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Texte Libre

Gilles Deleuze

"Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase: on va discuter un peu."
(Qu'est-ce que la philosophie ?)

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 14:15

badinter.jpg



Madame Badinter est psychanalyste avant d'être philosophe, mais peu importe, il y a chez elle comme un mal vivre dans sa condition de femme et je ne suis pas compétent pour lui donner conseil.

Madame Badinter a publié, voici quelques années, un livre intéressant ( XY, en 1992) sur l'identité sexuelle masculine et soulignait que, pour la petite fille, son sexe est acquis, alors que pour le jeune garçon, son sexe est toujours à confirmer. La remontrance régulière étant: si tu  ne fais pas ceci, tu ne seras pas un homme... ne fais pas cela, c'est seulement les filles qui le font, et ainsi de suite.

D'où, chez l'homme un malaise qui peut s'installer et perdurer quant à l'identité exacte de son sexe.

Dans son dernier opus*, la voici qui s'en prend à la maternité, considérée comme aliénante, forçant la femme à rester à la maison pour s'occuper du nouveau-né. Elle dénonce l'ostracisme qui frappe une femme qui dénie son instinct maternel et critique durement cette « révolution silencieuse » qui rend la maternité et la féminité indissociable, naturelles et, somme toute actuelles dans un contexte de retour à l'écologie. Pour Madame Badinter, mère de trois enfants,il n'y a pas d'instinct maternel.

Dans la foulée elle s'en prend au supposé devoir d'allaitement, également aliénant, car la mère doit être « à la disposition » de son enfant, et dénonce l'attitude qui consiste à affirmer que la nature est bonne et que donc, tout ce qui va à l'encontre de la nature, est mauvais a priori.

Ainsi, les couches culottes qui sont composées de matières synthétiques polluent l'environnement, mais allègent considérablement le travail de la femme en lui permettant de les jeter plutôt que de les laver. Il est donc normal que la nature s'efface devant le confort de la femme.

Et ainsi de suite…

Je ne suis pas psychanalyste, mais je constate que la majorité des femmes veulent au moins un enfant, et quand on leur demande pourquoi elles répondent : « ben, c'est comme ça... ». C'est un ressenti, un besoin, un instinct, appelez cela comme vous le voulez.

L'instinct, c'est pas que les animaux, c'est pas quelque chose de dévalorisant, cela fait partie de notre nature, comme l'instinct de vie et de mort que la psychanalyste Badinter doit tutoyer tous les jours.

De plus, une femme est physiologiquement programmée pour avoir des enfants. J'imagine que cela ne doit pas être drôle des menstrues tous les mois, mais, que voulez-vous ? C'est comme ça.

Si une femme a des seins, c'est, en première instance, pour allaiter son enfant, là aussi, cela va de soi. Et tout le reste du corps de la femme est fait en fonction d'une maternité programmée.

Que des femmes soient moins réceptivesque d’autres à l'annonce de la maternité, je puis le comprendre, mais qu'elle ne vienne pas prêcher que la maternité n'est pas une facette de la féminité, que donner la vie a des enfants et les élever sont des tâches aliénante, qu’une femme « féminine » doit réduire au strict minimum.

Je n'aime pas les arguments personnels, mais, quand même, c'est facile, d'être une des plus grosses fortunes de France, de pouvoir  se payer des domestiques et des précepteurs qui se chargent de la maisonnée et des enfants qui s'y trouvent, et puis d'écrire, en étalant sa science, que la femme est faite pour tout autre chose que « ça », et que la nature n'a qu'à reprendre la place qui est la sienne: au service des hommes, et non pas le contraire.

Je ne crois pas que beaucoup de femmes se reconnaitront dans la prose de Madame Badinter. 

Non, la maternité n'est pas aliénante, l'éducation d'un enfant encore moins ! Je tremble à l'idée que, demain, les femmes en Europe, dont le taux de fertilité est particulièrement bas, fassent leurs les thèses de notre psychanalyste. Nous irions où ? La vie, que je sache, et jusqu'à nouvel ordre, se transmet par les femmes et par leur ventre.

A moins qu'elles ne veuillent, à l'instar de quelque docteur Folamour, réduire la conception et la maternité à une opération réservée aux laboratoires, dont le corps serait étranger à ce processus.

Quelque spermatozoïdes, un ovule, des éprouvettes, de la chimie et le tour est joué.

Il y a comme un « petit détail » dont Madame Badinter ne parle pas: l'amour !

Car la procréation, c'est aussi le résultat de l'amour, que je sache. C'est aussi une manière comme une autre de pérenniser cet amour à travers le temps.

Je n'ai pas l'impression que Madame Badinter ait abordé cet aspect des choses.

