Penser l'actualité, le quotidien et l'histoire sans a-priori et avec un esprit critique.
La pluie est tombée toute la nuit: bonheur des vignerons !
Sur le rebord de la fenêtre, la chatte se dore au soleil, indifférente aux papillons qui lui passent et repassent sous les babines.
Ne pas réveiller le chat qui dort !
Je pense à l'automne qui viendra et à l'hiver aussi. Toujours rude l'hiver... Il faut commander le bois qui rougira dans l'âtre, cet âtre devant lequel, pensif, je fumerai ma pipe.
Je ne regarde plus la télévison. Trop de massacres à la une exhibés avec une banale indécence. Je lis mon journal... je lis entre les lignes, la presse est inféodée à de grands groupes financiers... la liberté se perd. Le fric se trouve.
Déconstruire ! Je suis un déconstructeur !.
Nos religions à nous, hommes d'Occident riches et repus, ne nous disent plus rien. Notre morale n'a plus de fondement, sinon notre égoïsme. Pas de place pour l'idéal, encore moins pour l'idéalisme.
Nietzsche, le premier, a déconstruit ces temples fiers qui prétendaient nous asservir à leur culte. Et il a trouvé des disciples, Nietzsche ! Rien dans ce que nous faisons, disons, pensons, rêvons, rien n'est gratuit ! Il y a toujours une intention !
Heidegger a dénoncé la société de la technicité.
Technique pour technique, rien d'autre... La science ne pense pas, elle calcule, elle fait des comparaisons, aligne des colonnes... elle ne pense pas ! Faillite de la science. Triomphe de la technique, qui est la science qui "rapporte".
Alors quoi, me direz-vous ?
Alors, je dis: finir le travail !
Le temple est encore là. En ruines, certes, mais toujours là, brinquebalant sur ses fondations vacillantes, et orgueilleux avec ça !
Encore quelques coups et il s'écroulera pour de bon.
Et il nous faudra faire table rase. En finir une fois pour toute avec le souvenir même de ce qui fut. Tout raser... tout... jusqu'au souvenir !
Et alors ?
Alors, il faut en revenir aux fondamentaux !
C'est quoi, "les fondamentaux" ?
Eh bien, mes amis, c'est tout et c'est pas grand chose. C'est ce qu'il y a de plus naturel... c'est la Nature et rien de plus.
La nature est, et nous sommes de et dans la nature.
Nous ne sommes pas un "couronnement", nous ne sommes pas les "maîtres" ou les dominateurs de la nature.
Tout juste des acteurs.
La nature ne nous enseigne rien, elle se veut être rien. Elle est, c'est tout. Elle est espace. C'est nous qui inventons le temps.
La nature n'est ni vie, ni mort. C'est nous qui inventons la vie et la mort et la vie après la mort.
La nature n'est pas agissante, elle se déploie sans rien dire, sans rien montrer, elle agit dans le non-agir. C'est nous, les hommes, qui nous imaginons un "agir".
Elle n'est ni bienveillante, ni malveillante, la nature. Elle envoie des raz de marée, des tempêtes, des incendies, des maladies... mais aussi le printemps, les couchers de soleil mirifiques et ces choses toutes simples et magnifiques que sont l'amour, l'amitié, le bonheur...
Sur ces "fondamentaux" il n'y a rien à faire. Oh, orgueil de l'homme !
En ne faisant rien, on fait déjà plus qu'assez. Les oiseaux du ciel pépient et ne se préoccupent pas du lendemain. Ils mourront heureux.
Ma chatte aussi ne se préoccupe pas de sa gamelle vespérale.
Elle dort et ne demande rien.
C'est pourquoi, elle reçoit !