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L’implosion, si on en croit le Robert est : « l’irruption brutale et accidentelle d’un fluide à l’intérieur d’une enceinte de pression plus faible ».
C’est dire combien l’irruption (ni brutale, ni accidentelle), ces trois dernières semaines, de six femmes au Grand-Orient de France, fait des remous et hypothèque l’existence même de la vieille maison.
Qu’on en juge.
Le Grand-Maître, dans une lettre adressée aux présidents des Loges, tout en qualifiant ces initiations de clandestines ( ?), reconnaît que la position de l’Obédience serait très fragile devant un tribunal civil. Il en appelle donc au calme, à la réflexion, à l’abstention de tout ce qui pourrait fragiliser la plus vieille Obédience maçonnique du monde.
Les tenants du refus d’accorder aux Loges la liberté de recevoir, ou non, en leur sein des femmes, ont, eux, trouvé la parade.
Faire du Grand-Orient de France, jusqu’ici une fédération de Loges, une fédération d’Obédiences. Ni plus, ni moins !
On pourrait donc avoir, autour d’un Grand-Orient, simple instance administrative et détentrice des patentes, un Grand-Orient masculin, un autre mixte, un troisième féminin (pourquoi pas ?) et, tant qu’on y est, un Grand-Orient du rite écossais, un autre du réformé, un troisième du Français et ainsi de suite.
Ce qu’on appelle : noyer le poisson.
Samedi 14 juin : Congrès des Loges de la Région Provence-Alpes-Côte d’azur. Une région connue pour son refus, quasi machiste, d’admettre des femmes. Contre toute attente, les congressistes acceptent de présenter, au Convent de septembre, une motion proposant de discuter de l’affiliation au sein du Grand-Orient, de Sœurs d’Obédiences amies. Pour mieux la combattre, et mettre en exergue leur solution d’essaimages obédientiels.
Curieuse, cette fuite en avant…
Je m’abstiendrai de la qualifier, mais rappelle qu’en 2008, la question qui devrait tarauder les Francs-maçons serait plutôt celle de leur influence dans une société confrontée à des problèmes autrement plus actuels et urgents.
Le Grand-Orient de France est, que je sache, la seule Obédience a avoir inscrit à l’article premier de sa Constitution son souçi de contribuer à l’édification d’une société meilleure, plus juste et progressive. Et sa devise est tout un symbole : Liberté, Egalité, Fraternité.
Comment discuter de problèmes sociétaux en refusant de le faire avec la moitié de l’humanité ?
Dites-le moi…
Je me demande si, l’année prochaine, je ne proposerai pas une question à l’étude des Loges :
« Et s’il n’y avait plus de Francs-Maçons, serait-ce grave ? »