L'amour, pour elle, est sans doute aussi « aliénant. »

 

 

* Le Conflit, la femme et la mère. Flammarion, 269 p., 18 euros. 

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 17:23
bhl.jpg


Il est des arbres qui ne devraient pas être abattus. Surtout s'il s'agit de faire du papier pour les oeuvres de BHL (Bernard-Henri Levy),ce grand philosophe que la terre entière nous envie et dont nous sommes les fils indignes de sa pensée lumineuse.
Il sort le 10 février prochain deux livres (vous avez réservé ?), fruits de ses cogitations sur le monde présent et à venir. Des magazines viennent de lui consacrer de longs panégyriques  (à l'exception de Marianne et du Nouvel Observateur). Sa communication vaut celle d'un pro, d'un homme qui sait comment vendre et comment penser vendre.
Las, il y a un lézard et de taille: dans le deuxième bouquin : « De la guerre en philosophie ». Ce grand esprit s'en prend aux autres (d'esprits): Marx, par exemple, est un « nul », un « esprit inutile », Hegel itou: « une source d'aveuglement ».
Kant, lui, s'en prend plein la figure: « fou furieux de la pensée, enragé du concept ».
On comprend combien étaient lucides ces vrais penseurs qu'étaient Castoriadis, Deleuze et Bourdieu et pourquoi ils tournaient dérision. ce play-boy qui croyait penser...
Mais survient le comble du ridicule: je cède la plume à l'article du Nouvel Obs.

« A la page 122 ("De la guerre en philosophie"), il dégaine l’arme fatale. Les recherches sur Kant d’un certain Jean-Baptiste Botul, qui aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ». Et BHL de poursuivre son implacable diatribe contre l’auteur de « La Critique de la raison pure », « le philosophe sans corps et sans vie par excellence ».
Il en sait des choses, Bernard-Henri Lévy. Le néo-kantisme d’après-guerre. La vie culturelle paraguayenne. Seul problème, Jean-Baptiste Botul n’a jamais existé.  (C'est moi qui souligne). Pas plus que ses conférences dans la pampa, auxquelles BHL se réfère avec l’autorité du cuistre. Ce penseur méconnu est même un canular fameux. Le fruit de l’imagination fertile de Frédéric Pagès, agrégé de philo et plume du « Canard enchaîné », où il rédige notamment chaque semaine « Le journal de Carla B. ». Un traquenard au demeurant déjà bien éventé depuis la parution de « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant », pochade aussi érudite qu’hilarante publiée en 1999 (et rééditée en 2004) aux éditions Mille et une nuits sous le pseudonyme de Botul. Une simple vérification sur Google aurait d’ailleurs pu alerter le malheureux BHL. Le même Botul y est en effet aussi répertorié pour avoir commis une œuvre au titre prometteur : « Landru, précurseur du féminisme  "

BHL se targue d'avoir déserté « ce mouroir » qu'est l'Université.
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 09:36

