréable à lire qu'on est tous des cons abonné au bourrage de crâne concoté par des excellences de la pub.

Et qu'on finira implosés par notre propre suffisance, ce qui ne serait rien sans ces fragrances merdiques troublant le juste soulagement de tous ces peuples que nous avons tellement méprisé.

Pour commander le livre, c'est très simple:http://www.marcedouardnabe.com/ 

Ci dessous, Nabe en 1985 chez Pivot. En matière de provoc je suis battu !

Prenons-le très au sérieux, Nabe, rien n'est plus sérieux qu'un provocateur !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 10:42

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On en a fait de la pub pour cette émission, « Les Infiltrés », consacrée aux pédophiles !

Cette émission, je l'ai trouvée, racoleuse et voyeuse. Le régal des accrocs du trash, du premier degré, de l'explication débile et des images  border-line. 

Sur la pédophilie, on pouvait faire une émission sérieuse, qui poserait les bonnes questions à commencer par une définition pointue de ce qui est une anomalie de la préférence sexuelle. Las, nous avons eu un psychiatre, fort compétent sans doute, mais qui n'est resté sur le plateau que trois minutes. La pédophilie serait un « état » plutôt qu'une maladie, c'est bien dit, mais cela suppose une suite: comment aborder cet état, comment vivre avec, comment protéger la société ?

Justement, en matière de protection, nous avons eu le spectacle, désormais classique, du flic qui se plaint de ne pas avoir assez de moyens, et de la sous-ministre Morano qui assure que des moyens, il y en aura plus, et des lois aussi, croyez-en sa parole et celle du gouvernement.
Lassant ! 

En fait, le succès de l'émission est l'exhibition, je ne vois pas d'autres mots, de ce « journaliste » qui en se faisant passer pour une adolescente de douze ans, nous décrit par le détail les tribulations que sa pseudo-héroïne vit sur le net, visionnant des adultes qui se masturbent devant elle en cam-to-cam, et lui proposent des rendez-vous.

A ces rencontres, ce n'est plus la petite fille, mais le journaliste qui s'y rend, et le spectateur a droit aux dialogues nauséeux que ces hommes piégés échangent avec celui qui, quelques instants plus tard, ira les dénoncer à la police.

Et là aussi, il y a comme un lézard. Est-ce  au journaliste de les dénoncer ? N'y-a-t-il pas entorse grave à la déontologie du métier ?

La protection des sources du journaliste vient à peine d'être consacrée par une loi ad hoc. La police n'a donc plus le droit d'inquiéter un journaliste qui refuse de lui dévoiler ses sources et qui peut, enfin, opposer à l'autorité policière le secret professionnel.

Et là, le journaleux, une fois son interview bouclée, file au commissariat dénoncer les faits dont il a eu connaissance...Curieux mélange des genres...

A quoi le réalisateur de l'émission, l'agence Cappa, réplique en expliquant qu'il y allait de l'aide à personne en danger, en l' occurence, ces jeunes que l'on attire dans des rendez-vous scabreux.

M'ouais... Ce qui est scabreux c'est aussi de provoquer des pédophilies en chasse pour montrer devant les téléspectateurs ce cloaque vicieux qui, dans une approche professionnelle et froide, de cette perversion, aurait pu être abordé autrement.

Mais voilà, cette approche scientifique et clinique de la pédophilie n'aurait pas attiré autant de téléspectateurs. L'audimat a des lois...

Et l'émission occulte le principal:  le laxisme scandaleux en matière de moeurs, la démission des parents et des éducateurs, une société qui met l'accent sur la production avant la civilisation, l'hypocrisie de ceux qui dénoncent tout en faisant leur délices de l'exploitation du scandale.

Mais ça, c'est une autre histoire, et qui nous concerne tous, nous qui ne voulons pas toujours voir nos propres insuffisances.

