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Penser l'actualité, le quotidien et l'histoire sans a-priori et avec un esprit critique.

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Morale, ethique et virginité.

On est en train de faire tout un plat pour cette histoire de mariage annulé parce que la mariée avait menti sur sa virginité. Et l’on voit de suite à qui cette campagne profite : à tous ceux qu’une bonne dose de xénophobie gratuite et sans risques réconforte. Merci Libé !
Madame Badinter, Elisabeth de son prénom, y est allé de sa petite exhibition de vertu outragée, Madame Badinter est une psychanalyste de petit niveau, féministe avouée et donneuse de leçons patentée. Je passerai sur les circonvolutions des autres, il y a de ces compétitions qui me donnent la nausée !
Passons sur le fait que la décision judiciaire en l’espèce ne porte pas sur la virginité mais la validité du consentement, pour Libé et les autres l’occasion était trop belle d’y aller franco de leur moralisme à la sauce républicaine et laïque.
Tout ce beau monde confond allègrement morale et ethique : la morale s’interroge sur notre positionnement par rapport aux autres et peut être résumée par : « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fissent », l’éthique est notre conformation à ce que nous voulons et désirons être.
Dans le cas qui nous occupe, nous nous trouvons peut-être devant une dichotomie entre la morale et l’éthique ; à savoir que l’intéressé est, sur le plan moral, plus en reliëf que sur le plan éthique.
Mais encore : comme le faisait remarquer Zizek dans son dernier ouvrage (La Parallaxe, Fayard), les personnes qui, dans notre société du choix, maintiennent un rapport substantiel avec la religion ou la coutume sont, dans cette dernière, dans une position subordonnée ; leur croyance est « tolérée » comme choix personnel idiosyncratique; si elles affichent publiquement ce choix, on les taxera « d’intégrisme », ce qui signifie que le  sujet du choix-libre (au sens multiculturel occidental)  ne peut émerger qu’au terme d’un processus violent  d’arrachement à son monde-vécu et de rupture avec ses propres origines.
Et la question est : en vertu de quelle règle peut-on imposer cet arrachement ? Quel droit nous autorise à violenter un choix ?
En fait,  tout concorde pour forcer un être à « être-là », plutôt qu’ailleurs, à dévier le sens de son être ou, si vous préférez à l’insérer dans une entité uniforme, anonyme mais tracée, reconnaissable, donc rassurante.
Rien de plus suspect qu’un étant solitaire, détaché des bornes de l’entité, un étant qui se déploie dans son unicité, qui assume seul son devenir et sa finitude.
C’est là que gît précisément l’origine de l’éthique ; dans la détermination à rester conforme à un déploiement de l’être et du désir d’être, fut-ce au prix de la morale, car entre l’éthique et la morale, il n’y a pas photo.
Alors quoi ? Rien, sinon trouver un équilibre dans ce « vide » entre la morale et la détermination éthique ; ce « vide », zone non-identifée, où se génére une autonomie.
Cette affaire, somme toute banale, met en exergue une fois de plus, cette violence d’uniformisation qui caractérise la société occidentale. Toute manifestation de marginalisation, toute tentative de se situer, non pas en confrontation, mais en parallèle à un flux dominant est directement dénoncée et contrée.
Il y a des terrorismes silencieux et transparents comme des gaz mortels.
Celui de l’Etat en est !



 

 

 

 

 

 

 L'origine... des névroses.

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