http://www.paranormalnews.fr/platon.jpgPlaton


Le mot se trouve chez Platon (Rep. 545.B) : « timocratie », soit le régime où commandent ceux qui recherchent les honneurs (timè, en grec, signifie « honneur »); il y a une autre création platonicienne: « théâtrocratie », régime de ceux qui se donnent en spectacle, qui se croient compétents sur tout, sans rien avoir appris, que cela soit au théâtre ou dans les autres domaines; les auteurs de cette déviance jouent à ceux qui savent et se croient au-dessus des lois et des serments (Lois III, 701 A.D).
N'est-ce pas une définition idoine du régime qui s'exhibe sous nos yeux ?
Un système qui fonctionne en actes, scènes, tous en rebondissements imprévus, suspense, effets de manche mises en scène savamment débitées par des conseillers ad hoc, fils de pub de père en filles.
Et, à y voir de plus près, c'est tout l'art de gouverner: nous tenir en haleine !
Voyez le sarko-show,  machine parfaitement huilée, la vedette connaît son texte jusqu'au bout des doigts en comptant les ongles et, reconnaissons-le, il est très bon dans son rôle, la preuve: il gagne les élections ! Le problème, c'est qu'il nous remet toujours le même couvert, à la longue cela devient nauséeux et, ces derniers temps, fatigue de l'acteur,  sa métamorphose en modeste dirigeant à l'écoute de ses administrés, sonne faux, il y a comme du chiqué qui transparaît au bout de ses interventions...
Les autres, c'est pareil. Obama est très bon aussi, plus glamour que lui tu meurs ! Et Blair ? Vous l'avez vu devant la commission d'enquête sur la guerre en Irak ? Tout bronzé, sourire Pepsodent, look Playboy qui se la joue modeste, posant avec le professionnalisme d'un habitué des défilés ! Pas étonnant qu'il ait grugé son monde durant toutes ces années.
Même cette Madame Merkel, si pénétrée de « deutsche Ordnung », qui excelle en parangon du sérieux germanique; elle doit y passer, on sent bien que ce n'est pas sa tasse de thé, mais elle se force et, persévérante comme elle est,  y arrive !
Voyez de Villepin et Sarkozy: Shakespeare ou Labiche ? vous avez le choix... vous préférez Goldoni ? Comme vous voulez !
Le nombre de conseillers en « communication », de « relookeurs », de spécialistes de ces techniques crypto-ésotériques dont les hommes de théâtre, politique ou non, font leur quotidien...absolument édifiant. Et les frais de « représentation », si justement nommés ? Astronomiques !
Et puis dans notre petite vie à nous, obscurs et sans grades, « on » veut nous déguiser, nous affubler d'oripeaux griffés, de montres et d'accessoires ad hoc, ce qui vide nos poches pour remplir les leurs, mais c'est pas tout; « on » veut nous faire repousser les cheveux, corriger les seins, aplatir le ventre,  redresser le nez et ragaillardir la zigounette, rien de moins s'il vous plaît ! Et il y en a des tas (et des tasses !) qui jouent le jeu et s'y croient malins.
Mais, me rétorquerez-vous, après tout la vie est une tragi-comédie, et le divin Shakespeare n'a-t-il pas écrit que la vie est un théâtre ? Alors de quoi vous plaignez vous ?
Je suis tout-à-fait d'accord avec ce grand dramaturge, mais au moins, vivez votre propre rôle et pas celui que les uns et les autres veulent vous voir jouer. Soyez vous-mêmes ! Si vous êtes vous-mêmes, vous vous connaîtrez-vous mêmes et vous connaîtrez les dieux (et les déesses) comme il était écrit sur le fronton du temple de Delphes.
Voilà qui, en passant, fera plaisir à Socrate.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 17:21
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Je voulais écrire quelques lignes sur le dernier roman de Jim Harrison « Une Odyssée américaine », « The english major » en anglais, publié par Flammarion.
Et puis l'actualité s'invite parfois à contre-temps, Salinger vient de mourir à 91 ans, je ne dirai pas que cela tombe bien, mais cela me permet de faire d'une pierre deux coups tant le dernier opus de Harrison s'inscrit dans la suite de « L'attrape-coeurs » de Salinger.
Le roman de Harrison est celui, somme toute banal, d'un sexagénaire du Middle-West qui se fait plaquer par sa femme de cinquante-huit ans qui le quitte pour son amant. Il y a des âges où les femmes ne devraient pas se conduire comme ça. Bref, le voilà expulsé de sa ferme, vendue aux enchères, et dont il n'a reçu qu'un dixième de la valeur, ce qui ne fait que cent mille dollars, pas de quoi se payer une retraite de rêve. La traitresse qui a plus de sous que lui et qui bosse dans l'immobilier empoche, elle,la plus grosse part du gâteau.
Le voilà parti, mais pas seul, il retrouve une de ses ex-élèves, du temps où il était professeur de lettres anglaises, elle a dix-sept ans de moins que lui, doit se rendre dans le Montana, ce qui est sur sa route depuis qu'il a décidé de parcourir les Etats-Unis à bord de sa Taurus (c'est une vieille voiture).
Le sexe s'invite au cours de ces étapes, ce qui a le don de déplaire à la critique de « Télérama », Martine Laval, qui ne voit que laborieuses prouesses de cul tout au long de cette narration. Qu'un sexagénaire baise, cela doit lui sembler indécent, pauvre pimbêche !
A l'instar du héros de Salinger, Holden Caufield, qui erre dans  Manhattan,  celui de Harrison nous narre l'Amérique qui se présente à lui, tout au long des kilomètres que sa vieille bagnole avale sans rien dire. « Au fond, on n'a été qu'une armée d'occupation », conclut-il,  que ce soit pour les Indiens ou les Irakiens ». 
Il y a comme une nostalgique régression vers l'adolescence qui le pousse à rebaptiser les Etats qu'il visite et à changer leurs emblèmes à défaut de les changer tout court.
Tant qu'à faire, pourquoi ne pas modifierr le nom des choses, cela nous donne au moins l'impression qu'elles ne sont pas telles qu'elles se présentent ?
Et comme Holden Caufield, il s'interroge sur le monde, les gens et le sens de la vie, si du moins elle en a un, ce qui donne: «  L’usage du téléphone était bien pire que de marcher sur une crotte de chien ou, la nuit, dans une bouse de vache fraîche. «  
L'Odyssée se termine au terme de la Taurus, en Californie où vit son fils qui s'occupe vaguement de cinéma. Son ex-femme est revenue de ses illusions, la vie continue, pourquoi se poser des questions, les choses sont ce qu'elles sont et la mort n'est qu'un passage obligé.
Harrison nous livre, au bout des tribulations de son héros, une leçon de philosophie dont l'arcane secrète réside dans cette faculté que nous avons à réduire la réalité à l'aune de nos sentiments.
Holden Caufield, lui, vit toujours, il se trouve quelque part entre la 8em avenue et la 47em rue, il attend une petite amie qui ne viendra pas au rendez-vous, ce qui est tout-à-fait dans l'ordre des choses, à seize ans elles posent toutes des lapins.
Mais ce n'est pas grave !