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 15:39
FM



Hier, la Grande Loge Nationale Française, lors de son Assemblée Générale, a mis son Grand Maître et sa commission en minorité. 900 voix contre 740 refusèrent l'approbation des comptes de l'Obédience, et, dans la foulée, sanctionnèrent l'autoritarisme  et le fonctionnement anti démocratique de l'Obédience, la seule reconnue par Londres, donc par la franc-maçonnerie internationale.
Depuis plusieurs mois, un vent de fronde soufflait dans les Loges inscrites au tableau de la GLNF. 
Les Frères reprochaient à François Stifani, Grand Maître depuis deux mandats, d'en vouloir un troisième, de pratiquer en solo, devant la presse, une extériorisation excessive de l'Obédience, de donner aux instance politiques, à propos de tout et de n'importe quoi, la burqa par exemple, son avis, sans en avoir avisé les loges, et, comble de des combles, de s'être présenté comme « guide spirituel » des membres de la GLNF. « Guide », en sanscrit, se dit « gourou ».
On a entendu, et écrit, que l'Obédience était dirigée par une camarilla d'affairistes qui se cooptaient les uns les autres. On a parlé de dépenses somptueuses, comme celle d'un appartement avenue de Wagram, une des plus chères de Paris, pour « recevoir des hôtes étrangers ». On a évoqué les liens plutôt louches entre ces Francs-Maçons et des dictateurs africains comme Ali Bongo, Grand Maître de la Grande Loge du Gabon.
Les contestataires réclamaient qu'à l'instar du Grand Orient de France, les Loges puissent se constituer en association loi 1901, et que leurs comptes bancaires ne soient plus des sous-comptes de celui de l'Obédience.
Le Grand-Maître et son équipe ont riposté en démettant d'office des « Grand-Maîtres Provinciaux », et en accusant les opposants de n'être que des sous-marins du Grand-Orient de France à la solde de l'ancien Grand-Maître de ce dernier, Alain Bauer.
Et, nec plus ultra, organisèrent, semble-t-il, une  cyber attaque en règle, contre les blogs des opposants hébergés par Overblog.
Ambiance ! 
Voir à ce propos le blog: http://le-myosotis-paca.over-blog.com/  et, dans la foulée:
http://www.le-myosotis-ligerien.over-blog.com/categorie-11305975.html 

La GLNF, compte près de cinquante mille membres, elle est la plus grande Obédience maçonnique de France après le Grand-Orient. Ses membres, en général, sont issus de la classe moyenne supérieure et leur sensibilité politique est de droite. Elle ne recrute que des hommes et exige, conformément aux prescriptions de la Grande Loge Unie d'Angleterre, la croyance en Dieu. Elle ne s'occupe pas de politique, du moins en principe, et n'entretient aucune relation avec les autres Obédiences françaises (Grand Orient, Grande Loge, Droit Humain etc..).
L'ébullition qu'elle connaît traduit un ras le bol des Frères de la base qui ne supportent plus les dérives de leurs dirigeants et leurs prises de position en dehors de toute concertation.
Les comptes n'ayant pas été approuvés, le Grand Maître François Stifani, a donc décidé de les soumettre à un audit qui sera réalisé par un cabinet indépendant. Une nouvelle Assemblée Générale devra statuer sur leur validité dans les mois qui viennent.
Les opposants ont donc gagné un bataille. La première.
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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 11:44
"Caminante, no hay camino, se hace camino al andar" * 

« Le point commun entre le marcheur et le philosophe : ils n’ont d’autre but que de cheminer. Comme l’écrit Jaspers, philosopher, c’est être en route. » (Christophe Lamoure dans Le Matin Dimanche, Suisse)

Je la trouve juste cette phrase, encore qu’on puisse me rétorquer : marcher pour quoi, vers où ?

Dans une société où il faut aller de plus en plus vite, trouver sans délai, voilà que le philosophe prône un petit bonhomme de chemin. Prendre son temps, réfléchir à l’aise en se promenant… ah ! les péripatéticiens !

Rien de plus antagoniste à la mode ambiante. On nous donne en exemple un Président agité, on confond joie de vivre et remous vains et rieurs. Le calme n’est pas l’antichambre de la mort, le silence est chapitre du solfège.

Aller où ? Eh bien, justement, il n’y a pas de destination.  On verra bien. Vous imaginez-vous dans une agence de voyage acheter un billet pour une destination inconnue. J’en connais qui relèveraient le défi, il en existe encore, mais combien ?

