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Gilles Deleuze

"Tout philosophe s'enfuit quand il entend la phrase: on va discuter un peu."
(Qu'est-ce que la philosophie ?)

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 09:30
 

Le Premier Ministre belge.

De passage pour quarante-huit heures en Belgique, voilà que le gouvernement tombe.  Amis belges, je n’y suis pour rien !

Ce qu’il y a de particulier et presque d’unique dans cette chute, c’est que le gouvernement n’est pas tombé à cause des sempiternelles querelles de ménage entre Flamands et francophones, mais bien pour non-respect d’un principe de droit constitutionnel : la séparation entre les pouvoirs.

En l’occurrence, et si j’ai bien compris tant les affaires politiques en Belgique sont compliquées, un membre de l’exécutif, un ministre ou son chef de cabinet, aurait pris contact avec une magistrate appelée à juger la régularité de la vente de la banque Fortis au groupe BNP pour lui rappeler « l’énorme responsabilité qu’elle prenait dans cette affaire ». La magistrate, nullement intimidée a non seulement invalidé la vente citée mais, en plus, à rendu publique la pression dont elle a fait l’objet.

Et voilà le gouvernement contrait à la démission.

Je trouve ce fait exemplaire, et bien des gouvernements, à commencer par le français, devraient en prendre de la graine. Se proclamer urbi et orbi défenseur de la démocratie et décliner ce substantif jusqu’à la nausée est chose facile, appliquer à la lettre les principes élémentaires d’un Etat démocratique est une autre affaire.

Que manifestement ne cultive pas notre Omniscient, lequel lourdement, sans états d’âme, fait pression sur les parlementaires qui rechignent à satisfaire ses caprices du dimanche, nomme des créatures à sa botte et s’étrangle dès que sa toute puissante autorité est remise en cause.

En Belgique il y a parfois des histoires exemplaires !

 

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 09:25


Je ne résiste pas au plaisir de vous faire lire ce texte qui, très intelligement, met en parallèle ces deux sacrilèges...


Christ ou caténaire? Du sacrilège religieux au sacrilège laïque

Pourquoi les sabotages des lignes TGV avaient-ils une telle importance? Pourquoi fallait-il un tel déploiement de force? De telles mesures d'exception?
Par Elisabeth Claverie et Luc Boltanski
Parce que cette affaire redonne vie à une figure criminelle que l'on croyait oubliée: le sacrilège. Pour les coauteurs d'Affaires, scandales et grandes causes*, on retrouve à Tarnac les ingrédients d'un scandale judiciaire historique, celui du chevalier de la Barre, qui avait mobilisé Voltaire.

Dans la nuit du 8 au 9 août1765 des coups de couteau sont portés sur le crucifix du pont d'Abbeville. Le 10 au matin, averti par une rumeur, le procureur du roi se rend sur les lieux et dresse procès verbal. Une enquête est lancée, elle ne donne rien, personne n'a rien vu. Néanmoins les soupçons, toujours guidés par la rumeur, se portent sur un groupe de jeunes gens et particulièrement sur l'un d'entre eux, considéré comme leur chef, François-Jean Lefebvre Chevalier de La Barre, issu d'une bonne famille de la région et neveu de l'abbesse de Willancourt. Des délateurs se présentent affirmant qu'on l'a entendu chanter des chansons libertines et s'être vanté d'être passé devant une procession du Saint Sacrement sans se découvrir. Cinq jeunes gens sont interrogés. Trois parviennent à s'enfuir, mais deux sont arrêtés, Le Chevalier de la Barre et le sieur Moisnel, âgé de 15 ans. Les autorités de la ville font grand bruit autour de l'affaire et organisent, en grande pompe, une cérémonie dite de « l'amende honorable » avec évêque, corps constitués, tocsin, cierges, messe solennelle et procession suivie par une foule dévote. Une perquisition menée au domicile de La Barre amène à la découverte de livres interdits dont le Dictionnaire philosophique de Voltaire. L'affaire remonte jusqu'à la Cour et jusqu'au roi lui-même, bien décidé à faire un exemple, d'autant plus frappant que le principal prévenu est issu de la bonne société et qu'il est défendu par des philosophes des Lumières et par l'opinion éclairée, ce qui donne à l'affaire, locale à l'origine, une dimension nationale. Accusé de sacrilège, le Chevalier est condamné à mort malgré l'absence de preuve. Il est torturé, a le poing et la langue coupés, est décapité, puis est brûlé avec l'exemplaire du dictionnaire philosophique attaché à son corps. Il a 19 ans.

Cette affaire serait sans doute demeurée dans les archives judiciaires si Voltaire ne lui avait donné un grand retentissement en prenant publiquement fait et cause pour La Barre et ses coaccusés. Il rédige la Relation sur la mort du chevalier de La Barre et le Cri d'un sang innocent, pour lesquels il sera condamné, sans que la sentence puisse être exécutée du fait de sa présence en Suisse. C'est à cette occasion que Voltaire met en place de nouvelles stratégies de défense qui prennent appui sur l'opinion publique et sur les pouvoirs de la raison éclairée contre le pouvoir de la raison d'Etat. Ces moyens de défense de la liberté seront promis à une longue postérité, notamment, à la fin du XIXe siècle, lors de l'affaire Dreyfus. Ils ont constitué l'un des instruments principaux de la formation de ce que l'on appelle, depuis le grand livre de Jurgen Habermas, l'espace public et, avec lui, de la démocratie.

