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Texte Libre

Gilles Deleuze

"Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase: on va discuter un peu."
(Qu'est-ce que la philosophie ?)

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 08:59

Jadis, le Roi de France visitait ses sujets accompagné d’une petite escorte ; les braves gens l’acclamaient – on ne voit pas un Roi tous les jours ! – et puis, contente, Sa Majesté regagnait son Palais. Oh ! il y eut un ou deux ratés : Henry II et Henry IV, mais ce n’est pas grand chose au bout de tous ces siècles de monarchie.

Vous avez vu ce qui se passe quand Sarkozy se déplace ? Des centaines, voire des milliers de policiers et gendarmes mobilisés, tireurs sur les toits, hélicoptères, manifestants refoulés à coup de bombes lacrymogènes et de lances à incendie,  préfet muté si le travail a laissé à désirer.

Vous avez vu Strasbourg ? Depuis une semaine, la ville est en siège pour recevoir le sommet de l’OTAN.  Et Londres aujourd’hui, alors que ces éminences vont discuter de la sauce à laquelle ils vont nous manger ? Les contre-manifestations commençent à peine et déjà un mort !

Et ces cadres de société qui licencient, séquestrés, injuriés, conspués…

Moi, à la place de nos dirigeants, je ferai très attention…

Toutes ces tensions, ces déploiements de force nous démontrent combien est immense le fossé qui sépare les gouvernants des gouvernés, comme est immense la défiance naturelle de ces derniers envers les premiers. Un homme politique, dans la psychè de son électeur, c’est un menteur, un beau parleur. Bref, quelqu’un dont on se méfie.

Comment peut-on encore parler de démocratie dans ces conditions ?

Quel est notre impact, à nous électeurs, sur la politique économique et financière de notre pays ? Que pèsent nos opinions dans des conférences internationales du style G8, G20, Zone Euro ? Et il doit y en avoir d’autres, je ne les connais pas toutes.

Que sait au juste l’électeur lambda du Fonds Monétaire International, de la Banque Mondiale, de la Banque Centrale Européenne ?

Quelle est notre influence sur la politique militaire ou étrangère de notre pays ?  Sarkozy, que je sache, dans son programme, il n’a jamais parlé de l’OTAN, encore moins pour nous promettre qu’on y réintégrerait le commandement unifié !

L’Europe de Bruxelles. Quel passant connaît le nom du Président du Conseil, celui de un ou deux commissaires ?

Or toutes ses institutions pèsent sur quasi tous les actes de notre vie. La proportion de directives européennes intégrées dans le droit français par une simple ratification du Parlement National dépasse l’entendement. Le Parlement National, c’est une machine à entériner la volonté de l’exécutif national et de l’exécutif européen. Voilà où on en est arrivé !

Dites-moi alors, où est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ?

La démocratie meurt dès lors que l’espace où elle s’exerce dépasse la taille humaine.

Elle est née en Grèce, dans de petites cités indépendantes, peuplées de marchands qui, pour leurs affaires, préféraient, avec raison, la paix sociale et militaire avec leurs citoyens et voisins.

Elle était confortée par ces hommes qui cultivaient la sagesse et dont ils voulaient être les amis : les philosophes !

Mais comment voulez-vous instaurer la démocratie dans cet espèce de gouvernement mondial qui complique à dessein les problèmes pour mieux nous perdre dans les méandres de son fonctionnement ?

Alors il ne faut pas s’étonner si certains parlent d’Empire, de Nouvel Ordre qui se substitue à ce que nous croyons être une démocratie bien à nous.

Un Empire dont la gouvernance est réservée à quelques élus qui se réunissent au bout de procédures complexes connues des seuls initiés.
Des élus qui contrôlent les finances planétaires, y mettent non pas de l’ordre, mais leur ordre bien à eux et qui condescendent, de temps à autre, à recevoir tel ou tel politique qui leur fera allégeance.

Paranoïa ?

Hélas, non !

Qu’il sachent cependant, ces « supérieurs inconnus », que le peuple  n’aime pas les ténèbres, qu’il aspire à la Lumière fécondant les cœurs et les corps et que ces petits apartés commençent à le mettre sérieusement en colère, aujourd’hui qu’il a de moins en moins à perdre.