Aujourd’hui, on veut des assurances. Pour tout. La vie, la mort, les mains, les seins, et l’on en souscrirait même sur le conjoint, l’amour qui ne vient pas, qui s’en va, la pluie qui tarde et le succès aux examens.

Et puis, dites-moi, les gens veulent-ils aller quelque part ? Leur chez soi, leur conjoint, leurs mômes qui grandissent, quel dommage ! la petite bouffe, le petit coup, la petite extase du week-end, la petite retraite, les petites obsèques et le chrysanthème jaune du jour des morts.

Mort à crédit !

« Les gens ont l’impression qu’ils ne pourront plus changer le monde, alors ils préfèrent changer de canapé » (Alain de Botton, Le Figaro 21/09/07)

Et c’est plus facile le canapé… encore qu’un canapé conserve des souvenirs. Surtout chez Monsieur M. Proust, Marcel. Mais que valent encore les souvenirs dans un monde où il importe de tout recommencer à zéro ? On jette tout, on garde rien ! La vie comme emballage !

Plus facile, le canapé… le conjoint, c’est plus dur, la vie… parfois impossible.

Ah, il en faut pour changer le cours de son existence, cela ne se fait pas comme ça au bout d’un zinc, au troisième canon… la plupart s’en retournent chez eux en zigzaguant, oublieux, le lendemain, des serments de la veille… Et puis les gens ne veulent pas changer, ils sont indécrottablement conservateurs, petits-bourgeois comptables de leurs quelques malheureux deniers… de leurs rares instants de bonheur négocié.

Petites gens, petits bonheurs parfois, grands malheurs toujours…

Il en reste du chemin à parcourir pour atteindre ces rives lumineuses  dont parlent les poètes.

Vous me répondrez que les poètes rêvent tout haut et qu’on en a rien à…

Et vous aurez raison.

Il n’y a plus de poètes…

« Nous n’habiterons pas toujours ces terres jaunes, notre délice… »  (St John Perse)

2.01
* Antonio Machado: "Cheminant, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en cheminant"