Et pourtant, deux siècles et demi plus tard, dans notre démocratie française, des événements similaires par leur forme, sinon — au moins peut-on l'espérer — par leurs conséquences, se renouvellent. Le Pouvoir d'Etat, qui ne se réclame plus du droit divin, est privé de la ressource du sacrilège religieux, qui ne fait plus peur à personne. Mais cela ne l'empêche pas de mettre en scène sa puissance et de chercher à susciter une indignation unanime, en invoquant ce que l'on pourrait appeler un sacrilège laïque : la dégradation, temporaire et sans conséquence sur le plan humain, de machines qui — comme chacun sait —, font « l'honneur de la France » et qui sont investies par là d'une haute valeur symbolique : les TGV. Suivent d'autres éléments, dont la similitude avec ceux de l'affaire du chevalier de La Barre sont frappantes. Des jeunes gens, dont le principal forfait est leur volonté de vivre autrement et qui, circonstance aggravante, sont des intellectuels ayant renoncé à leurs privilèges pour partager, dans un village, la condition précaire qui est aujourd'hui celle de millions de personnes, sont hâtivement incriminés et embastillés sans preuves, mais à grand bruit. Comme dans l'affaire du chevalier de La Barre, tout ce qui tient lieu de preuve se résume à la possession d'un livre considéré comme subversif. Non plus, cette fois, le Dictionnaire philosophique, pieusement commenté de nos jours dans les écoles de la République, mais L'insurrection qui vient. Il faut noter pourtant une différence. Tandis que le chevalier et ses compagnons sont accusés d'actes qu'ils sont supposés avoir commis, nos amis de Tarnac sont accusés d'actes qu'ils pourraient commettre, mais dans un avenir indéfini. L'univers totalitaire anticipé par Steven Spielberg dans Minority report, se met ainsi en place, à nos portes, sous nos yeux. Il fait pâlir d'envie les instruments, qui paraissent aujourd'hui bien rudimentaires, dont pouvait user le pouvoir absolutiste de l'Ancien Régime.

Le chevalier de La Barre est devenu une icône de la libre pensée. Des associations, des commémorations, des livres innombrables célèbrent sa mémoire. Son martyr annonce avec éclat l'explosion de la Révolution qui vient, celle de 1789. Les pouvoirs qui se réclament aujourd'hui de cette révolution seraient avisés de renoncer à la stratégie à courte vue consistant à chercher à éloigner l'Insurrection qui vient en faisant de nouveaux martyrs. Même ceux qui ne connaissent d'autre raisons que la raison d'Etat, doivent savoir aussi, parfois, faire marche arrière. Ne serait-ce que pour échapper au ridicule.

Il faut libérer immédiatement Julien et Yildune.

* Elisabeth Claverie est directrice de recherche au CNRS. Luc Boltanski est directeur d'études à l'EHESS. Ils ont publié en 2007 (avec Nicolas Offenstadt et Stephane Van Damme) un ouvrage collectif consacré à l'histoire de la forme affaire : Affaires, scandales et grandes causes (Paris, Stock).

http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/131208/christ-ou-catenaire-du-sacrilege-religieux-au-s

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 09:13
Hopper


 
« Dans la glorification du «travail», dans les infatigables discours sur la «bénédiction» du travail, je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd'hui, à la vue du travail — on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir —, qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité suprême. »
Nietzsche : Aurore III 173

Travaillez, bonnes gens, travaillez dur !
Rentrez chez vous le soir, assoupissez-vous devant la télévision et recommencez le lendemain. Vous n’aurez pas de dessein révolutionnaire, vous songerez à la bouffe, au pernod, au porno du samedi soir, mais vous ne penserez pas tout court.
Avec un peuple à ce régime, les gouvernants peuvent dormir tranquille, la Révolution n’est pas pour demain.
On est loin des Grecs pour qui le travail était réservé aux esclaves. « Doulos », esclave et « douleia », travail, même racine, même déconsidération. Et des Romains !  « Tripalium » en latin, d’où nous vient le mot travail désignait un pieu sur lequel on attachait le promis à la torture. Travail = torture.
Madame Lagarde, notre ministre des Finances peut, devant l’Assemblée Nationale, citer Confucius et déclamer : « choisissez un travail qui vous plaît et vous aurez l’impression de ne jamais travailler ». C’est vite dit. Prenez un enseignant, il l’est devenu, dans les trois-quart des cas, par vocation, et c’est un sacerdoce que d’enseigner. Il n’a peut-être pas l’impression de travailler, mais il est payé au lance-pierre. 
L’homme ne doit pas travailler, il doit apprendre. S’il peut apprendre en travaillant, comme le font les médecins, les magistrats, les psychologues et que sais-je encore, c’est tout bénéfice. Si l’homme apprend il s’instruit, s’il s’instruit il se civilise et s’il est civilisé il y a des probabilités que la paix et la concorde règnent entre les vivants.
Encore que...
Si les richesses de la terre étaient équitablement partagées, l’homme pourrait travailler deux, trois heures par jour pour la communauté et puis se consacrer à, reprenons Nietzsche : « à la réflexion, à la méditaton, à la rêverie, aux soucis… » bref, à ce qui est le quotidien de sa vie et il pourrait le faire calmement.  Il pourrait voir sa vie à moyen et long terme.  Comment voulez-vous le faire quand les traites arrivent à la fin du mois, qu’il faut les honorer,que le patron menace de délocaliser et que les ministres sont au service des plus nantis  ?
Mais ne rêvons pas, ce temps idéal n’est pas arrivé et je doute, en vieux sceptique que je suis qu’il arrive un jour.
Et pourtant...
« point n'est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour perséver » !
 
