Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Penser l'actualité, le quotidien et l'histoire sans a-priori et avec un esprit critique.

Publicité

De la dignité

Sur quoi repose la dignité ?
Peut-on abdiquer sa dignité ?
La dignité s’acquière-t-elle, ou est-elle un don ?
Est-on propriétaire de sa dignité ? 

Quelques pistes pour répondre à ces questions : 

La dignité de l’homme est sa liberté. C’est la liberté dont il jouit et à laquelle il a gratuitement droit, qui fait que l’homme est différent de l’animal, qu’il est un sujet et non un objet.

La grande tentation, ce que j’appelle le « péché mortel », c’est de vouloir faire de l’homme- sujet, un objet. Objet sexuel dans les relations homme-femme, objet économique dans les relations de travail. Objet de l’intellect dans les relations de pensées.

Ce qui est difficile dans les relations humaines est précisément ce respect dû à la liberté de l’autre, à la considération qu’il mérite comme sujet. Un sujet ne se manipule pas, sa présence est présence d’un « autre » qui suppose le respect e sa personne.

La dignité de l’homme est ce « quelque chose qui est du à l’homme en raison même de son humanité. » nous enseigne Paul Ricoeur.

Cette notion de dignité inhérente à l’homme etait inconnue chez les Grecs et les Romains. C’est une notion développée par les philosophes de la Renaissance  et consacrée par les avocats de la Révolution.

C’est à partir de l’indignation que les penseurs consacrent la dignité.C’est, précisément, parce que nous nous sommes indignés (de l’injustice, des crimes, des persécutions, des exclusions etc…) que nous avons conçu une dignité octroyée sui generis à tous, sans distinction.
Lisons Kant :
« L'humanité elle-même est une dignité; en effet l'homme ne peut jamais être utilisé simplement comme moyen par aucun homme, mais toujours en même temps comme une fin, et c'est en ceci précisément que consiste sa dignité (sa personnalité), grâce à laquelle il s'élève au-dessus des autres êtres du monde, qui ne sont point des hommes et qui peuvent donc être utilisé, par conséquent au-dessus de toutes les choses ... L'homme est obligé de reconnaître pratiquement la dignité de l'humanité en tout autre homme et par conséquent sur lui repose un devoir qui se rapporte au respect qui doit être témoigné à tout autre homme . »
(Doctrine de la vertu, p 140).

«Il y a- dira Simone Weil- depuis la petite enfance jusqu’à la tombe, au fond du cœur de tout être humain, quelque chose qui, malgré toute l’expérience des crimes commis, soufferts ou observés, s’attend invinciblement à ce qu’on lui fasse du bien et
non
du mal. ».

 Et la philosophe conclut :
«C’est cela, avant toute chose, qui est sacré en tout être humain ».

Abdiquer sa dignité est une tentation permanente. Elle permet de redevenir « chose », une chose sans responsabilité, une chose que l’on manipule, une chose qui va se réfugier dans un anonymat complice.
C’est actuellement le plus grand danger qui menace l’homme contemporain. Tout concourt à vouloir faire de lui une chose : publicité, politique, vie économique : « on s’occupe de vous, laissez-nous faire ! » voilà, en quelque sorte le slogan le plus porteur pour les âmes timorées et soumises. « On s’occupe de moi ! » : rassurante assurance !

Et pourtant :

« L'homme est quelque chose qui doit être dépassé » !

Sacré Nietzsche !

 

 

11.05

 

 Dignité de la femme africaine. 


 
Partager
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article