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 08:44
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Cela en devient une litanie: avant-hier les Etats-Unis, hier l'Irlande, aujourd'hui l'Allemagne, demain le Brésil et après-demain l'Autriche.
Et le Siège Pontifical, lui même, éclaboussé !
Je me réjouis, bien sûr !que la lumière soit faite sur les abus qu'ont subi des enfants de la part de prêtres catholiques dévoyés. 
Si j'estime que cette catharsis que s'impose le clergé est salutaire et nécessaire, si je trouve, comme bien d'autres, qu'elle arrive un peu tard et qu'elle ne souffre d'aucune excuse, d'aucune circonstance atténuante, je me pose toutefois quelques questions.
D'abord, cette lente succession dans le temps. Dès qu'un scandale est révélé, en arrive un autre, puis encore un, à croire que ces derniers, qui sont parfois anciens, se retrouvent au grand jour de manière à donner à l'opinion l'impression que ces crimes sont permanents et d'exécution courante.
Ce qui permet toutes les outrances des commentateurs, certains affirmant même que les actes de pédophilie des prêtres catholiques sont si nombreux qu'ils ne constituent pas une exception dans l'Eglise catholique .
Généralisation honteuse et diffamatoire !
Alors, je me pose une question: à qui profite cette procédure qui fait durer dans le temps la turpitude de l'Eglise romaine ?
Qui a intérêt à perpétuer la déstabilisation de cette antique institution ?
Avant de répondre, je voudrais rappeler que l'Eglise de Rome rassemble la majorité des chrétiens de  par le monde et que son influence en Amérique du Sud, en Afrique et en Europe est encore énorme.
Ce qui est bien normal, elle est partie prenante de l'histoire de la civilisation occidentale. On peut l'aimer ou non, on ne peut cependant dénier le rôle qu'elle a joué dans la genèse de notre pensée.
Elle a surmonté des crises majeures, celle de la Réforme par exemple, qu'elle a jugulée péniblement mais  durablement.
Elle professe dans des matières sociales et éthiques des positions qui vont contre « l'air du temps », ses positons tranchées, de par sa doctrine rigoureuse, heurtent un laxisme moral et un individualisme exacerbé que prône une certaine société civile. Elle déplaît à pas mal de gens qui voudraient qu'elle « évolue », qu'elle se « modernise », qu'elle s'intègre dans la société contemporaine.
Cette position intransigeante peut amener certains de ses détracteurs à, sans cesse, mettre en relief ses fautes présentes et passées. Et gommer tout son apport constructif dans notre civilisation.
A taire ses réelles revendications dans le domaine social, comme sa condamnation du libéralisme économique au détriment des plus pauvres, et sa dénonciation du matérialisme roi qui préside à nos sociétés de consommation.
Et qui sont ses détracteurs ? 
Précisément, ceux-là même qui croient en ce que je viens de dénoncer plus haut, et en font leur credo quotidien.
Et qui instrumentalisent, pour leur propre profit, les abus dont ces enfants furent victimes.
C'est ce que j'appelle un détournement.
Imaginons un instant que l'Eglise catholique soit gravement perturbée par tout ce qui précède, qu'elle vacille sur son socle, et même qu'elle se délite gravement. Qui la remplacera ?
Car, qu'on le veuille ou non, une croyance est peut-être « l'opium du peuple », elle est aussi « le soupirs des opprimés », comme l'ajoutait Karl Marx dans cette phrase dont la postérité n'a retenu que la première partie.
Bien sûr, un homme cultivé peut se ressourcer chez les philosophes, les sages du bouddhisme ou édifier sa propre spiritualité, « horizontale » comme il se plaît à le dire.
Mais pour les autres, les paysans du Brésil exploités par les propriétaires terriens, ceux d'Afrique frappés par des sécheresses, conséquence de la pollution des pays industrialisés, les pêcheurs ruinés par les bateaux usines opérant en dehors des eaux territoriales, et bien d'autres, que reste-t-il ? Le stoïcisme, le bouddhisme tibétain ou la méditation transcendantale  sont des luxes pour gens riches.
Veut-on que les gourous des sectes prennent la place des curés de terrain, sinon de combat ?
Ou que des « missionnaires » nord-américains, pseudo-chrétiens évangéliques, leur prêchent un manichéisme  réducteur du type: la pauvreté est la conséquence de vos péchés, repentez-vous et tout ira mieux, alleluia  ?
Ce sont ces derniers qui veulent rafler la mise au bout de l'affaiblissement de la vieille institution romaine. Ils sont les vecteurs pseudo-spirituels du libéralisme le plus déchaîné. 
Et ce dernier est la doctrine de la la puissance économique et financière des Etats-Unis dont le calvinisme, déformé en évangélisme réducteur, souhaite prendre la place des curés et répandre la bonne nouvelle de la "pax americana"..
Toute exploitation d'un fait susceptible de saper l'autorité morale de son « concurrent » romain est bon à prendre et à exploiter, jusqu'à la lie !
Mes amis, je ne suis pas catholique, j'ai souvent exprimé des critiques sur les manière de dire et faire de cette Eglise. Mais je n'ignore pas qu'elle est composée d'hommes de chair et de sang, des hommes qui s'appellent Borgia, mais aussi François d'Assise ou Vincent de Paul, d' hommes dégénérés qui salissent l'innocence, et d'autres qui soulagent la misère, à l'instar de Pierre, le saint abbé, ou Thérésa, la mère compatissante.
Que ces êtres exemplaires soient chamboulés par quelques brailleurs d'alleluiâneries serait  une régression  lamentable dans ce qui doit rester, envers et contre tous, la communion des vivants.
Restons vigilants face à l'instrumentalisation dont Rome est la cible. Condamnons de toute nos forces et avec une juste et légitime indignation les exactions épouvantables qui se dévoilent sous nos yeux.
Mais ne hurlons pas avec les loups, ne nous faisons pas instrumentaliser, gardons notre esprit critique.
Il faut sauver le soldat Benoît !
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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 13:46
tsitsanis