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 09:32
Le regretté Fred Chichin et Catherine Ringer des Rita Mitsouko




Le bonheur est une idée neuve.
C’est Saint-Just, en 1793, qui déclare « Le bonheur est une idée neuve en Europe », il entendait par là qu’il fallait que l’Etat (révolutionnaire) s’occupât du bonheur de ses citoyens.
Le bonheur a toujours eu mauvaise presse. Le judéo-christianisme aidant, il fut regardé comme une futilité blâmable qui ne pouvait conduire l’adepte qu’à l’enfer, tant il est vrai que cette vie se déroule dans une vallée de larmes. Poursuivre le bonheur et rien que le bonheur était péché.
Les Grecs ne valaient guère mieux. La vie des hommes est dominée par le Destin, la volonté des dieux, contre laquelle les mortels ne peuvent rien et qu’ils subissent sans savoir et sans espoir. Des philosophes, comme les épicuriens ou les stoïciens proposent aux hommes de supporter sans rien dire cette inéluctable fatalité. Toute tentative pour contrer, voire se rebeller, contre la toute puissance des dieux est punie de mort. Pauvre Socrate !
Et, quand on y pense, la vie n’est pas vraiment emballante. Elle se termine par la mort à laquelle nous sommes tous conviés. Et si notre mort peut ne pas être grave, la mort d’autrui nous affecte et peut même nous révolter, songez à la mort des enfants par exemple.
Et il n’y a pas que la mort. La maladie est là qui nous guette jeunes ou vieux, et certaines, nous le savons tous, sont « longues et douloureuses » comme le dit l’expression convenue.
Il y a de quoi, avouons-le, se faire bouddhiste, se mettre dans un coin, ne plus bouger et méditer sur l’impermanence des choses et des gens…
La question que je me pose aujourd’hui est la suivante : l’homme cherche-t-il un bonheur absolu ou relatif ? 
Je m’explique. Et si l’homme, instinctivement, présupposait que le bonheur et rien que le bonheur est un objectif inaccesible ? Si « quelque chose » lui dictait de ne pas viser trop haut, que le bonheur et rien que le bonheur est folie et que le but à rechercher est un bonheur qui tienne compte des contingences ?
Cette deuxième supposition m’apparaît comme la plus réaliste et la moins difficile à comprendre. Il s’agit, ni plus, ni moins de faire « comme si », tout en sachant parfaitement que c’est « comme ça ». 
Il doit y avoir en l’homme une sagesse enfouie qui lui conseille de tenir compte des contingences et de ne pas viser au-delà de ce qui lui est humainement possible. Le bonheur doit toujours être à l’aune de notre humanité.
On y arrive en vivant au présent. Le passé est annihilé à jamais et l’avenir n’est jamais là, ce qui compte c’est le présent. Chaque matin voit, pour nous, l’émergence du monde et c’est tout ce qui importe. Des plans sur la comète sont voués à l’échec, des regrets, des remords ne servent pas à grand chose. Seule la préhension du présent nous permet d’affirmer notre vouloir. Le présent, ne l’oublions pas, c’est la vie, c’est notre vie, sur laquelle nous imprimons, nous pouvons imprimer, notre marque. 
« L’éternité du présent » dont nous parle Comte-Sponville, est le présent du devenir. C’est au présent que nous devenons ce que nous voulons.
C’est ainsi que nous pourrons aborder un bonheur qui, comme le pain, serait quotidien et rien de plus.
Et le poète, Pessoa a raison quand il parle de cette vie qui "est un mal qu'il faut savoir savourer"

 


 
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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 15:12
Le professeur Sand.


 M. Shlomo Sand est-il un provocateur ? A en croire le tirage exceptionnel de son livre en Israël, on serait tenté d’écrire que la provocation  fait vendre. Le titre a lui tout seul interpelle : le peuple juif fut inventé !

Professeur à l’Université de Tel-Aviv, historien, M. Sand avoue que sa titularisation académique lui épargne le souci de se voir remercier de l’institution et lui a permis, sans crainte aucune, de mener ses recherches et de les publier sous forme de vulgarisation.

Il avait de quoi s’inquièter, le livre va à contre-courant de l’historiographie officielle en Israël.

Ainsi donc, les juifs sont un « peuple » comme les autres. Un peuple qui se mélange avec ses voisins, migre, fait la guerre, impose aux vaincus sa religion, pratique le prosélytisme jusque tard après la chute de l’Empire Romain d’Occident, incorporant, de ce fait, du sang neuf dans sa composante.

La déportation des juifs, après la destruction du second temple de Jérusalem par Titus en 70 de notre ère ? Un mythe, véhiculé par les chrétiens soucieux de démontrer combien la vindicte de Dieu s’est abattue sur ce peuple « déïcide ».