Et que viendra un temps où les digues se rompront et que, pareille à une marée déchaînée, l’ire populaire frappera les iniques et leur rendra gorge.

L’Insurrection qui vient !

  

Le titre de ce papier est inspiré de celui du livre éponyme publié par "La Fabrique" (Eric Hazan éditeur). A lire avec modération ! Sa lecture peut vous conduire en prison, demandez à Julien Coupat ! 

 

 

 

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 09:28
L'objectivité m'impose de préciser qu'il existe, en Europe comme aux Etats-Unis, des eglises de la mouvance évangélique qui ne rentrent pas dans les considérations qui suivent. Elles ne sont malheureusement qu'une minorité à promouvoir les droits des hommes et des minorités face à la toute puissance des autorités. Il n'en reste pas moins vrai que ce courant religieux - en pleine croissance et alimenté par l'argent des églises américaines - représente un réel danger pour la liberté de penser et l'esprit critique.

Extrait du film "Jesus camp"

On me l’avait dit. Je n’y prêtais qu’une attention distraite. Je sais pas pourquoi, mais, moi, les braves gens qui professent une foi de charbonnier, ils m’en imposent. Oui !
Et c’était ce que je faisais avec ces évangélistes, mosaïque de petites sectes les une plus fanatisées que les autres et qui aux questions qu’on leur pose vous répondent invariablement par des versets des écritures anônnés d’une voix de bon élève.
Ils proviennent des couches les moins intellectuelles de la population, ils ne se posent pas de questions, ils ont toutes les réponses dans la Bible et puis baste !
On ne peut pas demander à tout le monde de faire de longues études, mais de là,  à ne pas être curieux, je me pose des questions…
Ils sont les auxiliaires de la politique la plus impérialiste et réactionnaire que nous ayons à subir depuis la dernière guerre.
Le comble, c’est qu’ils ne s’en rendent même pas compte ! Ils sont manipulés et ne le savent pas, ne veulent même pas le savoir !
Ils sont persuadés d’être dans le vrai. D’être dans le bien ! Les autres, c’est le mal. Et les autres, ce sont sont les catholiques (papistes !), les païens et surtout les musulmans. Ils ont décrété, comme ça, que le jour où il n’y aura plus d’islam, le jour où tous les juifs auront rejoint leur « Israël », Jésus reviendra en pleine gloire et les juifs, émerveillés, se convertiront illico au christianisme ! Ridicule ? Oui,… assassin surtout !
Assassin, car ces gens participent inconsciemment- je le crois jusqu’à preuve du contraire-, à la politique etats-unienne, orchestrée par la CIA.
C’est vrai qu’ils proposent des avantages à ceux qui se convertissent (chrétiens arabes ou musulmans !) à leur « christianisme » : visa, argent, relations… tout s’achète !
Et dès que deux ou trois pauves types, chrétiens nestoriens ou musulmans les rejoignent, alors ils exultent. Alleluia !
Ils offrent, sans le savoir – sans vouloir le savoir - une assise spirituelle à un brutal impérialisme économique et politique.
Leur inconscience est inimaginable : envoyer, aujourd’hui, des missionnaires en Afghanistan, c’est comme envoyer des Témoins de Jéhova sur le front de l’Est en quarante-deux ! De la folie ! Une vingtaine de leurs adeptes, de malheureux Sud-Coréens, en savent quelque chose.
Ils poussent des cris d’orfraie dès que leur prêche est contré, mais n’ont pas un mot de compassion pour les deux-cent à trois-cent mille victimes civiles des évènements en Irak. Rien, pas un mot. !
Charitable « christianisme «,  que le leur !
Ils se proclament « chrétiens ». Les seuls, bien sûr ! Les autres (les catholiques, les orthodoxes, une fois de plus…) ce sont des crypto-paiëns.
Leur « christianisme » est réduit à une morale sexuelle et à une consécration religieuse de la propriété. Plus grave : une apologie de la richesse.
Il est surtout une reconnaissance du mode de vie américain (« american way of life »).
Et avec tout cela, ils se permettent de donner des leçons de morale à tout va.
Jusqu’à des leçons de sciences. Dieu a créé le monde en six jours. Exit Darwin !
Ils ne sont, en réalité, que le reflet navrant d'une décrépitude intellecteulle et sprirituelle de l’Occident, et je ne m’en réjouis pas, loin de là.
Ils accusent les musulmans d’être fanatiques. Les incultes ! s’ils connaissaient l’islam… mais ils ne veulent pas connaître, ils se complaisent dans leur réponses toutes prêtes, dans leurs petites certitudes de supermarchés de la foi.

