Penser l'actualité, le quotidien et l'histoire sans a-priori et avec un esprit critique.
Ce matin je me suis réveillé avec une interrogation existentielle.
L’arbre que je vois depuis ma terrasse, est-il le même que celui que voit Mme Zahra depuis son rez-de-chaussée ?
Moi, je le vois d’en haut, tout comme, d’en haut, j’entends le bruissement de ses feuilles, pour Mme Zahra, la perspective visuelle et acoustique est horizontale.
Alors, le même arbre ?
Et l’agent de police qui déambule sur le trottoir, voit-il l’arbre comme Mme Zahra ou comme moi, ou plutôt comme lui l’entend et le voit ?
Et si nous avions chacun, « notre » arbre ? Auquel cas il n’y aurait pas un arbre mais une multitude d’arbres individuels. L’arbre serait à nous tous, « notre » chose.
C’est pensable, mais logiquement impossible. Nous réalisons parfaitement qu’il n’y a qu’un arbre, là où ce dernier se trouve. Il y a donc un universel « arbre » qui nous renvoie à notre arbre à nous.
Mais où est-il cet « universel » arbre ? Nulle part sinon dans notre esprit.
Vous allez me dire : quelle importance ? et vous auriez raison !
Il n’y a pas que l’arbre. Prenons la joie ou la souffrance. Ma joie est-elle comme celle de Mme Zahra ou l’agent de police ? Non, bien sûr ! Nous vivons la joie et subissons la souffrance d’une manière tout à fait intime et personnelle.
Alors comment partager la joie et soigner la souffrance si ce n’est que d’une manière imparfaite et empirique ?
Là aussi, nous devons nous inspirer d’un référent. Une notion de joie ou de souffrance réduite à son plus petit dénominateur commun.
Et c’est quoi, ce référent ?
C’est ce qui permet à Mme Zahra, à l’agent de police et à moi-même de désigner l’arbre, de décrire notre joie ou notre souffrance.
Un « alter ego » référentiel en quelque sorte.
Ou si l’on préfère « l’Idée » de Platon.
Sacré Platon, on a beau le mettre de côté, il revient de partout.
Je peux, bien sûr, partir du principe que je suis le seul sujet de l’univers et que ce qui m’entoure n’est qu’objet : l’arbre, Mme Zahra, l’agent de police et ainsi de suite… C’est moi qui confère à ces derniers la qualité de sujet.
Dans cette perspective, l’univers se crée tous les jours à mon réveil…
Je peux, mais je ne suis pas obligé. D’où le danger de ne considérer les autres que comme des objets pour mon égoïste usage.
Les autres peuvent faire de même pour moi.
Et puis, faire de « l’autre » un sujet, est une caractéristique du divin.
Or je ne suis pas « divin ». Je connais (ou je pense connaître) mes limitations.
Oh ! je sais, il y en eut qui, sans doute envoûtées, déclarèrent que j'étais divin.
Mais je ne les ai pas crues.
Ai-je eu raison ?
P .S : si Mme Zahra me lit, bien le bonjour; l’agent de police, je ne le connais pas !
/http%3A%2F%2Fblogsimages.skynet.be%2Fimages_v2%2F002%2F601%2F996%2F20070915%2Fdyn001_original_524_500_jpeg_2601996_03095e93f32bcf072b51d6733b7e206f.jpg)
"Mon" arbre !