La Grèce n'est plus qu'un « karavi tsakismeno », un bateau échoué, brisé par les récifs de la finances, il va couler et les tourbillons de ce naufrage se propageront en turbulences dévastatrices un peu partout dans l'espace méditerranéen.
Mais revenons sur le cas grec. 
La Grèce n'est pas en Europe, tout en se réclamant de sa naissance. C'est le premier paradoxe d'une longue suite. Les Grecs se sont toujours considérés comme particuliers. La France, l'Allemagne, c'était « stin Evropi », « en Europe », comme si leur pays ne l'était pas.
Ils n'avaient pas tort. La Grèce se situe plus à l'Orient qu'à l'Occident. Elle soupire vers le Proche-Orient et cette Anatolie qui fut si longtemps sienne et dont le souvenir lui déchire encore le coeur.
Le Grec est plus nationaliste que patriote, et, paradoxe de plus, pratique une xénomanie quasi névrotique. Ce qui est bon vient de l'étranger, mais « l'aristos » est grec. Cet étranger que l'on admire, où l'on va, mais, après tout: « anathema se xenitia !», que l'anathème soit sur l'étranger !
Il se tourne vers son passé, mais ne veut pas savoir qu'il n'en que l'héritier indirect: pas plus héritier de Platon et d'Aristore que les Français, les Syriens ou les Allemands. Fils de Byzance peut-être, mais reconnu ? Autre paradoxe.
Il y a de longues plaintes monotones dans ce « rebetiko » qu'aujourd'hui, à l'heure de la techno,  bien peu reconnaissent encore; ce « rebetiko » né au Pirée d'un « tsifteteli » turc et d'une prostituée macédonienne, charriant sous des fragrances de raki et de hachich toutes les angoisses du présent et du passé.
Les masques sont tombés. Le Grec n'est pas un « trader » de la place de Londres, ni un fonctionnaire de Bruxelles, encore moins industriel allemand ou commerçant de Rotterdam. Il est lui-même, fils illégitime de Péricles et de Constantin, Ottoman malgré lui, mâtiné de slave et d'albanais, partagé entre un Occident qu'il méprise mais l'envoûte tout à la fois.
Croire que les mesures prises par la dynastie Papandreou sauveront le bateau ivre est une illusion, celles de la dynastie Caramanlis ne valent guère mieux que les autres, prônées par les Mitsotakis.
Il ne restera aux Héllènes que de revenir à leur place. Ce strapontin coincé entre l'Occident et l'Orient et rêver d' amériques et d'europes qui sévaporent en fumées évanescentes comme celles des narguilés.
Cette Europe des bâtiments sinistres et gris de Bruxelles, dont les couloirs sont traversés par des zombies,dossiers sous des bras blêmes, ne les fait plus rêver; elle est l'uniformité glauque, la plume sèche du juriste qui étrangle la verve du poète et du visionnaire.
Après ce désastre, autre « megali catastrophi », il ne restera qu'à se retrouver soi-même, exsangue mais vivant, comme ce Christ à Pâques qui « anesti ek nekroon »  (ressuscité des morts ), réjouit ceux qui sont dans les tombeaux.
Et ceux qui sont dans les tombeaux, ne sont pas toujours ceux qui se croient vivants !

« Sinefiasmeni kiriaki » dimanche nuageux, composé par le légendaire Vassilis Tsitsanis, aède d'un  « rebetiko » homérique. Je l'ai vu et entendu, il y a cinquante ans, dans sa taverne du Pirée, où des musiciens de génie côtoyaient des femmes fardées qui flattaient de vieux riches et cassaient des assiettes sur la piste de danse. Des hommes sombres  y tournoyaient inlassablement au son d'un rythme triste et captivant.

« Sinefiasmeni kiriaki, miasis me tin kardiamou
pou ehi panda sinefia
Christe kè Pa
Christè kè Panagiamou... »

« Dimanche nuageux
tu ressembles à mon coeur
plein de nuages
Christ, Christ,  ma Sainte Vierge... »

Et, en prime, cet extrait du film légendaire de Kostas Ferris: "Rebetiko". "Aman, aman" (c'est du turc, qui signifie plus ou moins " Mon Dieu, mon Dieu"...

 
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