Après Titus, écrit M. Sand, les juifs sont restés en Judée, plusieurs milliers ont été tués ou réduits en esclavage, mais jamais il n’y eut de « déportation » d’un peuple. Les historiens de l’époque n’en parlent pas et, du reste, les Romains n’étaient pas coutumiers de ce genre de pratique et n’avaient pas l’infrastructure pour le faire.

Le prosélytisme ? Il fut pratiqué sur une large échelle dans tout l’Empire romain et connut un succès non négligeable, à tel point que les Romains, pourtant tolérants en matière religieuse, en prirent ombrage.  Il faut attendre que le christianisme devienne religion d’Etat dans l’Empire pour qu’un frein soit donné à la vague de conversion.

Mais aux marges de l’Empire, le phénomène ne cessa guère. Les Berbères furent juifs avant d’être chrétiens et musulmans, pour M. Sand ils sont les ancêtres des juifs sépharades.

Et qu’advint-il des Judéens après la destruction du second Temple ? Ils restèrent sur place, illustrèrent même une brillante période vers le IIem et IIIem siècle qui perdura malgré les conversions au christianisme et s’éteignit, petit à petit, au moment des invasions musulmanes.

Ces dernières ne marquent pas, comme on le pense à tort, une autre « déportation » voire un anéantissement du peuple de Judée, mais une assimilation aux vainqueurs par conversion progressive à l’islam.

Les descendants des Judéens sont donc, toujours pour M. Sand, les Palestiniens d’aujourd’hui.

Si ce n’est pas provocateur ?...

Et les juifs askhenases ? M. Sand donne force et vigueur à la thèse de l’origine Khazar de cette branche du judaïsme. Les Khazars, tribus huno-turques, composées de nomades, s’établirent, à la suite de Gengis Khan, dans le Caucase où, au IXem siècle, ils adoptèrent le judaïsme. Par la suite, leur puissant royaume demantelé, ils migrèrent vers la Russie et l’Europe Centrale tout en restant fidèles à leur foi.

Comme on le voit, la croyance en un peuple unique, ethniquement « pur », qui traverse les siècles et perdure malgré les persécutions, est mise à mal dans un ouvrage d’où toute polémique est absente.

Il est clair que ce genre d’ouvrage va à l’encontre des thèses ethnocentristes qui sont celles des sionistes ;  ce qui est remarquable, c’est que le livre de M. Sand n’a suscité en Israël que des critiques sur la forme bien plus que sur le fond.

C’est que, et M. Sand insiste sur ce point, ces thèses étaient bien connues des milieux sionistes du 19em et 20em siècle, et plusieurs des partisans du « retour » croyaient que leur parenté religieuse avec les autochtones de la Palestine, favoriserait leur implantation.

Ce furent les évènements, que l’on connaît, qui les firent déchanter et substituer à l’Histoire une mythistoire gommant les faits auxquel M. Sand rend la place qu’il estime la leur.

Le livre de M.Sand a été traduit en français et est publié chez Fayard

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 17:54

Hallucinant ! Voici que le Grand-Orient de France se prend pour la Grande- Loge Unie d'Angleterre et proclame "urbi et orbi" sa suprématie sur la Franc-maçonnerie "adogmatique". Un "hasard heureux" nous a transmis la communication du Grand-Maître du Grand-Orient de Belgique après sa rencontre, à Paris, avec les nouveaux dignitaires de l'Ordre. Pas de quoi être fiers !
Jugez...



Communications du Gr\ M\ - Ass\ Gén\ 16 novembre 2008 

 Colloque du 25 octobre et réunion du 5 novembre à Paris

Le 25 octobre 2008,  à l’initiative d’un collectif de Loges,  le Grand Orient de France organisait à Paris, rue Cadet, un colloque public sur le thème « Comment promouvoir la laïcité en Europe ? ». 

Je m’y suis rendu, en ma qualité,  à la demande du G\ O\ de France.

J’ai eu le plaisir d’y rencontrer le V\ M\ de la R\ L\ Prométhée. Nous nous étions concertés au préalable de sorte que nos deux interventions ont été parfaitement coordonnées. 

Le V\ M\ de la Loge Prométhée a expliqué l’historique de la laïcité en Belgique tandis que je me suis appliqué, conformément à mon dernier éditorial du Logos, à présenter la laïcité institutionnelle et la laïcité que l’on pourrait qualifier d’organisationnelle c.à.d. essentiellement politique. 

Nous avons ainsi amené l’auditoire à considérer qu’il convenait d’aider les associations destinées à promouvoir la laïcité dans chacune des sociétés européennes de même que- étape suivante - de promouvoir l’inscription du principe de laïcité dans les lois de ces divers états. 

Je pense sincèrement - et le V\ M\ de la Loge Prométhée ne me contredira pas - que nous avons été écoutés mais aussi entendus. 

Un petit incident qui paraissait anodin s’est produit au déjeuner. Le Conseil de l’Ordre du G\ O\ de France, qui siégeait ce matin la, m’avait invité à partager leur repas et … n’a jamais clôturé sa réunion de sorte que les représentants des Obéd étrangères ont déjeuné seuls. 