http://livingromcom.typepad.com/my_weblog/images/salinger_1101610915_400.jpg

 
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 09:51

kant



 

Une Révolution, ce n'est pas une émeute. Mai 68 n'était qu'une émeute, au mieux une révolution manquée, sabotée par les communistes. Une émeute, c'est un prurit qui fait gratter, trépigner, mousser, et puis tout se calme, suffit d'un onguent à la cortisone. Oublié !

Une révolution, cela se prépare d'abord dans la tête où quelque chose, un « on ne sait quoi » dit que les choses ne sont plus à leur place et qu'il faudrait bien que l'ordre change. Alors on gamberge, on réfléchit, ce qui signifie étymologiquement que l'on rentre en soi, et puis un beau jour tout s'éclaire, devient transparent, et c'est un « eurêka » triomphal que l'on pousse dans la rue. 

Toutes les révolutions commencent dans la rue.

Au 18em siècle, c'est précisément ce qui s'est passé. Longtemps avant la révolution française, avant celle qui déboucha sur l'indépendance des Etats-Unis. Et bien avant la publication de « Critique de la raison pure » de cet incontournable M. Kant.

Ce luthérien austère, célibataire et vierge avait la prescience d'une incongruité.

Depuis Platon, se disait-il nous subissons la tyrannie du couple disjonctif « apparence-essence », or, dans ce couple, il y a quelque chose qui cloche. Descartes l'avait aussi remarqué mais, sous l'influence du thomisme, il n'a pas su ou voulu aller jusqu'au divorce. Kant n'a pas eu ce scrupule.

Il n'y a pas d'apparence,se dit-il un beau jour au terme de sa célèbre promenade quotidienne, il y a une apparition, et cette apparition a, ou non, un sens.

Et c'est ainsi qu'il substitue au couple disjonctif « apparence-essence », le couple conjonctif « apparition-sens ».

(Vous aurez remarqué que je m'inspire sans vergogne du cours de ce regretté Gilles Deleuze, auquel je rends l'hommage qui lui est dû).

Mais, s'il y a apparition, il y a aussi les conditions de l' apparaître de l'apparition, et ces conditions appartiennent à l'être auquel apparaît l'apparition.

Et cet être est le sujet constituant des conditions sous lesquelles ce qui lui apparaît apparaît.

D'où le couple conjonctif: « phénomène-conditions » qui se substitue, lui aussi au couple disjonctif, « apparence-essence ».

Et c'est la révolution, ou, en d'autres mots, une nouvelle remise en place, un ordre nouveau des choses.

Désormais, c'est le sujet qui conditionne l' apparition. Il est central. Il donne ou non du sens à « son » apparition, sans lui il n'y a pas d'apparition, même s'il y a un apparaître.

Par lui l'apparition, c'est les conditions du fait d' apparaître et ces conditions de l'apparition sont les catégories et l'espace-temps.

Si le sujet rencontre « quelque chose » qui ne se laisse pas attribuer de catégories, ce n'est qu'une chose « en tant que pensée ».

Dieu ne se laisse pas enfermer dans des catégories, et il est hors de l'espace et du temps. Par conséquent, Dieu est une chose « en tant que pensée », un « noumène » comme disaient les Grecs. Dieu est hors de portée de notre raison. C'est un objet de foi et non de connaissance, c'est un postulat dont le sujet a besoin, ajoute Kant, et qui fait déboucher la morale sur la religion. 

On le voit, Kant met Dieu à la porte de la raison, mais il le fait rentrer par la fenêtre, côté morale. Ce n'est pas par prudence, mais tout simplement parce qu'il reste croyant.

Mais tout ceci n'empêche pas que Dieu désormais change de registre et que le sujet, c'est-à-dire l'homme, devienne central.

L' homme comme référence horizontale, mais aussi verticale, « axis mundi », ou trait d'union entre le monde et Dieu. On peut le prendre comme on veut, l'homme est incontournable.

Au 18em tout le monde ne lisait pas Kant (et qui lit Kant de nos jours ?), mais cette idée (dans le sens le plus vulgaire du terme, bien sûr) taraudait tous les esprits. Le génie de Kant est d'avoir compris et exposé de la manière unique qui est la sienne, cette aspiration vers la rationalité et l'humanisme.

