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Pourquoi le Président Bush ne veut-il pas ratifier le protocole de Tokyo ? Par haine de l’écologie ? Non, pas du tout ! Le Président croit tout simplement que nous ne sommes que de passage sur cette terre, que Jésus peut revenir à tout moment proclamer la fin du monde et que, par conséquent, le plus important n’est pas de sauver la nature mais nos âmes !
Le Président Bush est un chrétien « né de nouveau » (reborn). Ils sont près de cent millions aux Etats-Unis et représentent 53% des suffrages exprimés.
On est loin d’une petite secte d’illuminés !
Le film-documentaire de Hedi Ewing et Rachel Grady nous montre, à travers un camp de vacances, comment les évangélistes américains conditionnent les jeunes de huit à douze ans qui leur sont confiés.
Tout ce qui compte est ce qui est écrit dans la Bible, le reste n’a pas d’importance. Le darwinisme, par exemple, est une aberration. L’homme a été directement créé par Dieu au terme de six jours de création. L’humanité est divisée entre les bons et les mauvais, entre ceux qui détiennent la vérité et les autres, les suppôts du Diable.
Ce film est dur. On perçoit chez ces jeunes enfants les névroses à venir. Ils réalisent inconsciemment la responsabilité qui pèsent sur leurs épaules, celle d’être détenteurs d’une vérité exigeante à opposer sans cesse aux erreurs de leurs semblables.
Mais, au fait, ceux qui ne croient pas comme eux, ne sont pas leurs semblables !
D’un point de vue philosophique, ce qui est frappant est le nihilisme qui se dégage d’une pareille attitude. Tout est fait pour réduire à néant l’homme tel qu’il est dans sa chair et dans son milieu (la nature). Ce qui compte c’est ce qui se passera après la mort, la récompense au ciel ou la damnation éternelle.
L’humanité n’est qu’un passage obligé qui impose un ensemble de servitudes dont certaines, comme la sexualité, sont honteuses et serviles. S’en détacher pour atteindre une transparence éthérée voilà où mène ce genre d’ascèse. Le problème, c’est que cette ascèse se traduit toujours par une forme de violence intellectuelle (le lavage de cerveau des enfants et des adultes) et matérielle (le va-t-en guerre en Irak ou ailleurs).
Un nombre considérable de familles évangéliques instruisent leurs enfants à la maison. Instruire est un grand mot : « Pourquoi savoir ? Dieu sait ! »
C’est un peu le cas de toutes les confessions chrétiennes et de toutes les religions, mais ce qui choque est le fait que ce type de conditionnement se passe dans un pays puissant et riche où l’on devrait, en bonne logique, s’attendre à quelque chose de plus édifiant.
Que les pauvres soient fanatiquement attachés à leur seule richesse, leur croyance, au point de mourir pour elle est navrant mais compréhensible… mais aux Etats-Unis ?
Affligeant aussi ce manichéisme qui ne souffre aucune concession.
« Le peuple le plus religieux est le peuple indien, le moins religieux, le suédois. Nous, aux Etats-Unis, nous sommes des Indiens gouvernés par des Suédois ! »
Voilà un des témoignages que l’on peut entendre dans le film et qui en dit long…
Tout comme celui de Madame Becky Fisher, pasteure et ordonnatrice des camps de vacances bibliques :
« Un tiers de l’humanité est peuplé de jeunes de dix à quinze ans, c’est là que nous devons agir ! »
Pasteur B. Fisher Je constate, qu’en France, les églises évangéliques poussent un peu partout comme des champignons. Toutes, pour le moment, ne pratiquent pas ce type de conditionnement castrateur mais qu’en sera-t-il dans le futur ?
L'homme, sera-t-il un jour libéré de ses démons ?