En début d’après-midi, le Gr\ Secrét\ aux Affaires Ext\, Patrice Billaud, est venu nous présenter les excuses du Conseil de l’Ordre et m’a invité à partager quelques instants avec le Gr\ M\.  Cet entretien s’est passé dans une ambiance extrêmement fraternelle et, à mon retour de Paris, j’ai reçu une très aimable correspondance du Gr\ M\ Pierre Lambicchi par laquelle il me présentait ses excuses et se réjouissait de me revoir à Paris le 5 novembre dans le cadre d’une réunion projetée entre le G\ O\ de France, les premiers et seconds GG\ MM\ Adj\ du G\ O\ B\ et moi-même. 

Nous y sommes partis, les FF\ Jef Asselbergh, Denis Gouzée et moi-même, avec un sentiment tout à fait positif puisque le Gr\ M\ du G\ O\ de France m’avait écrit que nos Obédiences ont manifestement un intérêt commun, dans le profond respect de la souveraineté et de l’identité de chacun, à agir de concert sur les sujets qui nous tiennent à cœur en Europe et dans le monde. 

La réunion du 5 novembre s’est déroulée de manière – je pèse mes mots – tout à fait hallucinante. Après une introduction extrêmement formelle, j’ai tenté de rappeler les liens excellents qui unissaient les FF\ de nos Obédiences et de même les nombreux jumelages existants entre nos LL\ respectives. 

Il a suffit ensuite d’évoquer ce que l’on pourrait appeler nos relations extérieures et particulièrement la G\ L\ du Maroc,  pour que le climat se dégrade instantanément. 

En fait, le G\ O\ de France nous conteste clairement le droit de conférer des patentes à l’une ou l’autre Obédience sans passer par son autorisation préalable.
Nous avons assez rapidement compris, au fil de la discussion, que le G\ O\ de France  évoluait d’une façon assez inquiétante. Lorsque l’on vous parle, en fraternité, de territoire d’influence et de priorité,  le premier sentiment d’inquiétude fait place à la consternation.

En d’autres termes, le Gr\ M\ du G\ O\ de France  a considéré que son Obédience avait vocation en tant que telle à l’universel et qu’elle devait être présente partout vu son ancienneté, sa filiation avec les Lumières et le nombre imposant de ses membres. 

Nous avons tenté en vain de faire admettre que cette exclusive était totalement inacceptable et au fil de la discussion il nous est clairement apparu que le but de notre Obédience Sœur était de considérer qu’elle devait être, de ce côté-ci de la Manche, un G\ O\ uni de France lequel était seul à pouvoir distribuer des patentes et à régenter une vaste zone d’influence à l’image… de ce que la G\ L\ Unie d’Angleterre fait dans le monde anglo-saxon. 

Je crains de devoir vous dire que nous assistons à la fin des illusions et que, lorsque le Gr\ M\ actuel du G\ O\ de France souhaite que nous évitions la multiplication des petites Obédiences, inexpérimentées et quelquefois infantiles, il dévoile son vrai projet qui est, à l’instar des Puissances coloniales d’un autre siècle, de réinstaurer le principe de la civilisation dominante pour le plus grand bien des populations concernées. 

Cette attitude impérialiste nous amène à avoir les plus grandes craintes pour l’avenir :
le G\ O\ B\ en particulier et la Franc-maçonnerie belge d’une manière générale n’ont, aux yeux du G\ O\ de France, aucune racine historique qui puisse rivaliser avec la République. Sont ainsi balayés d’un revers de main, le Marquis de Gage et les LL\ belges les plus anciennes puisqu’elles ont eu le tort d’exister… avant même la Belgique. 

le G\ O\ B\ devient un obstacle fondamental à l’hégémonie actuellement prôné par nos FF\ français. Nous nous sommes demandés si ces FF\, aveugles à la réalité du monde ne s’étaient pas imaginé, certains de leur bon droit, que, tout simplement, nous étions venus à Paris faire allégeance et mettre genou en terre devant l’Obédience suzeraine. 

Le discours fut souvent simpliste : l’islam est imperméable à la maçonnerie et à la laïcité. Le GM et les FF\ français, particulièrement ceux qui sont originaires de l’extrême Sud de la France, connaissent parfaitement bien la mentalité maghrébine et savent qu’ils ont raison.

Ils n’ont pas raison que sur ce point puisque, à partir du moment où ils affirment qu’ils ont raison, c’est qu’il en est bien ainsi.

De l’amalgame au procès d’intention nous avons tout entendu. 

J’ai vécu à Paris - et je pense que les deux GG\ MM\ Adj\ Jef Asselbergh et Denis Gouzée partageront mon point de vue - un des pires moments de ma vie maçonnique. 

Nous avions donc été conviés le 25 octobre à nous exprimer publiquement sur la manière de promouvoir la laïcité en Europe pour, le 5 novembre, nous entendre dire que toutes ces manifestations n’ont été organisées que dans un seul but : promouvoir l’hégémonie du G\ O\ de France sur tout le continent européen. 

Ce négationnisme historique n’est pas admissible. Le G\ O\ B\ ne reconnaît aucune autorité supérieure à la sienne. 

Je serai, jusqu’à la fin de mon mandat, le gardien vigilant de ce principe. L’Europe est vaste et l’espace de fraternité ne peut s’accommoder du retour du temps des conquérants.  Nous serons porteurs partout de ce message.  