De là, à ce qu'entre les sujets il n'y ait plus, ou moins, de catégories (dans un sens non kantien), il n'y a qu'un pas que d'autres franchiront allègement.

A partir du moment où Dieu est une « chose » uniquement pensée, après tout, le Roi qui l'est par la « grâce de Dieu », l'est aussi et les catégories, à l'un comme à l'autre ne s'appliquent pas.

D'où la désacralisation progressive qui devait inéluctablement mener à la révolution, et à ce 21 janvier 1791 qui vit le père décapité.

Le sujet comme axe du monde avait donc de beaux jours devant lui, et il ne s'en est pas privé.

Mais quid de la nature de ce sujet ?

N'est-il pas, lui aussi, une chose pensée ?

C'est ce que, petit à petit, certains se mirent à croire et, sans qu'on y prenne garde, le sujet, constituant des conditions de l'apparition, se retrouve insidieusement réifié par palier, pour finir catégorie lui-même d'un apparaître qui le transcende.

Voyez le sujet dans les régimes dictatoriaux, fascistes, nazis, stalinistes.

Et parmi nous, dans l'empire néo-libéral où ce n'est pas l'empire qui est une apparition, mais le sujet-réifié  l'apparition de l'empire.

Et aussi dans les théocraties wahabites, salafistes, évangéliques: le sujet procède de la doctrine et non l'inverse.

Kant croyait en avoir fini avec la métaphysique, elle revient pareille à une mauvaise herbe.

Sommes-nous encore kantiens ? La réponse est non !

L'éblouissement de sa liberté, le poids de sa responsabilité, la déviance envers sa raison ont poussé l'homme quitter son être propre pour se réfugier dans le « on »; de là sa réification d'autant plus rapide qu'elle était, dans son subconscient, souhaitée.

L'homme est quelque chose qui doit être dépassé.

"J'aime l'homme qui veut créer ce qui le dépasse et en meurt" (Nietzsche)

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 09:29






« Nous ignorons tous de quoi nous vivons, alors comment pourrions-nous rater quelque chose et avoir des regrets »

 

La divine Suissesse nous a quittés voici soixante-sept ans.

Elle est partie au détour d’un chemin de montagne. On l’a retrouvée étendue près de sa bicyclette; trois mois d’agonie et elle expirait ce monde qui l’avait tant heurtée.
Famille riche, jeunesse comblée de tout et d’abord d’ennui. Amitiés particulières, drogues, talents, voyages au bout de ces mondes qu’elle illuminait de sa beauté androgyne.

Osmose avec les enfants de Thomas Mann, conflits avec les siens, son pays, ses traditons, et sa manière si prude, si conforme d’être pour ne l’être pas.

Amérique, Afghanistan, Proche-Orient, Congo, terres d’exils, de rencontres, de nuits opiacées et de matins clairs et doux comme les cheveux des femmes qu’elle aimait

Sienne cette parole, d’un frère, un autre génie : Nietzche.

« L’homme noble, sache-le, est une pierre d’achoppement sur la route de tous les autres ».

Elle disait que la liberté n’est que dans la mesure où nous pouvons en faire usage, qu’après il fallait s’en aller, sans un regard en arrière. L’éternité est toujours devant soi, les regrets ne sont que des miasmes qui s’en vont emportés par un vent anonyme et froid.

 

   

 

 


 

Où sont les délires des dieux

adulants

et ta précieuse

et suspecte beauté ?

enivrant de vaporeuses naïades…

Les  hashichs expirent

leurs fumées

en spirales…

légères …

dansantes…

et enveloppent les mortels

de leur exsangue

chorégraphie…

viens, Annemarie, viens…

 
 

 


 

 


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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 09:08




Sarkozy est malade. La pathologie a un nom: « complexe d'Obama ». C'est ce que mes confrères (excusez du peu) de « Newsweek » nous révèlent. Mais je vous rassure, amis lecteurs, la maladie, incurable, n'est pas mortelle. Elle se caractérise par une irritabilité chronique, un tonus psychologique cyclothimique et une hyperkinésie à caractère maniaco dépressif.
Le magazine compare Obama à l'acteur Denzel Washington « tout en dignité et réserve » et son homologue français à Joe Desci « tout en tics et frime ». Si le premier snobe le second, cela peut faire des dégâts chez le dernier et aboutir au divorce.
Si c'est le cas, je crois qu'Obama s'en fout.
Quelle semaine que celle qui a vu le bal des hypocrites et des sophistes.
A commencer par l'affaire Polànski où des sommets ont été atteints pour défendre par tous les moyens, y compris les plus ignobles, les turpitudes passées d'un cinéaste dont le talent serait, à les en croire, au-dessus des lois et de la morale. Je l'ai suffisamment commenté pour ne pas m'y attarder outre mesure. Le spectacle était révélateur de l'état de déliquescence intellectuelle qui caractérise nos élites donneuses de leçons au monde entier.

