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Penser l'actualité, le quotidien et l'histoire sans a-priori et avec un esprit critique.

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Connaisance & Croyance.

Pour les philosophes, la croyance est une opinion, une doxa. La connaissance est un savoir vrai. C’est ce qu’écrivent Platon et Aristote. Or, la connaissance  peut être infondée, c’est ce que relève Descartes qui ajoute que dans ce cas ce n’est plus une connaissance mais une croyance.
Kant, l’incontournable Kant, va distinguer la croyance de la conviction : la croyance est personnelle (c’est moi, le croyant), la conviction est objective. Il y a, pour lui,  trois degrés de croyance :

a)     l’opinion (la doxa) qui est croyance inusuffisante

b)    la foi qui est croyance satisfaite subjectivement mais objectivment insuffisante

c)     la science qui est croyance vraie.

La science est à la fois conviction pour celui qui sait et certitude pour tous. On soulignera,, chez Kant, le souci qui l’anime que ce qui est bon pour le sujet le soit aussi pour la société.
Les hommes veulent-ils tous se rattacher à une croyance vraie, celle du type c), croyance à la science, aux « vérités » mathématiques et démontrables  ? Ce n’est pas le cas et la quesiton que je me pose est : pourquoi croire « en » quelque chose.
Le distinguo réside là : croire que 2+2 font 4 est une croyance vraie. Et on croit que 2+2=4. Par contre on ne croit pas que Jésus est né d’une vierge, on croit « en » l’Annonciation, comme on croit « en » Dieu ou en la metempshychose.
Ceci nous ramène à l’analyse faite par Gabriel Marcel sur le problème opposé au Mystère.
Le problème, pour reprendre la formule du philosophe est :
"… quelque chose qui barre la route. Il est tout entier devant moi. Au contraire, le mystère est quelque chose où je me trouve engagé, dont l'essence est, par conséquent, de n'être pas tout entier devant moi" (Être et Avoir ).

A tout problème, une solution. Et cette solution est objective et universelle. Elle s’impose à tous et se traduit dans un langage universel comme celui des mathématiques par exemple.

Le Mystère est essentiellement subjectif, j’y suis engagé, j’y participe, je ne puis le traiter comme on traite un problème. Il n’y a pas de solution pour le Mystère, seulement une « révélation » et cette dernière ne s’exprime pas en langage universel mais à travers un ensemble de symboles, de mythes, dont la compréhension reste subjective et unique.

C’est le domaine du religieux qui est celui du mystère, mais pas seulement. Des interrogations du type. « Pourquoi vivre, pourquoi mourir ? », « Notre vie a-t-elle un sens ? » sont des interrogations personnelles et leur essence n’est pas celle du problème mais du mystère.

Ces interrogations sont universelles. Les hommes se sont toujours interrogés sur le sens de leur existence, sur l’absurdité ou non de la mort, sur le pourquoi de la morale.

La philosophie n’est pas une science. Elle ne résout pas les problèmes, elle  ne révèle pas non plus le mystère. Sa force réside dans cette position intermédiaire où l’homme reste seul face à son questionnement tout en essayant de tirer de ce dernier une réponse qui lui soit propre et générale à la fois.

L’homme, trop souvent préfère croire « en » plutôt que croire « que ». La religion a une force consolatrice que la philosophie n’a pas toujours, elle a aussi l’avantage de prôner un abandon dans une espérance transcendantale qui marque l’individu et le rassure.

Mais pas toujours à bon compte…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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