Bertrand Fondu

Gr\ M\

16 novembre 2008    

 

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 12:43

Si, après le Convent de 2009, les Loges qui le souhaitent sont libres d'initier des femmes, cela changera de fond en comble la structure du Grand-Orient de France et il faudra revoir celle-ci.

Voilà, en substance,  le contenu d'une longue communication du Conseil de l'Ordre qui, passant sous silence, la déculotée que lui a infligée la Justice maçonnique en le déboutant de l'action en suspension introduite contre 169 Maître maçons appartenant aux Loges qui ont inité des femmes le printemps dernier,  met en garde les Frères sur les conséquences irrémédiables qu'entraînerait, selon lui, l'application de cette liberté.

En septembre, le Grand-Maître s'adressant à la presse déclarait sereinement : « Il n'y a pas de problèmes de mixité au Grand-Orient, puisque les Loges reçoivent les Sœurs d'Obédiences reconnues ! » En octobre, il revient à la réalité. Que se passera-t-il si des Sœurs, initées au Grand-Orient, veulent visiter ces Loges de l'Obédience qui ne reçoivent même pas les visiteuses maçonnes? Vingt-cinq pour cent des Loges de l'Obédience sont dans ce cas.

Et puis, poursuit le communiqué, quid si des femmes sont déléguées au Convent et que, par conséquent, elles siègent avec les Frères de ces Loges qui ne veulent pas les voir ?

Pour toutes ces excellentes raisons, le Conseil de l'Ordre propose que les Loges, dans la perspective de la venue de femmes, réfléchissent à faire de l'Obédience, qui est une fédération de Loges, une confédération d'Obédiences. Ni plus, ni moins !

Remarquons, avant de continuer, qu'il n'est pas dans la vocation du Conseil de l'Ordre, de susciter pareille interrogation.  Le Conseil de l'Ordre est là pour appliquer les décisions du Convent. C'est à ce dernier qu'il appartient de de corriger, ou non, les conséquences de ses orientations.

Cela étant dit...

Il y aurait, dans cette perspective, un Grand-Orient exlusivement masculin, un Grand-Orient mixte et, pourquoi pas ? un Grand-Orient exlusivement féminin !

Les Loge seraient appellées à choisir clairement (et une fois pour toutes ?) l'option de leur choix. 

La manœuvre est cousue de fil blanc. Il s'agit de « ghettoïser » les tenants de la liberté des Loges d'initier ou non des femmes. De les parquer dans une « Obédience » bien à eux et une fois pour toute. Il y aurait, dans cette confédération, trois Grand-Maîtres et (comme c'est curieux !) un Grand-Maître coiffant le tout !  On devine, sans difficulté, d'où viendra ce « Grand-Maître Général ».
En un mot, comme en cent, on verrait l'émergence d'un « Petit-Orient » composé de tous ces libertaires crypto-anarchistes qui estiment que le temps est venu  pour que des femmes participent à leurs travaux.

Pas besoin d'être devin pour comprendre que cette « usine à gaz » sonnerait le tocsin de la plus vieille Obédience maçonnique du monde. Qu'elle y perdrait en audience, en prestige et en représentation. C'est déjà le cas quand on lit les commentaires de la presse qui relate ces péripéties d'un autre âge.

Le Conseil de l'Ordre, si soucieux d'éviter un shisme, préfèrerait donc qu'implose l'Obédience.

Peut-on vraiment  s'offrir ce luxe ?



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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 18:57




Moi, si j’étais candidat à l’élection présidentielle, je proposerai ceci à mes électeurs : Cessez de travailler comme des malades ! Cessez de courir après l’argent, la bagnole, la maison en ville ou a la campagne, les vacances huppées en Club ou non… Revenez aux fondamentaux !
Et les fondamentaux sont très simples. Manger sainement.Boire de même. Avoir un toit confortable et même un petit jardin dans lequel chacun pourrait s’occuper d’un potager. Ne pas pas s’angoisser pour le travail.
Du travail il y en aura pour tout le monde. Il suffit de le partager.
Donc de travailler moins ! D’embaucher dans des secteurs qui sont délaissés comme l’écologie, les services, l’enseignement, les loisirs, la recherche ! Il faut travailler moins, partager le travail car la décroissance s’impose.
Finie l’obsession de la croissance industrielle. Il faut décroître ! Investir dans les énergies renouvelables, dans la restauration de tout ce que l’industrie a saccagé.
Confisquer les banques, les compagnies d’assurances, les caisses d’épargne, ces repaires de voleurs, et les rendre à leur propriétaire naturel : leurs clients !
Confisquer les grands surfaces. Les fermer. Restaurer le commerce de proximité. Mettre les patrons voyous et corrompus en prison !
Et puis éduquer le peuple complètement intoxiqués par la propagande mercantile des puissants !
Eduquer, voilà le maître mot ! La véritable richesse est la culture, le reste n’est que roupie de sansonnet ! Un peuple cultivé est un peuple qui pense, réfléchit, compare, critique. C’est un peuple responsable ! La démocratie ne peut naître et se développer qu’au sein d’un peuple qui pense et sait comment penser. Un peuple qui sait comment jauger, comment juger.
Qui ne se laisse pas embobiner par des bateleurs, politiciens, financiers ou autres. Un peuple qui sait se gouverner !
Utopie que tout cela ? … Mieux en tout cas que ce qui se passe aujourd’hui - avec ou sans crise - où les riches le deviennent encore plus, où les pauvres s’appauvrissent, où le but n’est pas de vivre mais de survivre. Comment parler morale au peuple quand la corruption est dans les bourses et dans les esprits ? Comment parler morale aux travailleurs quand les patrons délocalisent pour faire plus de profits encore ? ment faire règner la paix quand on présente la vie comme une lutte, un défi, une compétition qui exalte le vainqueur et jette l’anathème sur les vaincus, comment voulez-vous inculquer un sens moral et convivial à la jeunesse ?
Comment réaliser la paix civile quand certains parlent de nettoyer au Kärcher des quartiers difficiles et insultent leurs habitants ? Comment changer la vie si nous ne bouleversons pas nos habitudes de fond en comble ?
En finir avec le tout économique. Mettre la finance à la disposition du peuple et non l’inverse. Faire du travail un passe-temps et non plus une corvée.  
Les pires des dealers sont des anges à côté de ceux qui nous poussent à consommer leur camelote. Marchands de colifichets et de pacotille ! Faites le compte de tous ces produits qui vous encombrent et dont vous n’avez pas besoin ! Nous mangeons trop, buvons trop, nous crevons littéralement sous nos déchets ! Allons, restons-en là. Je rêve tout haut. Aucun candidat n’a dit des choses pareilles et je ne pense pas être élu si je répète ce que j’ai écrit dans l’intimité de ce blog.
Utopie, quand tu nous tiens !