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 09:33
 

Les temps sont durs, la Bourse se porte mal et les gens s’interrogent.

Nous vivons dans un drôle de système. Pensez, depuis Max Weber nous savons que le capitalisme a été légitimé par l’idéologie protestante. Avant, chez les catholiques et les musulmans, le prêt à intérêt était interdit. Tout juste bon pour les juifs qui, naturellement sont devenus banquiers, une des rares professions qui leur était réservée.

Les Protestants, s’ils s’enrichissaient, ne dépensaient cependant que le nécessaire. Gens austères, pingres, s’habillant de noir, s’abstenant de boire du vin et de manger gras, ils thésaurisaient à outrance. Riches et écononmes.

Voyez leurs portraits dans les galeries anglaises et hollandaises. Pas le genre de bonhommes avec lesquels on prendrait un pot dans un troquet.

C’était le temps où les riches étaient riches et les pauvres pauvres. Et si les uns étaient riches et les autres pauvres, c’est que Dieu en avait décidé ainsi. Chez les Protestants, Dieu bénit les riches.

Aujourd’hui, les temps ont changé. Il y a toujours des riches, mais ces riches ne restent riches que si les pauvres ne veulent plus rester pauvres sans pour autant devenir riches.

Je m’explique :

Les riches ne thésaurisent plus tellement. Ils investissent dans la production de biens de consommation. Des biens nécessaires et d’autres qui le sont moins.

Pour rentabiliser leurs investissements, ils faut que les consommateurs achètent. Il faut donc consommer. Plus on consomme, plus les riches gagnent. Clair !

Or pour acheter, il faut de l’argent. Alors quand le consommateur n’en a pas, on lui prête de l’argent. Après tout, se disent les banquiers, l’argent c’est une marchandise comme une autre, prêtons !

Et comme plus un banquier prête, plus il gagne des intérêts, la tentation est forte de prêter même à de braves gens qui ne seraient pas en état de rembourser.

Ce qu’il faut, c’est que la machine tourne, que les gens consomment et pour ce faire il doivent avoir de quoi.

Il ne faut pas s’étonner, dès lors, que la machine se grippe, que tout le système vacille sur ses fondements et qu’une crise grave s’installe, perdure et ruine les espoirs des uns et des autres.

C’est le prix à payer dans une économie de la consommation.

On parle beaucoup aujourd’hui d’une autre civilisation. Le Président Sarkozy semble en avoir découvert tout l’impact, qu’il réserve à ses effets médiatiques, mais passons…

Toujours est-il que l’on peut se poser la question : vivre dans un système où la consommation est l’origine même du vécu économique, est-ce encore supportable ?

Ne faudrait-il pas en revenir aux fondamentaux ? A savoir, se nourrir, sainement de préférence, savoir que la sécurité sociale est la règle en matière de maladie et d’invalidité. Que se loger dignement ne soit plus un luxe réservé à une élite. Que le superflu est le superflu et non pas le nécessaire.

Que le bonheur ne réside pas dans un compte en banque, que se payer onze mois sur douze d’ embouteillages et un boulot stressant , pour un mois de vacances sur une plage surpeuplée n’est pas la vie…

Logique me répondrez-vous.

Mais si vous, braves gens, cessez de consommer comme des malades, les riches deviendront moins riches et comme leur richesse est très virutelle de nos jours, elle se concentre dans des valeurs mobilières à  rendement juteux comme la haute technologie (vous savez ces téléphones qui photographient et servent le café en même temps…), leurs actions vont perdre de la valeur et donc ils seront moins riches et donc ils investisseront moins et donc il y aura moins d’emploi et donc il y aura plus de chômeurs et donc plus d’allocations et ainsi de suite jusqu’à défaut de soir, un grand krach….

Alors quoi ? Vous vous imaginez un riche déclarer : j’ai réfléchi, après tout je peux très bien vivre avec un peu moins et investir mon super-superflu dans des secteurs non retables comme l’éducation, la recherche, l’écologie… ? On peut rêver, non ?