Et l'affaire iranienne qui a vu notre Président rouler des mécaniques comme d'habitude et menacer ce pays sur un ton comminatoire pour finalement accepter que la France enrichisse elle-même l'uranium iranien.

Incroyable, non ? Ce qui lundi dernier était inacceptable, le devient jeudi, dès lors que notre pays peut se mettre au service de l'Iran et lui vendre l'enrichissement tant décrié. Ce sera tout profit pour la France et puis, on vient de l'apprendre, l'Iran est actionnaire du site atomique de Tricastin à concurrence de dix pour cent. Faut donc croire que cet enrichissement n'était dangereux pour la planète que dans la mesure où les Iraniens seuls y procédaient... Si vous comprenez quelque chose à cette démonstration envoyez-moi un dessin. Merci !
Autre hypocrisie: l'indignation de ce M. Hortefeux, ministre de l'Intérieur qui pique une colère sur les juges d'application des peines coupables, selon lui, d'avoir relâché un dangereux récidiviste qui a enlevé et assassiné cette malheureuse femme, Marie-Christine Hodeau. Les magistrats ont répliqué aussi sec. La loi a été respectée, le problème, le drame même, c'est que si la loi existe, les moyens de son application sont absents faute d'hommes et de moyens. C'est très facile, ajoutent-ils, de voter des lois, mais dès lors qu'il s'agit de la mettre en oeuvre l'argent manque et, c'est connu, les politiques hésitent à ponctionner le contribuable pour soigner comme il le convient, des criminels dont le risque de récidive est patent. Et il faut ce fait-divers ignoble pour que l'on parle, aujourd'hui, de castration chimique obligatoire et de suivi après la libération. Le débat fait rage et puis tout se calmera. Ainsi va la vie, sauf celle de feu Madame Hodeau.

Le sommet de toutes ces mises en scène, c'est l'Irlande ! Votez, bon peuple souverain, mais votez bien, sans quoi...
Comment peut-on encore se targuer de donner des leçons à ces supposés autocrates qui nous entourent dans des conditions pareilles ?

L'Irlande a voté oui a 67%... Et on va me faire croire qu'il n'y a pas de triche dans ce scrutin ? Allons donc ! Il fallait que l'Irlande vote oui. Par tous les moyens. Sans quoi leur petit joujou bruxellois se gripperait (c'est le cas de le dire...) et les enfants gâtés, c'est connu, n'aiment pas qu'on leur résiste. Et puis quoi ? il n'y a pas que les Afghans ou Iraniens pour bidouiller les urnes, non ?
Encore un effort, mes Excellences, et vous aurez des scores à votre image. Staliniens !
L'Europe ? Un stalinisme mou !

L'Irlande retournera un peu penaude dans le giron des bien-pensants, M. Blair aura un couronnement de carrière à sa mesure et l'Europe mercantile vaquera à ses affaires satisfaite, égoïste et repue à l'image de ce qu'elle est. Pas grand chose dans le fond.
L'empire romain décadent est mort sous le poids de ses lois inapplicables et de ses institutions obsolètes, à mille lieues d'un peuple qu'il ignorait superbement et qui,un jour, s'est réveillé.
Bonne nouvelle par contre sur le front des drogues dures. La religion n'en étant plus une depuis que le sport l'a détrônée, c'est Rio de Janeiro qui sera, en 2016, le shoot à la mode.

On s'en fout !


 

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 08:30


Deux ministres atterrés, un Président « très attentif », une presse choquée, cela fait du beau monde pour Roman Liebling, alias Polànski, mais sera-ce assez pour lui éviter une fin glauque et sans gloire dans une prison californienne ?

Les fais sont têtus et valent plus qu'un Lord Maire dit-on, surtout s'ils ont été perpétrés dans une Amérique à l'âme puritaine et qui n'aime pas les turpitudes au grand jour.

Hollywood, une séance de photo dans la belle villa de Jack Nicholson, une fille jeune, très jeune, que sa maman a chaperonnée jusqu'à la porte d'entrée. Des poses, de l'alcool, autre chose sans doute et puis un coït qui n'en finit pas de faire couler de l'encre.

Dans les mêmes circonstances, ils ont tous la même réponse: je ne savais pas qu'elle était mineure. L'excuse, même éculée, reste bien la seule.
Trente ans après les faits, il est difficile de juger un homme, surtout s'il ne représente plus un danger pour la société. Cet acharnement judiciaire ressemble plus à de la vengeance qu'à de la justice. Je l'ai pensé pour le procès Papon, je le pense pour celui, le deuxième, de Djemandjuk. En droit, vient un moment où il faut que le justicier s'efface sans quoi c'est le vengeur qui survient.