P.S: vous croyez que je peux sortir ça au Congrès de Reims ?




 

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 09:13
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Et si le bonheur n’était que notre unique raison de vivre ?

Il n’y a pas si longtemps, cette conception de l’existence aurait paru égoïste, triviale, vaine !

Il fallait vivre pour  faire quelque chose de grand, d’unique, une chose qui nous dépasse qui transcende notre quotidien.

Le prix de cette grande chose, c’était le travail, les soucis, la responsabilité, rapportés à un Dieu, grand Ordonnateur de ce qui se fait et ne se fait pas.

Le bonheur était bon pour les midinettes, les impies, les sans lois.

Depuis, nous savons, nous ne savons pas assez, que les actions des hommes sont évanescentes, qu’elles se terminent infailliblement dans de grands cimetières et que leurs cendres s’en vont emportées par le vent de l’oubli.

Les éthiques de l’immanence sont ces sagesse du bonheur et de la joie pour qui la philosphie est avant tout la poursuite du bonheur terrestre.

Le bonheur définit comme une adéquation totale de l’être et de l’élan métaphysique de la vie. Un désir de joie qui devient source de la pensée.

Ces éthiques apparaissent au moment où les critères traditionnels, mis à mal par la déconstruction initiée par Nietzsche, conclue par Heidegger, laissent un vide.

Au « Dieu est mort » de Nietzsche, succède un « Soyons Heureux » de Misrahi ou un « Soyons Béats » (« béats », dans le sens d’une vacuité bouddhique ou ataraxique) de Comte-Sponville.

Pour Misrahi (Traité du Bonheur. 1997 Le Seuil), ce n’est pas le tragique qui définit la conditon humaine (il n’est donc pas Grec !) mais la joie.

Le bonheur est  la somme des joies. Mais cette somme est le produit d’une réflexion au terme de laquelle nous donnons un signification aux choses du monde grâce à laquelle elles ne s’imposent pas à nous. Il appelle cette reflexion une« conversion philosophique » qui amène le sujet à porter un regard altruiste qui met en œuvre son pouvoir créateur et sa liberté.

Je souscris volontiers à cette façon de voir les choses qui procède, selon moi, de l’ esprit critique. L’esprit critique consiste à aborder l’objet sans préjugés, sans a-priori, affranchi de toute contrainte ou morale, forcément subjectives.

La réflexion est ce qui pemet à l’individu de devenir la source de ses décisions sur sa manière d’être et de vivre.

Vient ensuite l’amour, cette rencontre avec autrui (avec le « visage de l’Autre » comme dirait Levinas), et la pose d’un lien social. Mais cette rencontre ne peut se faire que dans une relation de sujet à sujet et non pas de sujet à objet. Cette manière d’aborder l’autre exclut toute réversibilité du type donnant-donnant. C’est un don, pas une négociation.

Misrahi va encore plus loin : le bonheur implique la « jouissance du monde » qui, pour lui, est une forme de joie contemplative à la vision de la beauté de la nature, de l’art, de l’action.

Dans toutes les formes de bonheur, poursuit notre philosophe, la réflexion qui fonde notre liberté et notre autonomie, et la réciprocité, fondatrice de la prise de conscience d’autrui, doivent être présentes.

Mais le malheur, la souffrance ?

Comte-Sponville (« Traité du désespoir et de la béatitude. » Puf)  nous invite à ne pas avoir d’espérances. De nous vider (devenir béat) de tout espoir, de toute crainte, de toute tristesse ou remord et de jouir de la paix de l’esprit.

Bouddha n’est pas très loin ou, comme je le préfère, Epicure et son ataraxie (absence de passions).