Et vous, êtes-vous encore capable de vous désintoxiquer et de réaliser qu’après tout vous n’avez peut-être pas besoin d’un i-pod dernier cri pour demander à votre copain : « t’es où ? » ?

Une nouvelle civilisation, c’est aussi la volonté de changer de système.

Et changer de système c’est opérer une révolution.

Soyons révolutionnaires.

Non ?

 

 

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 09:31

Sur quoi repose la dignité ?
Peut-on abdiquer sa dignité ?
La dignité s’acquière-t-elle, ou est-elle un don ?
Est-on propriétaire de sa dignité ? 

Quelques pistes pour répondre à ces questions : 

La dignité de l’homme est sa liberté. C’est la liberté dont il jouit et à laquelle il a gratuitement droit, qui fait que l’homme est différent de l’animal, qu’il est un sujet et non un objet.

La grande tentation, ce que j’appelle le « péché mortel », c’est de vouloir faire de l’homme- sujet, un objet. Objet sexuel dans les relations homme-femme, objet économique dans les relations de travail. Objet de l’intellect dans les relations de pensées.

Ce qui est difficile dans les relations humaines est précisément ce respect dû à la liberté de l’autre, à la considération qu’il mérite comme sujet. Un sujet ne se manipule pas, sa présence est présence d’un « autre » qui suppose le respect e sa personne.

La dignité de l’homme est ce « quelque chose qui est du à l’homme en raison même de son humanité. » nous enseigne Paul Ricoeur.

Cette notion de dignité inhérente à l’homme etait inconnue chez les Grecs et les Romains. C’est une notion développée par les philosophes de la Renaissance  et consacrée par les avocats de la Révolution.

C’est à partir de l’indignation que les penseurs consacrent la dignité.C’est, précisément, parce que nous nous sommes indignés (de l’injustice, des crimes, des persécutions, des exclusions etc…) que nous avons conçu une dignité octroyée sui generis à tous, sans distinction.
Lisons Kant :
« L'humanité elle-même est une dignité; en effet l'homme ne peut jamais être utilisé simplement comme moyen par aucun homme, mais toujours en même temps comme une fin, et c'est en ceci précisément que consiste sa dignité (sa personnalité), grâce à laquelle il s'élève au-dessus des autres êtres du monde, qui ne sont point des hommes et qui peuvent donc être utilisé, par conséquent au-dessus de toutes les choses ... L'homme est obligé de reconnaître pratiquement la dignité de l'humanité en tout autre homme et par conséquent sur lui repose un devoir qui se rapporte au respect qui doit être témoigné à tout autre homme . »
(Doctrine de la vertu, p 140).

«Il y a- dira Simone Weil- depuis la petite enfance jusqu’à la tombe, au fond du cœur de tout être humain, quelque chose qui, malgré toute l’expérience des crimes commis, soufferts ou observés, s’attend invinciblement à ce qu’on lui fasse du bien et
non
du mal. ».

 Et la philosophe conclut :
«C’est cela, avant toute chose, qui est sacré en tout être humain ».

Abdiquer sa dignité est une tentation permanente. Elle permet de redevenir « chose », une chose sans responsabilité, une chose que l’on manipule, une chose qui va se réfugier dans un anonymat complice.
C’est actuellement le plus grand danger qui menace l’homme contemporain. Tout concourt à vouloir faire de lui une chose : publicité, politique, vie économique : « on s’occupe de vous, laissez-nous faire ! » voilà, en quelque sorte le slogan le plus porteur pour les âmes timorées et soumises. « On s’occupe de moi ! » : rassurante assurance !

Et pourtant :

« L'homme est quelque chose qui doit être dépassé » !

Sacré Nietzsche !

 

 

11.05

 

 Dignité de la femme africaine. 


 
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 10:01


(Giorgio De Chirico)


Le silence est espace, non pas au sens géométrique mais métaphysique du terme. Il est cette ré-flexion matricielle, cette regressio ad uterum totalement intime par laquelle s’articule le travail de la conscience.

Il n’y a pas de conscience pure, comme le prétend à tort l’orientalise, mais une « conscience de ». C’est à l’orée du « de » que s’installe le silence, que « se fait » le silence, prélude au silence instrumental.