Le scandale dans cette affaire c'est que M. Polànski en 1978 ait pu calmement fuir les Etats-Unis et le procès qui l'attendait pour se réfugier en France où rien ne fut entrepris contre lui.

Les charges étaient pourtant lourdes: viol sur mineure. Ce n''est pas rien, et si M. Polànski n'était resté qu'un obscur M. Liebling, inconnu au bataillon des si selects réalisateurs à la mode, il aurait subi les foudres de la justice française.
Mais Marc Dutroux n'était qu'un adolescent tourmenté dans sa banlieue de Charleroi et les années 70 vivaient une débauche sexuelle que la pilule et l'avortement à la carte ne décourageaient pas. Pas du tout même !

Alors les Français ont fermé les yeux; un grand artiste qui revient dans une odeur de souffre et de scandale, quoi de plus normal chez le réalisateur de « Rosemary's baby » ? Laissons les pruderies victoriennes aux anglo-saxons, sachons nous montrer large d'esprit ont-ils dû se dire.

Las, il y a des justiciers têtus même dans la banlieue d'Hollywood. Têtus comme des pitt-bulls qui, comme chacun le sait, ne vont pas au cinéma.

Il y aurait une échappatoire à cette histoire; celle qui verrait Polànski accepter d'être jugé et reconnu, éventuellement, coupable. Et puis de s'en aller libre une fois le procès clos.

Mais ce n'est pas prévu dans le droit fédéral et dans le nôtre non plus. Trop grec sans doute...
Les années passent les faits restent.

Shakespeare en aurait fait une tragédie.
Il est mort !

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 18:38



L’autre jour, dans un prison de l’Etat de l’Ohio aux Etats-Unis, un homme, condamné à mort, est amené sur le lieu du supplice. Il doit succomber à une injection létale. Cela se passe en petit comité, les journalistes sont là avec les officiels et les membres de la famille de la victime du condamné. Les médecins tentent de le perfuser, ils ne trouvent pas de veine qui le permette, essaient encore durant deux heures et puis renvoient tout ce beau monde à mardi prochain, deuxième essai. Jamais deux sans trois…
Dans presque toutes les civilisations, il y a une règle non-écrite qui veut que dans le cas précis où des évènements imprévus empêchent une exécution capitale, on y voit un
« signe de Dieu » et qu’au condamné soit épargnée la peine suprême. C’est peut-être de la superstition, mais c’est ainsi.

Dans l’Ohio, rien de pareil. Le directeur de la prison a tenu une conférence de presse dans laquelle il a déclaré sur un ton sans appel que tout s’était déroulé conformément à la procédure ad hoc, sauf un détail : pas de veine (dans le sens littéral du terme) !.

Je regardais ce monsieur cravatté et rigide face aux caméras. Cet homme est un convaincu. Vous me direz que dans convaincu il y a « con », cela ne changera rien à sa détermination, l’administration est faite pour administrer les ordres donnés d’en haut et peu importent les signes « d’en Haut ».

Jim Harrison est ce remarquable écrivain américain qui, dans son dernier roman « The english major » (Une Odyssée américaine-traduction  Brice Matthieussent. Flammarion ed.), a cette phrase : « nous avons toujours été une armée d’occupation ». Son héros, un sexagénaire largué par sa femme (comme c’est odieux !) la prononce à la vue de ces réserves d’Indiens tristes qui se délitèrent lentement mais sûrement sous la houlette des « visages pâles ».

Les Etats-Unis sont une armée d’occupation « chez eux » comme en Irak et Afghanistan .

Dans les deux cas, la même assurance dogmatique, le même mépris de ce qui n’est pas dans « l’ordre des choses », la même cruauté sous le fard d’une justice vengeresse.
L’ordre des choses voulait que des hommes venus d’ailleurs apportent une civilisation à d’autres qui étaient chez eux et n’en voulaient pas. Injection létale pour tous avec effets à long terme. L’ordre des choses voulait qu’un homme ait une veine disponible pour recueillir le poison fatal, les médecins la trouveront. Ils ont des diplômes pour ça. Et en plus on les paie !

Cette assurance arrogante a une origine : la conviction religieuse ancrée dans un inconscient collectif qu’il y a les bons d’une part et les mauvais de l’autre. Que tout, dès le départ est soit blanc, soit noir. Que le blanc est pur et le noir impur. Que jamais les deux ne se mélangent.

