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A la fin du siècle, les chrétiens seront la composante religieuse numéro 1 du monde, suivis de très près par les musulmans toutes catégories confondues, les autres croyances étant loin derrière en ordre dispersé.
C'est ce qui ressort d'une étude anglaise qui s'empresse, prudemment, d'ajouter qu'après tout, le siècle ne faisant que commencer, on ne saurait jurer de rien.
La prudence est la mère de toutes les vertus !
Majoritaires grâce à la fécondité des hispaniques et Brésiliens, le catholicisme leur doit d'être et de rester la première confession chrétienne.
Chez les protestants, ce seront les évangéliques, en fait une nébuleuse de diverses églises difficilement classables et sans hiérarchie reconnue, qui formeront le gros des troupes.
Les orthodoxes pâtiront d’une démographie catastrophique en Russie, en Grèce et dans les pays slaves. Ils perdront soixante millions de fidèles environ.
Cette étude note pour les musulmans un affaiblissement de l'influence wahabite (majoritaire en Arabie saoudite, qui la finance à travers le monde), due à une perte de prépondérance politique et financière. Si cela pouvait être vrai...
Alors, réactionnaires, ces chrétiens ?
Si l'on en juge d'après la récente levée d'excommunication des shismatiques compagnons de feu Mgr. Lefebvre, de la condamnation, déjà ancienne de la théologie de la libération, de la mise au pas de théologiens trop dérangeants, la réponse peut être positive, encore que…
Les lefebvristes réintégrés, ne sont pas que des zélateurs du latin, langue on ne peut plus respectable, ils représentent la frange la plus réactionnaire de l'Eglise catholique dans leur nostalgie de son ordre impérial. Cette Eglise qui se méfiait de Bernanos, crossait les prêtres-ouvriers et s'enferrait dans l'infaillibilité de son pontife. Ce n'est pas Christian Terras, le courageux directeur de la revue « Golias » qui me contredira.
Mais ces dévôts du rite de Pie V ne sont pas si nombreux que ça, par contre ils remplissent leurs églises et leurs prêtres sont d’une fidélité à toute épreuve.
Les réintégrer, c’est, somme toute, une stratégie payante pour pas cher, même si elle fait grincer des dents. Après tout, ceux qui rouspètent ne sont pas les plus assidus à la messe du dimanche.
Rompre avec Vatican II ?
Soyons clairs. Ce Concile était courageux et novateur. Sans doute trop. La messe en latin avait l’avantage de l’homogéneité du rite et permettait à un fidèle de le vivre partout dans le monde. Et puis, c’est un fait, depuis l’emploi de la langue « vulgaire » et de la disparité du rite, les églises se sont vidées.
Après tout, chez les orthodoxes qui n’ont pas varié, depuis des siècles, d’un iota leur rite et leur doctrine, la pratique religieuse, même superficielle, n’a pas faiblit.
Le dialogue avec les autres religions c’était fraternel, intellectuellement valable, tolérant mais, faut-il le rappeler ? le christianisme a pour mission (tout comme l’islam) d’évangéliser le monde entier. Alors, discuter avec des juifs, des musulmans ou des zoroastriens, c’est bon autour d’une tasse de thé, mais cela ne fait pas avancer les choses.
Stratégiquement, le choix de Benoît XVI, qui s’inscrit dans un retour à la tradition, est tout-à-fait défendable.
L’avenir nous dira si c’était le bon
Que dire des évangéliques ? Peu de chose, sinon leur attachement à un fondamentalisme anti-intellectuel et révélateur d'une réduction de la foi à un laisser-aller quiétiste, facile, certes, mais stérile.
Dans l'ensemble ces églises, les catholiques, les orthodoxes tout comme les évangéliques, témoignent d'une acceptation totale de l'ordre politique et social établi, acceptation qu'elles estiment conforme à l'idéal des Evangiles. Le Royaume, qui n'est pas de ce monde, n'interfère donc pas avec la critique des choses et des gens d'ici bas. Dont acte.
Je ne sais pas trop ce qu'il faut en penser, ayant, depuis longtemps, rompu avec Rome ses pompes et ses œuvres.
Et puis, ce siècle sera-t-il religieux ?
La tendance en occident, on le constate tous les jours, est le «libre-service spirituel ». Les gens prennent un peu de christianisme, le pimentent avec un zeste de bouddhisme, adoptent des pratiques oratoires musulmanes et changent de registre quand cela ne leur convient plus.
Si l’ère des gourous semble disparaître, leur succèdent des pratiques disparates qui mélangent régimes, méditations, massages, coaching de toute sorte… tout est bon pour se faire une identité spirituelle, même l’épicerie bio !
En somme, pour épancher une soif d’identité ou de spiritualité, c’est à la carte que l’occidental se servira.
Qu’il se méfie cependant, tous les restaurants ne se valent pas.
Ne nous réjouissons cependant pas trop, la perte d’influence du christianisme est consécutice au relativisme moral, à une perte des valeurs qui jusqu’à présent ne nous a donné que des doctrines athées, parmis lesquelles le nazisme et le léninisme dont on sait l’intrinsèque perversité.
Et le christianisme vaut plus qu’une messe en latin ou la soutane d’un abbé.
Relire l’Evangile et en saisir l’esprit, ne serait-ce pas le plus fécond des « aggiornamento » ?