Espace et instrument, le silence pose- Heidegger dirait « appelle - un monde intime au sein duquel il se mue en instrument. C’est par lui qu’est posée la parole à l’instar de l’étant qui procède de l’être.

Sans silence, pas d’éclosion de l’étant. Pas d’origine d’une présence dont la grâce est engendrée dans le ravissement du silence.

Le silence n’est donc pas un vide, un vide est creux, c’est un passage, un tunnel, une grotte, un trou noir, une matrice, un réceptacle sans plus. Le silence est berceau de fécondité, d’attente, c’est l’ expir fécondant.
Il « est » avant ce qui sera manifesté. Il est coulisse de l’être.

Il est présence.

Mais faire silence ne veut pas dire être muet. Le silence est signifiant, le mutisme ne signifie rien personne. Il est abssence.

Ce monde est celui de la  communication. Cette dernière n’implique a priori aucun échange, elle délivre un message sans plus. Elle veut convaincre et dans convaincre il y a vaincre. Cette communication est l’expression verbale d’un mutisme intéressé.

Le silence est, lui, prélude au logos, la parole. La parole est l’expression de l’étant, la vision de ce qui procède de l’être. En allemand sagen (dire) et sehen (voir) ont la même racine.

La parole permet de « voir » ; elle n’est pas « là » pour vaincre mais pour se faire voir – et donc reconnaître - par l’autre. Elle est une apparition dont l’apparaître est le moi le plus profond.
Cet espace instrumental, nous le retrouvons dans la littérature sacrée :

 

Rois 6-7 : « On n’a pas entendu le bruit du moindre marteau, pic ou autre outil de fer durant toute sa construction (du Temple de Salomon). »

Jésus devant Pilate qui lui demande ce qu’est la vérité et qui se tait.
Le Prophète silencieux des musulmans, celui chez lequel on vient contempler le silence.

Plus prosaïque : la femme silencieuse, don de Dieu, dans l’Ecclésiaste.

 

Nous demandon aux jeunes de faire silence. N’est-ce pas trop leur demander ?
Ce devrait être le propre de viellards blanchis sous le harnais et qui ne doivent plus parler pour dire.
Les jeunes confondent silence et mutisme. Détrompons-les !
Et qu’ils se détournent du babil, de ces paroles vaines et inutiles, de ces remplissages de vides que trop souvent nous sommes forcés d’entendre et de subir !

Notre temps profane n’aime pas le silence, le bruit alentour le détourne d’une angoisse qu’il ne peut plus assumer seul et qu’il trompe par une incessante musique d’ascenceur.
Le silence révèle la peur de ceux qui veulent le tromper et, partant, se tromper.

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 18:52

L'ANNONCE FAITE EN ANGLAIS...

continental

 

 

C’était hier à Clairoix, un cadre de l’usine Continental s’est adressé aux ouvriers et leur a dit en anglais que l’usine cesserait fin mars sa production de pneumatique. Il comprennent pas l’anglais, ces pauvres gens assomés par cette déclaration ? Tant pis ! Dit, c’est dit et plus de mille emplois sacrifiés ! A la brutalité de l’annonce s’ajoute la morgue, le fossé culturel entre ceux qui maîtrisent la langue de l’économie de marché et ceux qui la subissent.
Aujourd’hui, le PDG de Continental a voulu s’expliquer. Les ouvriers lui ont balancé des œufs à la figure. Rien que des œufs, braves gens !

Cela me rappelle une autre annonce, tout aussi arrogante celle-là. A Bruxelles, il y a douze ou treize ans, un cadre de Renault arrive de Paris, il a réservé un salon à l’Hilton pour y donner une conférence de presse : un quart d’heure ! L’usine de Vilvorde sera fermée. Trois mille ouvriers sur le carreau. Ce Monsieur, au bout de sa courte déclaration, consulte sa montre et, sans vergogne, demande : « le prochain train pour Paris, c’est quand ? »

A Clairoix, ces braves types avaient accepté d’oublier les trente-cinq heures, travailler plus pour gagner moins comme ne leur avait pas promis l’Autre ; voilà le résultat !
La classe ouvrière va au Paradis. Oui, mais après la mort !