Elle vient, cette conviction, d’une interprétation  des doctrines de Luther et Calvin, celles où transparaît l’idée de « prédestination ». Peu importent les œuvres – écrivent ces deux théologiens – c’est la foi qui sauve. Et la foi seulement. Et la foi est une assurance, ce genre d’assurance qui est la marque des directeurs de prisons.
Poussée dans ces derniers retranchements, cette idée que dès le départ tout est joué conduit à la stratification de la pensée et à l’éradication des sentiments. Les sentiments, laissons-les aux catholiques et aux poètes, disent-ils.
On la retouve, adaptée, dans tous les totalitarismes, qu’ils soient politiques. soviétiques ou nazis, mais aussi dans les fondamentalismes religieux ; évangéliques ou wahabites.

Et mardi prochain, si Dieu le veut, ce condamné se retrouvera devant des bourreaux habillés de blancs et docteurs en médecine qui finiront bien par lui trouver une veine.

Quant à Cliff, le héros largué de Jim Harrison, il finira par comprendre pourquoi les Indiens dépérissent, les femmes se lassent d’hommes exceptionnels et l’Amérique agonise sans fin au bout de ses certitudes figées et stériles.

Ce n’est qu’une histoire pathétique, comme la fin de l’Empire d’Occident. 

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 16:36
"Non possumus" (GODF, Lyon 2009)



Ce matin, le Convent du Grand Orient de France, réuni à Lyon, a décidé, par un majorité significative, de ne pas recevoir en son sein des femmes, de ne pas permettre l’affiliation dans ses Loges de Sœurs d’autres Obédiences, et il a rappelé son caractère masculin.

Voilà qui est clair.

Et assez consternant.

Consternant car l’article 1 de la Constitution du Grand Orient de France fait de celui-ci une institution philanthropique, philosophique et progressive qui a pour objet la recherche de la vérité ( ni plus ni moins), qui travaille à l’amélioration matérielle et morale et au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité.

Il faut croire que cet universalisme a une limite, celle du sexe.

Il y a d’autres Obédiences maçonniques, parfaitement respectables, qui ont une autre définition et qui s’y tiennent, je pense à  la Grande Loge de France.

L’arrivée de femmes dans les loges du Grand Orient aurait eu un effet d’émulation, comme c’est souvent le cas quand un sang nouveau dynamise un vieil organisme. Elles auraient apporté à cette « recherche de la vérité » leur touche personnelle, leur sensibilité propre.

Cet apport aurait chamboulé une Obédience qui, il faut bien l’écrire, s’endort depuis des années sur ses lauriers passés.

Car la question qui se pose aujourd’hui, bien plus que l’admission des femmes dans la plus vieille Obédience du monde, est de savoir à quoi sert encore la franc-maçonnerie.

Les valeurs défendues jadis dans le secret des Loges sont de nos jours inscrites dans le marbre des Constitutions modernes, les grands débats se font à la télévision, dans les journaux et, de plus en plus, sur l’internet.  Alors, à quoi bon  rechercher dans le secret de nos ateliers une vérité qui se discute publiquement ?

Restent les rituels. Beaucoup de maçons considèrent que les rituels sont d’essence essentiellement masculine et ils ont raison. Mais quand ils ajoutent que ces derniers ne s’adressent donc pas aux femmes, ce n’est pas à eux, mais aux femmes de répondre. A voir le nombre de femmes qui pratiquent ces rituels, dans d’autres Obédiences, je n’ai pas l’impression qu’ils aient perturbé bien des jupons.

Et si le Grand Orient de France est le gardien de pratiquement tous les rituels maçonniques, il n’en reste pas moins qu’il n’est pas que ça, qu’il recherche la vérité et qu’il estime toujours, en 2009, que cette recherche, il peut parfaitement la faire avec la moitié de l’Humanité.

Tout cela m’amène à conclure que décidément,  la franc-maçonnerie n’existe pas, qu’il n’y a que des francs-maçons et qu’à tout prendre, les Obédiences ne sont plus aujourd’hui que des appendices.

Des appendices qui permettent de se faire des relations, de nouer des amitiés, de créer des réseaux, de pratiquer et de vivre, dans une fraternité pas toujours factice, la beauté de rituels centenaires, de discuter philosophie, morale…

C’est déjà pas mal, mais au vu de cet article 1, ce n’est pas assez !

L’avenir du Grand Orient de France, dans cette perspective, c’est une anesthésie douce qui le verra muter pour devenir le pendant français des Obédiences anglo-saxonnes, des réunions de notables qui conservent l’acquis et s’en contentent.

Est-ce tout  ce qu’il nous reste à faire ?

Certainement pas dans une société qui se mondialise entre les mains de quelques intérêts privés, où des problèmes graves de justice sociale se posent, où la notion de démocratie devient de plus en plus sujette à caution, où l’information objective se réduit comme peau de chagrin.
Et, gravissime ! où la pensée unique est la doxa établie une fois pour toute !

La vocation de conserver est louable, mais ce n’est pas celle de tous les maçons ! 
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