Penser l'actualité, le quotidien et l'histoire sans a-priori et avec un esprit critique.
Si vous voulez être malheureux, une bonne recette : cultivez la nostalgie du passé et rêvez l’avenir : résultat garanti, conseil gratuit !
Cette réflexion, je me la suis faite en lisant la petite annonce d’un monsieur dans « Libération » ; il souhaite rencontrer, le bonhomme, une femme qui ne soit pas une « passéiste incurable ni une nostalgique désespérée ». Bien vu !
Nous sommes ainsi faits que la tentation de retourner le passé et de planifier l’avenir nous taraude l’âme et l’esprit. Et nous perdons notre temps.
Le passé est mort. Nous le savons, mais incorporer cette réalité dans notre mental nous est parfois difficile voire immpossible. Combien de fois n’avons-nous pas pensé que si les choses s’étaient passées autrement, si les circonstances avaient été autres, si les gens et les événement nous avaient été favorables, si nous n’avions pas été aussi fols… et que sais-je encore. Vains regrets. Energie gaspillée.
Du passé faisons table rase.
L’avenir, rien de plus facile à imaginer. Gagner au loto, rencontrer le prince charmant, voir se résoudre tout seuls, sans plus, nos problèmes. Agréable et facile. Trop facile.
L’avenir en soi n’existe pas. Il est devenir. Et sur le devenir, nous avons prise.
Pas besoin d’être grand philosophe pour comprendre que c’est au présent, dans l’ici et le maintenant que se génère ce qui sera.
Et ce qui sera dépend, en grande partie, de nous.
Si nous ne faisons rien, si nous n’imposons pas un brin de volonté dans la marche du temps et des évènements, le temps et les évènements iront leur petit bonhomme de chemin sans nous et nous surprendront. Si, au contraire, nous nous décidons à leur imprimer notre marque, aussi ténue soit-elle, nous ne serons pas surpris, ou si peu.
La recette est vieille comme le monde, je le sais. Je n’en connais pas d’autre et, s’il y en avait une autre, croyez-moi, il y a longemps qu’elle serait éculée.
Le passé ne sert que comme référence, comme leçon, comme souvenirs sans nostalgie. Ainsi, il remplit sont rôle de référent, d’albums à souvenirs, de jardin secret. C’est ce à quoi il sert et à rien d’autre. Ne pas l’occulter, ne pas le sanctifier.
L’avenir n’est pas « là », il est ici dans l’instant qui se déroule sous nos yeux et que nous pouvons appréhender.
Mais pour l’appréhender, il nous faut nous connaître et connaître les autres. Vouloir est bien, dans la mesure où notre volonté est soumise à la raison.
Seulement voilà, combien d’entre nous acceptent-ils le verdict de la raison ?
Se complaire, comme font tant de femmes et d’hommes dans le culte d’un passé qui ne reviendra plus est le meilleur poison qui paralysera notre avenir.
Or, vous en conviendrez avec moi : l’avenir nous sourit que s’il est devant nous, débarassé une fois pour toutes des strates du passé.