Autre annonce, faite en français, celle du berger corse, Yvan Colonna, qui ne veut plus assister à son procès et s’en retourne dans sa cellule.
Je ne sais pas si Colonna est innocent, ce que je sais c’est qu’une Cour d’exception le juge et, par principe, je n’aime pas les Cours et Tribunaux d’exception. Il y a comme une suspicion de partialité dont l’effluve enrobe les débats et le vicie. Pourquoi ne pas avoir jugé cet homme comme n’importe quel assassin présumé ? La vie d’un préfet est-elle plus précieuse que celle d’un citoyen lambda ?
Je sais une chose, c’est qu’aujourd’hui,
 du peu que je connaisse des débats, je n’aurais pu me faire un conviction intime de la culpabilité de l’accusé, doute qui lui aurait profité.

Recourir aux juridictions d’exception, c’est la marque des régimes faibles qui compensent leur déficience par une autorité aux ordres.

On nous parle beaucoup de choses et d’autres, mais pas assez de refondation morale. Une refondation qui mettrait la vertu en première ligne et qui serait le signe de reconnaissance de nos responsables politiques et sociaux. On peut rêver !
A la place, il y a les réseaux, les influences, les copinages, les apartés, les coulisses, les chuchotements et les non-dits.

Ils nous parlent de démocratie et nous assurent du bonheur de vivre dans cet état. Mais vote-t-on à l’encontre de leurs intérêts qu’ils torpillent aussi sec la volonté populaire. Souvenez-vous de la Constitution européenne, voyez le sort qu’ils réservent à la volonté des Irlandais !

Durant l’Antiquité, les sophistes avaient une vertu, celle de savoir qu’ils l’étaient et de se prévaloir de leurs contradictions. Aujourd’hui ils ne l’ont même plus, ils nous prennent pour des imbéciles qui gobent leurs discours de circonstances. Demain, ils iront plus loin encore : plus de discours, des oukazes !

Vous avez dit démocratie ?

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 15:20


 *

Bonne fête, chères femmes, et toute ma compassion au toro !

* Photo: Conchita Cintron, décédée récemment...
 
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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 10:14

etienne


 

Il présidait l’observatoire des religions au sein de l’Institut d’études politiques d'Aix-en-Provence, le professeur Bruno Etienne s’est éteint il y a quelques jours.

On peut définir cet intellectuel méridional comme un « pontife », un homme qui bâtit des ponts. entre les cultures, les religions et ses semblables.

Il fut un des premiers à s’intéresser au phènomène religieux du point de vue du sociologue et, à ce titre, cet arabophone, diplômé de l’institut Bourguiba des langues (Tunis), s’interessât particulièrement à l’islam comme en témoigne ses nombreux ouvrages :  La France et l’Islam, Islam : des questions qui fâchent, L’Islamisme radical.

A propos du radicalisme musulman, il soutenait que cette mouvance de l’islam procédait non d’un cheminement linéaire de la tradition islamique, mais bien d’une influence occidentale où le mimétisme aveugle joue le rôle de catalyseur.

Bruno Etienne illustrait aussi les arcanes de l’ésotérisme musulman, en témoigne un article paru dans la revue « Vers la Tradition" où il donne le plan « ésotérique de la Smalah d’Abd-el-Kader, plan qui relève d’une géographie sacrée.

Partisan d’un islam gallican, seul à même de le réformer, il plaidait pour l’abandon de l’ethnocentrisme et l’affirmation de l’universalité du message mohammedien.

Ce Franc-Maçon du Grand-Orient de France n’en était pas moins un anti-jacobin, adveraire du cesaro-papisme étatique. Si l’Etat doit être reconnu par tous, il appartient aussi à l’Etat de reconnaître les différences et les protéger : sectes, bouddhisme, islam mais aussi régionalisme ont droit à une déférence qui leur est trop souvent niée par l’Etat Central lequel devrait, à l’instar d’autres pays européens, subsidier les cultes, les encadrer et reconnaître leur dimension sociale.

Avec lui disparaît un humaniste, un de plus, nous n'en connaissons plus beaucoup, le désert culturel gagne chaque jour d'immenses espaces autrefois fertiles d'échanges et de discussions; la pensée unique progresse et, avec elle, la désolante ignorance.

 

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 15:43
Jacques et des amis


Voilà où en est mon intellect au bout de ces mois de sakozye...
Je dois consulter ?