Les illusions et les espoirs rejetés, l’homme atteint la délivrance.

Mais ce désespoir n’est pas une absence d’avenir, ce n’est pas un « ici et maintenant » pur et dur. Toute vie humaine suppose la durée, le rapport avec l’autre, le lien avec le passé. Le rapport avec l’avenir doit abolir l’espérance. Si nous ne concevons l’avenir que comme un terrain fécondant notre espérance nous ne serons jamais heureux. L’avenir au contraire doit féconder notre volonté(là, je vois le bon vieux Nietzsche qui pointe le bout du nez) ; l’avenir est à nous. L’avenir, c’est notre action consciente !

En fait, si on y réflechit, le désespoir est le pic de l’espérance : j’ai tant d’absence d’espoir qu’il ne me reste plus qu’à espérer  l’espérance pure ! Ce sont ces futilités qui nous entourent : gagner au Loto, rencontrer la femme de sa vie au coin de la rue, s’imaginer qu’un homme qu’on a élu va, tout seul, changer le monde entier et le nôtre en même temps !

On le voit, la volonté et son corollaire, la réflexion, sont incontournables.

Seulement voilà, durant des siècles on nous a demandé de l’annihiler cette volonté. Et on nous demande encore de faire dépendre notre destin d’un ou plusieurs dieux. Nous n’étions que des hommes, disaients-ils, des mortels qui s’en retourneraient en cendres, des morts en sursis et rien d’autre.

Eh bien, il est temps, plus que temps, de refuser cette fatalité.

Le bonheur est à nous car il ne dépend que de notre vouloir.

"Espérer un peu moins, vouloir un peu plus." (Comte-Sponville)

 

 

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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 08:41


Quand dans un pays les riches deviennent plus riche, et les pauvres plus pauvre, c’est qu’il y a quelque chose de pourri dans la République. Et c’est pourquoi les gens sont dans la rue.
La vie est une Révolution permanente.
A l’instar de la révolution de la Terre autour du soleil, notre vie ne peut s’arrêter. Pour nous, l’univers recommence et tous les jours, les choses sont à remettre à leur juste place. L’homme qui s’arrête, est mort. Mort, non pas physiquement, mais essentiellement, il n’est plus qu’un élément passif qu’entrâine le cours des choses.
Sans cesse il nous faut penser, ne pas nous contenter des solutions trouvées, les remettre à l’aune de notre esprit critique, toujours juger, toujours jauger.
Ah ! je sais, ce n’est pas pratique, ce serait plus simple de se dire que la formule idéale on l’a trouvée une fois pour toute, ou pire… faire sienne la formule d’un  (ou d’une…) autre, gourou  coach ou que sais-je encore …
Remarquez que c'est ce que fait la majorité des gens: ils trouvent leur "petite vérité et n'en démordent plus". C'est tellement rassurante et facile que de se savoir investi d'une vérité éternelle.
Sans cesse remettre en question ce que l'on a trouvé, ce n'est pas du relativisme absolu. Il faut écouter, lire, voir, comparer, adopter… L’important c’est d’intégrer en soi, sans heurts, sans tiraillements, ce qu’il nous semble bon, juste et vrai… pour la journée d’aujourdhui et, peut-être, pour celle de demain.
C'est une manière d’être et de faire qui peut convenir toute une vie.
Les credo sont une excellente chose en matière de foi, une foi sans credo, ce n’est qu’une opinion, pas une foi. Mais la foi s’arrête là où commence notre interrogation et fait place à notre faculté de discernement.
Il en va de même en politique. Juger les actions de ceux qui nous gouvernent n’est pas seulement souhaitable, c’est obligatoire si l’on veut se réclamer de la qualité de citoyen.
L’action d’un gouvernement se fait au jour le jour en fonction d’un programme défendu devant le Parlement qui l’a approuvé. Cela ne signifie pas que ce programme doive être figé une fois pour toute, car la vie continue, les facteurs économiques et sociaux qui étaient ceux d’il y a six mois, ne sont plus les mêmes quelques temps après. D’où le devoir de remettre en question, de rappeler la contingence des évènements et de réclamer un ajustement au cours du temps.
Aujourd'hui, il n'y a pas une catégorie sociale qui n'ait défilé dans la rue. Même les magistrats s'y mettent ! Les fonctionnaires y étaient, les étudiants y sont toujours.
Neuf-cent mille jeunes sont en danger, dénonce un rapport. Ils boivent trop d’alcool et sont tentés par les drogues dures. L’analphabétisme est en progresson, la violence conjugale ne désarme pas, une femme, tous les trois jours, meurt des suites de ces violences, un homme tous les treize…
Le salaire minimum ne permet pas à certaines catégories qui travaillent à temps complet de payer un loyer dans une grande ville. Il y a des fonctionnaires qui se retrouvent en grande précarité.
Alors, aujourd’hui comme hier, c’est cette révolution permanente que j’appelle de mes vœux. Elle n’est rien d’autre que remettre les choses à l’endroit en faisant fi des croyances, des opinons et autres doctrines figées.
Remettre de l’ordre là où il n’y en a pas, de la justice quand elle est dramatiquement absente, rétablir des pans de vérité à défaut de la Vérité tout court, n’est-ce pas la tâche la plus noble qu’il incombe à l’homme d’accomplir ?  
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