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L’évangélisme est le seul mouvement chrétien en expansion dans le monde. Au détriment des confessions chrétiennes traditionnelles comme les catholiques. Que penser de ce mouvementqui fait peur à Rome et dont les politiciens américains recherchent le suffrage ?
En France il sont déjà 300.000.
Tout d’abord qu’il est très difficile de parler des évangéliques tant ils sont divers dans le fond et la forme. Il n’y va pas d’une appelation contrôlée, tout un chacun peut s’en prévaloir ce qui entraîne des dérives politiques et morales de toutes sortes.
On trouve de grandes communautés rassemblées dans des « mega church » , et puis, de plus petites concentrées autour d’un pasteur plus ou moins charismatique,, plus ou moins fiable.
L’évangélisme se présente comme un anti-intellectualisme. Mais si Jésus s’en prenait aux docteurs de la Loi et aux Pharisiens, il était lui-même un « rabbi » ou supposé tel ; sa critique visait la mise en exergue de la lettre et la dépréciation du fond du message biblique.
Chez les évangéliques, la lettre écrite de la Bible est la Loi, que cette lettre soit traduite en un temps et un lieu donnés ne les gênent guère, toute exégèse est suspecte, toute interprétation entachée d’hérésie.
Cela peut s’expliquer dès lors que l’on ne compte, en France, parmi les évangéliques, que 7% de fidèles ayant fait des études supérieures et que bien des « pasteurs » de ce mouvement sont formés en six mois à peine.
D’où des interprétations qui conduisent au support d’une politique de guerre (en Irak et en Afghanistan), à la légitimation du capitalisme, à la croyance que les riches voient leurs entreprises bénies par Dieu, au support sans faille de l’Etat d’Israël, voire d’une apologie de la supériorité de la race blanche.
En France cependant, la plupaprt des églises évangéliques ne se retrouvent pas dans cette mouvance extrémiste. Elles ne supportent pas aveuglément les guerres menées par le « Frère » Bush, ne condamnent pas le combat des Palestiniens pour la création de leur Etat et critiquent la répression brutale des Israëliens. Elles rejettent comme infondée et fantasmagorique la croyance de leurs frères américains pour qui le retour de tous les juifs en Israël aurait comme conséquence la conversion de ces derniers au christianisme.
Bien des églises évangéliques, en France, animent une épicerie sociale ouverte à tous sans distinction de croyance.
Sur le plan théologique, elles reviennent tous au dogme de la prédestination que les églises protestantes historiques avaient rejeté depuis longtemps. D’où leur élitisme exacerbé. Il y a eux : les sauvés, et les autres : ceux qui sont aux portes de l’enfer. Cette croyance névrotique les amène à un prosélytisme musclé du type : « convertissez-vous, les temps sont proches où vous ne pourrez plus le faire ! »
Névrotisme dans la croyance, paranoïa dans le comportement. Les évangéliques, comme toutes les minorités qui se croient élues, voient dans le contradicteur un ennemi qu’il convient de réduire au silence. Cette attitude de peur à conduit certains de leurs adeptes à assassiner aux Etats-Unis, des médecins qui pratiquaient des avortements.
Bien entendu, on ne peut se prévaloir de l’évangélisme et n’être qu’un évangélique « croyant mais pas pratiquant », ce qui est parfaitement normal dans ce contexte. Le militantisme musclé des évangéliques n’a de commune mesure qu’avec certaines sectes ou groupuscules d’extrême gauche. On est évangélique à temps complet. On se doit à son élgise, laquelle se doit au Christ, c’est ainsi !
Mais le militantisme a toujours une facette profane. Les évangéliques, et on les comprend, préfèrent oeuvrer dans un environnement politique qui leur soit favorable. D’où leur attachement à l’administration américiane actuelle et leurs pressions pour que l’adminisration suivante favorise leurs vues et leurs conceptions, principalement en matière de famille et de sexualité.
Que conclure de tout ça ?
L’évangélisme est un mouvement puissant et seul l’avenir nous dira s’il s’agit d’un feu de paille ou d’une lame de fond. Qu’il menace, en Amérique latine, le catholicisme est préoccupant pour ses zélateurs et n’est pas fait pour apporter une réponse juste aux problèmes qui se posent à ce continent émergeant.
La vraie question est cependant la suivante : est-il bon que l’expression religieuse soit monopolisée par des groupes qui récusent toute pensée critique de la foi, qui adulent l’expression écrite stricto sensu et réduisent la morale à une correction sexuelle hétéro-conjugale ?
La complexité des problèmes qui agitent le monde et ceux qui y habitent est telle que la réponse est : non !
Ci-dessus: église évangélique en France
Ci-dessous: dans la même comunauté urbaine, une autre église, plus petite et à vocation de "guérison".
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