Reviens, Chirac ! On ne t’a pas apprécié à ta juste valeur. Il a fallu que l’autre se pointe, ce petit nerveux, dont je-ne-sais-plus-qui a écrit qu’il était un immigré hongrois en route pour l’Amérique qui a posé ses valises en France, pour réaliser combien on a été injuste envers toi !

T’es un enfant du pays ! Tu aimes le bon vin (la Corona aussi, mais c’est pas grave), l’odeur de la terre, le cul des vaches, le parler paysan, les filles de chez nous (mis à part un caprice italien,, mais tout le monde a ses défauts). Tu serres les pognes et tu aimes ça.

La foule  t’électrise, ta réplique est vive et spontanée, il y a du terroir qui se dégage de ta présence et avec toi on est heureux de se sentir de quelque part, pas loin d’ici..

L’autre, il boit de l’eau ( !), paraît même qu’il fait dans les karaoké quand le Perrier lui monte à la tête (toi, tu aimes le Sumo), son terroir c’est l’Amérique ou, mieux ! la Californie, et s’il a pas le temps d’apprendre l’anglais, même que son français est juste, il s’en contre-fout comme le dernier de ses ministres..
Il sait pas d’où il vient, dit que les racines ça freine, que l’important n’est pas derrière mais devant, que le passé n’a qu’à flamber, que l’avenir c’est tout droit et tant pis pour les pâquerettes que l’on écrase, le progrès est à ce prix.

Il appelle ça : rupture !

Toi, des racines t’en as plein, il n’y a qu’à te voir au salon, chez les paysans, pour comprendre combien la terre et toi faites bon ménage, un homme qui aime la terre à ce point ne peut être mauvais.

Non ?

Après tout, Jacques (tu permets que je t’appelle Jacques, n’est-ce-pas ?), on demande quoi, nous Français, au premier magistrat ? D’être un père ou à défaut un grand frère… rien de plus.

De Gaulle, c’était le père, toi le grand-frère. Jamais on n’aurait imaginté boire un canon avec le grand Charles, une Corona, au zinc en ta compagnie, c’était faisable et çà le reste, cela ne dépend que de toi !

Et même qu’en la sirotant, on ne devrait pas parler de politique ; le pays, les gens, les jours avec et les jours sans suffisent… pas besoin de grands mots, de belles envolées… on se reconnaît entre nous, l’autre on le connaît pas, c’est tout !

Alors, tu te décides quand ?

Tu le sais comme nous, en face il n’y a pas grand monde. Les deux femmes se tirent la g…, le petit facteur plaît à ma fille, mais plaire aux fille n’assure pas vraiment, reste Bayrou…

Vous vous étiez un peu disputé sur la fin, mais faudra passer dessus.

Tu le prendras comme premier ministre. Un vrai de ministre cette fois ci, avec un vrai gouvernement et un Parlement qui discute, râle et finit quand même par voter.

Et si des fois il te manque un sous-secrétaire quelque part, je veux bien t’aider…

Et toi tu présideras ce petit monde comme on attend d’un grand-frère qu’il finisse papy.

T’en penses quoi ?

