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Penser l'actualité, le quotidien et l'histoire sans a-priori et avec un esprit critique.

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Philosophes américains.

On dit que les Français sont cartésiens, les Allemands kantiens et les Anglais pragmatistes. Ce n’est pas tout à fait ça, mais partcipe aux préjugés

Voyons quoi avec les Américains.

Les philosphes américains sont les héritiers des Anglais. Influencés par Hume et Locke, ils professent un pragmatisme qu’ils vont particulièrement illustrer à la fin du 19em siècle.

Trois figures se détachent : William James, Charles Peirce et, plus tard, John Dewey.

Pour ces penseurs, la Vérité, c’est-à-dire l’adéquation entre l’idée et le monde, n’existe pas. Seules doivent nous intéresser des connaissances vérifiables par l’expérience.

Il n’y a pas, dans cette optique, d’idée de Démocratie, de Liberté, de Droits de l’Homme, il n’y a que des opinions qui ne sont que des outils et non pas des vérités universelles.
Ces outils, comme tous les outils, doivent servir à résoudre des problèmes . Les croyances, elles, ne sont que des guides de l’action.

Ainsi, la Démocratie ou les Droits de l’Homme ne sont pas des idées universelles, ce sont des outils qui permettent d’améliorer les relations sociales. Si ces outils sont bien adaptés, ils se stabilisent et se perennisent. Si des problèmes nouveaux surgissent, il peuvent être remis en question.

Une connaissance, poursuivent-ils, n’a de valeur que dans la mesure où elle est efficace. Penser correctement, c’est formuler des propositions ayant des conséquences mesurables.

Il y a en filigrane l’idée que toute pensée doit être jugée à l’aune de sa rentabilité.

Pour William James, il n’y a pas de « bien » ou de « mal « , ni même de « vérité », le bien est bien s’il est efficace pour l’action. On a pu parler, à son sujet, d’empirisme radical.

C’est ainsi que la morale, la politique, ne peuvent être fondés sur des principes premiers et universels puisqu’ils n’existent pas.

Il est l’auteur de cette maxime : « La vérité vit à crédit. »

Réalisez le danger de cette théorie ! Aucune valeur n’est universelle, seule compte l’efficacité dans l’action. Poussée dans ces derniers retranchement, elle n’accorde à l’homme aucune valeur en soi, seule compte son efficacité. On comprend, qu’imprégnés par ces théories, les Etats-Unis ne prônent guère la sécurité sociale généralisée et se posent en champions de l’efficacité en matière économique et commerciale. On pourrait même se demander si leur insitance sur la nécessité de la liberté n’est dictée, en fait, que par le souci de privilégier leurs propres intérêts. La liberté est ce qui est efficace et bon ( pour eux, seuls ?). Mais quid si demain la liberté ne joue plus le rôle qu’ils veulent qu’elle joue ?

Cette théorie, vous l’aurez remarqué, est plus matérialiste que le marxisme lui-même.

John Dewey (+ en 1995) va s’inscrire dans cette ligne, mais, curieusement, je trouve qu’il re-introduit, à son corps défendant, le concept de l’idée et tout particulièrement celle de liberté.

Pour Dewey la vie est et doit être une suite d’expériences vécues (dans la liberté, bien entendu) et la pensée est l’auxiliaire indispensable de l’action propre à l’homme.

D’où l’importance que ce penseur va attacher à l’éducation (il sera un excellent pédagogue). L’école est au service de l’élève et doit être efficace et pragmatique.

La liberté de l’action suppose le progrès social. Ventre affamé et pensée sont contradictoires, on le sait. Et seule la démocratie, insiste Dewey, est le terrain (et non pas l’idéal) qui permet à l’homme libre d’expérimenter sa vie.

Bertrant Russel au Royaume-Uni, condamnera le pragmatisme : « Je trouve que l’amour de la vérité est obscurci en Amérique par l’esprit du commerce dont le pragmatisme est l’expression philosophique et que l’amour du prochain y est entravé par la morale puritaine. »

Aujourd’hui, Richard Rorty est l’héritier de ce pragmatisme. Il n’y a pas, comme chez Kant, d’impératif catégorique, seul compte l’acte libre qui fonde la solidarité et la justice et ces dernières n’ont de valeur que parce qu’elles sont utiles et efficaces dans la régulation des relations humaines. La pensée de Rorty est anti-fondamentaliste, il prône la liberté de pensée la plus absolue et appelle à sa rescousse les poètes et les romanciers.

Prendre en compte ce qui précède peut nous aider à mieux comprendre les Américains, leur conception du monde et des gens.

 

11.02
 

John Dewey 

 

 

 

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