  
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 08:41
Imaginons un immense océan tout bleu sur lequel flottent des millions de petites îles. Ces îles ne sont peuplées que par un habitant, un seul. Vous, moi, le voisin d’en face et ainsi de suite. Cet océan, ces îles, sont une image de vous et de nous dans l’existence.
Cette île est votre monde, vous l’avez agencé plus ou moins comme vous le souhaitiez. En y édifiant des murailles pour le défendre ou, au contraire, en aménageant un port pour en faciliter l’accès. Dans notre île, nous avons nos codes, nos signes, nos conventions. Ces derniers nous sont personnels et instables, il varient selon l’intensité de nos affects. Ils ont aussi une origine, ils ont été façonnés par le temps que nous avons passé « ailleurs », dans une autre île, celle de nos parents, de nos éducateurs qui nous ont initiés à leurs propres codes avant notre affranchissement.
Après, nous avons occupé notre île à nous, nous avons trouvé notre territoire. Nous nous sommes, au terme d’une déterritorialisation et d’un temps de nomadisme, reterritorialisés.
C’est durant cette période de nomadisme que nos codes sont nés et se sont développés. Nous les avons trouvé ici ou là, nous les avons façonnés sur ce qu’on appelle un plan agencé par nos affects. Ce milieu est instable, il varie au gré du fllux de nos affects et de leur intensité.
A partir de notre île et de notre plan, nous allons tirer des traits. Vers où, vers qui ?
A moins d’être totalement autiste et animé d’une irréductible asociabilité, le contact avec l’autre fait partie de notre nature. « L’homme est un animal politique » nous enseignait déjà Aristote. Nous allons donc ren-contrer cet autre dans une con-frontation qui sera fonction de la nature de nos traits.
Toute la complexité des relations humaines réside dans le fait que nos traits, qui sont l’extériorisation de nos signes et conventions,  clairs et convenus pour nous, ne le sont pas ipso facto pour l’autre, lequel a, lui aussi, ses propres signes et conventions tout aussi clairs et convenus de son point de vue.
La relation (c’est-à-dire, ce qui est relatif à ces signes et conventions), est une « ren-contre » dans laquelle, au premier degré, émerge le « contre ».
Pour que ce « contre » se mue en com-préhension, pour que la relation permette un « prendre avec », il faut opérer une flexion sur nos propres signes et conventions afin de les rendre, précisément, « préhensibles ».
Pour cela, il faut ouvrir l’accès à notre île de manière à ce que le plan sur lequel nous tirons des traits soit réceptif à l’apport de l’autre.
Il y a donc double deterritorialisation, double nomadisme, lesquels entraînent, peuvent entraîner, des incompréhnsions liées au mouvement et à la vitesse de déplacement.
Or, notre île est notre seule assurance, l’ouvrir, la quitter, ne fut-ce que brièvement peut être anxiogène et aliénant.
D’où la tentation de façonner, une fois hors de notre île, un plan nouveau. Pour nous rassurer ou, tout simplement nous défendre.
C’est se retrouver dans la situation paradoxale de voyager tout en souhaitant rester chez soi.
L’autre tentation est de renoncer à son plan à soi, de se rattacher à celui de l’autre. C’est le cas dans bien des relations débutantes. Et cela se termine mal: aliénation, dépersonnalisation.
A l’inverse, il y a la peur du nomadisme, la méfiance de l’autre, le repli dans l’assurance de l’île.
La complexité de la relation humaine est amplifiée par le fait qu’une relation à deux n’existe pas en tant que telle. Elle se déroule en présence, active ou passive, des autres. Et ces autres,  ont aussi leur plan,  duquel ils tirent des traits qui ont aussi leur signification propre qui n’est pas forcément la vôtre ni celle de votre partenaire.
Et pourtant ! Il y eut un temps où nous avons tous, sans exception, quitté une île pour trouver et occuper la nôtre. Nous nous sommes pro-jetés (jeter au devant) dans un nomadisme qui, à l’époque ne nous faisait pas peur et même nous exaltait. Heureuse vitalité de la jeunesse !
Le temps passant, cette exaltation faiblit, une réification (cette tendance à faire de l’autre et de nous-même un objet) s’installe. Tout départ de l’assurance de l’île nous fait peur.
Et cette peur, confortée souvent par l’expérience malheureuse, nous retient d’explorer de nouvelles routes.
Alors, que faire ?
Pas le choix ! Il faut quitter l’île, remettre le plan en question car nos îles à nous, à l’instar de celles de la nature, sont menacées par l’Océan qui, petit à petit, les recouvre. Plus d’île, plus d’assurance !
Le plan, conçu à partir de l’île et le nomadisme qui le précède se génèrent l’un l’autre. Un plan vieillit, se sclérose, la mer (c’est-à-dire l’indifférencié) le recouvre.
La tentation est grande de « laisser faire », c’est le cas –souvent – chez des femmes amoureuses. C’est facile aussi : à son assurance à soi, on substitue celle de l’autre. Danger !
D’où la nécéssité du départ, la »possibilité d’une île » pour reprendre le titre du roman de Houellebecq et ce départ demande au nomade une réflexion nouvelle sur ses signes et conventions confrontés à ceux de l’autre et des autres.
Cette réflexion est personnelle, tous les codes le sont aussi. Pour vous accompagner il y a votre vécu, les philosophes, les théologiens, les psychologues et les poètes.

Privilégiez ces derniers !

 

 

 

 

 

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Published by Candide - dans Philo
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